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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 16:03

Source : Courrier International 02/06/14

 

 

La Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan viennent de créer l'Union économique eurasiatique, qui a vocation à s'élargir à d'autres Etats ex-soviétiques ou autres, et à devenir un espace politique et militaire.

 

 

Le 29 mai, les présidents de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan ont signé un accord regroupant les trois pays au sein de l'Union économique eurasiatique (UEE). Dès le 1er janvier 2015, après ratification du texte par les parlements des trois Etats-membres, la libre circulation des personnes et des marchandises deviendra effective au sein de l'Union, transformant ce territoire en véritable marché commun des biens et des services. Tout ce dont les politiques n'ont cessé de parler ces 20 dernières années, créant le parallèle avec l'espace Schengen européen et faisant rêver les habitants de la CEI [Communauté des Etats Indépendants]. Au fond, l'UEE a été pensée comme une réplique orientale du projet européen. La voici devenue réalité. Sera-t-elle performante ? Le temps nous le dira.

Lors de la phase de préparation du projet, les pays membres craignaient de perdre une part de leur souveraineté. Comme le montre le cas de l'Europe aujourd'hui, cette peur n'était pas sans fondement. La Russie, de la bouche de son président, a promis de prendre la place de leader dans l'organisation tout en assurant n'avoir aucunement l'intention de faire la leçon aux autres Etats-membres. Les négociations au sein de l'Union douanière, socle du projet, ont néanmoins, souvent été très houleuses. Ce qui a conduit les présidents des trois pays à décréter que la nouvelle formation ne serait pas politique et qu'elle aurait pour principal objet l'économie.

Partenaires proches

Le président biélorusse fut le premier à défendre le droit pour son pays à une place égale dans le partenariat économique. Pourtant, lorsque l'accord pour l'Union eurasiatique a été signé, Loukachenko a fait sensation en déclarant que l'union économique pourrait donner naissance à l'avenir à une "union politique, militaire et humanitaire". Ainsi, le projet eurasiatique amorcé aujourd'hui serait le point de départ d'un processus à long-terme.

Tandis que seul le président biélorusse évoquait une telle union future, les trois présidents ont en revanche affiché un consensus parfait sur la question de l'élargissement de l'UEE, en annonçant l'intégration de l'Arménie dans un mois, décision ayant fait suite à la demande du président arménien Serge Sargsian.

La question de l'adhésion du Kirghizistan est également presque résolue, avec une probable adhésion début 2015. "Si les prétendants répondent à nos exigences, s'ils sont suffisamment préparés pour entrer dans l'Union douanière, à l'image de nos pays, s'ils remplissent toutes les conditions, ils seront les bienvenus", a précisé Alexandre Loukachenko.

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a récemment déclaré que la Russie continuerait de négocier avec les autres pays de la CEI : "Il faut discuter et continuer d'étudier d'autres questions avec les pays qui ne sont pas encore prêts ou bien qui ne souhaitent tout simplement pas adhérer à l'Union, certains n'en ayant pas les outils législatifs et économiques, mais qui sont tous nos partenaires proches et dont les habitants nous sont proches".

Une forme de pression

L'Ukraine, qui a signé le volet politique de l'Accord d'association avec l'Union européenne et semble résolue à signer le volet économique, représente toutefois une exception. Quant à la Moldavie, elle s'apprête à signer le même accord avec l'UE le 27 juin prochain, tout en espérant pouvoir profiter du marché unique de l'UEE. Selon le Premier ministre moldave Iurie Leanca, cette signature exclut pourtant toute forme de compromis sur les questions géopolitiques.

Mais, à l'automne, les élections parlementaires moldaves pourraient modifier la configuration du pouvoir au profit de la gauche [au pouvoir] qui milite pour l'entrée du pays dans l'Union douanière. La porte de l'UEE reste donc ouverte pour la Moldavie. Même si Moscou menace de changer les règles du jeu au sein de l'UEE pour les pays qui auraient signé des accords avec l'Union européenne. "Il n'est pas exclu que de nouveaux risques apparaissent, liés notamment aux changements possibles dans les relations commerciales avec certains pays de la CEI, notamment l'Ukraine et la Moldavie", a déclaré Dmitri Medvedev. A Chisinau, le gouvernement voit là une forme de pression sur la Moldavie, tandis que l'opposition moldave a demandé à la Russie d'être patiente et de ne pas lancer de sanctions contre leur pays dont la majorité de la population est bien disposée envers la Russie.

A Astana, capitale du Kazakhstan, le 29 mai, de droite à gauche, les présidents de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan scellant l'accord créant l'Union économique eurasiatique (UEE)

A Astana, capitale du Kazakhstan, le 29 mai, de droite à gauche, les présidents de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan scellant l'accord créant l'Union économique eurasiatique (UEE)

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Published by bielorussie - dans Politique
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Ravery Jean-Pierre 01/07/2014 13:30

L'union fait la force. D'autant que Russes et Biélorusses partagent la même langue, la même culture, la même histoire et qu'ils doivent faire face ensemble aux appétits occidentaux.

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