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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 20:00

Source : Ouest-France 11/02/16

 

 

Les anciennes républiques soviétiques sont quasiment toutes entre les mains de dirigeants totalitaires. Surtout en Asie centrale. Nos six dictateurs "préférés".

Le Kazhak Nursultan Nazarbaïev.

Nursultan Nazarbaïev

Le président du Kazakhstan a été réélu avec en 2011 avec 95,5 % des suffrages. L’année dernière, l’Observatoire géopolitique des criminalités (OGC) et l’association Sherpa l’ont désigné « Dictateur le plus riche de la planète », celui qui a le mieux pillé les ressources de son pays à son profit.

Sa fille Dinara Kulibaeva et son gendre Timur Kulibaev contrôlent la Halyk Bank, l’un des plus grands établissements financiers du Kazakhstan.

Nazarbaïev, 73 ans, au pouvoir depuis la chute de l’Union soviétique, n’a pas d’opposant. Le principal, Zamanbek Nurkadilov, ancien ministre qui dénonçait la corruption, a été retrouvé mort, avec deux balles dans la poitrine et une balle dans la tête, en 2005. La justice locale avait conclu à un suicide…

 

Le Turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow.

Gurbanguly Berdimuhamedow

Le président turkmène, 58 ans, se place dans la droite lignée de son prédécesseur, l’ancien dictateur Saparmurat Niyazov. En 2012, celui qui se fait appeler l’« Arkadag » (le patron protecteur) dans son pays réalise l’un des meilleurs scores à une élection présidentielle de la décennie : un impressionnant résultat de 97,14 %.

L’ancien dentiste avait promis d’être moins farfelu que son prédécesseur qui avait fait fermer toutes les bibliothèques du pays sous prétexte que « les Turkmènes étaient tous des analphabètes ».

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ne s’est même pas déplacée pour sa dernière réélection : il n’y avait pas d’opposition, les candidats sont tous issus du régime et invitent les électeurs à voter « pour l’Arkadag ». Le Turkéminstan se classe juste derrière la Corée du Nord sur l’indice mondial de la liberté de la presse.

 

L'Ouzbek Islam Karimov.

Islam Karimov

Le président d’Ouzbékistan, 78 ans, est le patriarche des quinze anciennes républiques soviétiques. Constamment réélu avec des scores tournant autour de 90 %, Karimov a fait prolonger son mandat par référendum.

L’OSCE avait dénoncé de nombreuses anomalies lors de ce scrutin populaire : « Les meetings étaient tenus devant des audiences présélectionnées ; un nombre substantiel de signatures identiques a été remarqué sur les registres de vote. »

À la tête d’un des États les plus répressifs au monde, Karimov a maté une insurrection dans la turbulente vallée de Ferghana à la mitrailleuse lourde, en mai 2005. Les autorités ont comptabilisé 169 morts. La plupart des ONG ont parlé de plus d’un millier.

 

L'Azerbaïdjanais Ilham Aliev.

Ilham Aliev

Le président d’Azerbaïdjan représente déjà la deuxième génération des Aliev au pouvoir. Son père, Heydar, ex-responsable du KGB russe, avait dirigé le pays jusqu’à sa mort, de 1993 à 2003.

Avec des milliards de dollars de manne pétrolière et du gaz (70 % du PIB) qu’il a mis sous sa coupe, Ilham Aliev a profité de la croissance économique pour accroître la fortune déjà colossale de sa famille. Difficile d’enquêter dans ce pays. Les observateurs du Parlement européen ont dénoncé le parti pris des médias du pays.

Le site Eurasinet a révélé l’année dernière que près de « 150 journalistes pro-gouvernementaux avaient bénéficié gracieusement d’un appartement » non loin de la capitale, pour dire du bien… du bienfaiteur, souvent surnommé le « Poutine d’Azerbaïdjan ».

 

Le Tadjik Emomali Rahmon.

Emomali Rahmon

Le « Chef de la nation tadjik », titre officiel du président du Tadjikistan depuis 2015, veut diriger le plus petit et le plus pauvre des pays d’Asie centrale jusqu’à sa mort. La Cour constitutionnelle, sous sa coupe, a validé ce projet.

Elle a aussi entériné le nouvel âge légal pour briguer un mandat présidentiel. Il a été revu à la baisse pour que Rustam, l’aîné de ses fistons, puisse s’asseoir dans son fauteuil dès la prochaine élection de 2020, en cas où le père, au pouvoir depuis 23 ans, ait un quelconque ennui de santé.

Pour garder un semblant de démocratie, Emomali a annoncé hier un référendum, en mai, sur cette modification de la Constitution qui lui permet de briguer un nombre de mandats illimités. Les observateurs internationaux doutent déjà de la fiabilité des résultats. Lors de l’élection de 2013, le dictateur avait fait interdire le principal parti d’opposition, en le classant comme« organisation terroriste ».

 

Le biélorusse Alexandre Loukachenko

Alexandre Loukachenko

Plus proche de l'Europe, le biélorusse Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a rempilé pour un 5e mandat, en octobre. En 2010, il avait raflé 80 % des suffrages.Presse muselée, opposants emprisonnés, touristes refoulés, citoyens sous haute surveillance, nationalisations à tout va...

 

Loukachenko tient le pays, à la mode soviétique. Les citoyens sont pour la plupart employés par l'État. Et c'est le Président, ex-directeur de kolkhoze (ferme collective), qui nomme patrons et hauts fonctionnaires. Il a le don de hérisser le poil des défenseurs des droits de l'Homme, avec des déclarations telles que « tout ce qui est lié à Hitler n'est pas mauvais ».

Les anciennes républiques soviétiques sont quasiment toutes entre les mains de dirigeants totalitaires. Surtout en Asie centrale.

Les anciennes républiques soviétiques sont quasiment toutes entre les mains de dirigeants totalitaires. Surtout en Asie centrale.

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Published by bielorussie - dans Politique
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