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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:10

Source : ImpactCampus 09/02/16

 

 

Même s’il s’est bien défendu, le Canada a été incapable de prendre la mesure du Bélarus lors d’un affrontement du Groupe mondial II de la Fed Cup présenté samedi et dimanche au PEPS. Retour sur cet évènement qui était attendu depuis longtemps.

 

Pour ce rendez-vous, chacun des deux pays était privé de sa joueuse vedette. Si la délégation canadienne savait depuis un certain temps qu’Eugenie Bouchard ne se présenterait pas à Québec, ses adversaires n’ont confirmé que vendredi, au moment du tirage au sort déterminant les affrontements, que Victoria Azarenka allait aussi briller par son absence.

Cette nouvelle de dernière minute a eu pour effet de rendre ce duel trois de cinq plus égal. Les parties en simple ont donc tour à tour opposé les Québécoises Françoise Abanda (332e raquette mondiale) et Aleksandra Wozniak (807e) à Olga Govortsova (73e) et Aliaksandra Sasnovich (100e)

 

Samedi, Abanda a été défaite par Sasnovich 6-4, 2-6 et 6-3, puis Wozniak a battu Govortsova 6-2 et 6-2. Dimanche, Abanda a, à son tour, eu le dessus sur Govortsova 6-4 et 6-4, avant que Wozniak soit battue par Sasnovich par la même marque. La présentation d’un match de double s’est donc avérée être nécessaire pour déterminer un gagnant.

Le duo canadien était composé de Carol Zhao et de Gabriela Dabrowski qui ont remporté la médaille d’or ensemble en double aux derniers Jeux panaméricains. Leurs rivales Govortsova et Sasnovich ont toutefois eu le dessus. Elles ont ainsi permis à la Biélorussie de l’emporter 3 à 2 et d’accéder à un duel de barrage en vue d’intégrer le Groupe mondial.

 

« C’est vraiment une grande victoire pour le Bélarus. Notre pays n’est pas tellement grand, donc tous les résultats [des sports importants] sont très bons pour l’image du pays », a réagi le capitaine de l’équipe bélarusse Eduard Dubrou, via l’entremise de Govortsova.

Vive déception

 

Invité à dresser un bilan de la compétition, le capitaine de l’équipe canadienne Sylvain Bruneau se disait quant à lui déçu de la tournure des évènements. « Je croyais en nos chances. Je savais qu’on était négligés sur papier. Ils partaient favoris, mais j’avais confiance que les filles étaient pour sortir du bon tennis et que ce serait très compétitif. »

En ce sens, il indique qu’il n’aurait pas pu demander mieux. « Les filles se sont données dans les simples et dans le match de double. » Pour lui, le brio, autant en simple qu’en double, de Sasnovich a fait la différence. « Elle est allée chercher trois points pour la Biélorussie. Elle a vraiment fait un super tennis tout le week-end. »

Le Canada connaîtra l’identité de son prochain adversaire de la Fed Cup mardi. Il devra absolument l’emporter contre cet autre pays au mois d’avril pour demeurer dans le Groupe mondial II. Dans le cas contraire, il sera relégué à l’échelon inférieur : le Groupe des Amériques 1.

 

WOZNIAK RETROUVE SES REPÈRES

Embêtée par une importante blessure à l’épaule droite en 2014 et en 2015, Aleksandra Wozniak a profité de sa fin de semaine à Québec pour poursuivre sa progression.

 

L’athlète de 28 ans originaire de Blainville a notamment vaincu une joueuse classée parmi les 100 meilleures au monde, Olga Govortsova, samedi. Le lendemain, elle a livré une chaude lutte à Aliaksandra Sasnovich qui, croit-elle, atteindra le top 50 mondial dans un avenir rapproché.

« Pour moi, c’était un bon niveau pour rattraper ce que j’avais perdu dans le passé, juste de me réhabituer à jouer les matchs à chaque jour. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un match le lendemain », a expliqué Wozniak au terme de son dernier affrontement de la fin de semaine.

En ce sens, celle qui a occupé le 21e de la Women’s Tennis Association (WTA) en 2009 ne croit pas que son niveau d’énergie lors de son deuxième duel a fait la différence. « Il fallait juste que je m’ajuste plus à son niveau. C’était aussi mental que physique. »

En raison de la pause qu’elle a due prendre après avoir subi sa blessure, la Québécoise se retrouve actuellement au 807e rang mondial. Dans les prochaines semaines, elle participera à des Challengers aux États-Unis dans le but de grimper au classement et ainsi retrouver son niveau.

Aliaksandra Sasnovich

Aliaksandra Sasnovich

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:05

Source : Radio Vatian 01/02/16

 

 

Depuis ce 1er février 2016, la "Radio Racja Bielorusso" retransmet quotidiennement les programmes de Radio Vatican en langue biélorusse. Cette radio est une station de la minorité biélorusse en Pologne, qui transmet en onde FM et touche une partie significative de la partie occidentale de la Biélorussie, ainsi qu'une partie de la Pologne et de la Lituanie. Les transmissions sont diffusées depuis le territoire polonais.

Il s'agit d'une nouveauté importante pour la rédaction biélorusse, car pour la première fois en 66 ans d'histoire, ses programmes seront retransmis quotidiennement et intégralement par une autre station radiophonique. "Radio Racja" n'est pas une radio religieuse : ses programmes sont généralement dédiés à des thèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. S'ouvrent donc de nouvelles possibilités pour porter la parole du Pape vers un public toujours plus grand.

Le cardinal Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège, en visite en Biélorussie en mars 2015.

Le cardinal Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège, en visite en Biélorussie en mars 2015.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:00

Source : Ouest-france 10/02/16

 

Après trois jours de compétition acharnée - et ce n'est pas fini -, le jury du concours international de piano s'apprête à dévoiler, ce soir, le nom du lauréat Chopin 2016.

 

 

Tout a commencé samedi avec la catégorie Liszt. Ils étaient six en lice. Et c'est le Biélorusse Roman Komissarov qui l'a emporté, nous oserions dire, presque sans surprise, avec son interprétation de la Rhapsodie espagnole. Mais notre coup de coeur musical est allé à un Français, Benjamin d'Anfray, pour sa légèreté et son élégance.

Originaire de la région parisienne, il poursuit ses études au CNSM de Lyon où il a déjà obtenu un master de piano et en achève un second, consacré à l'accompagnement. « J'adore ça et c'est un moyen de travailler rapidement pour un jeune pianiste », avoue-t-il, lucide. Lui aussi - ah, le fameux bouche-à-oreille - a choisi le concours de Brest sur les conseils d'un ami, qui n'est autre que Marwan Dafir, le lauréat Chopin de la 19e édition. « C'est également une façon de se mettre la pression et de travailler des oeuvres en solo. » Il est inscrit également dans l'épreuve reine, et on lui souhaite que l'âme de Chopin l'accompagne cet après-midi.

Maîtrise et poésie

Les Asiatiques se sont taillé la part du lion dans la très belle catégorie Debussy/Fauré/Rachmaninov. 1er prix ex aequo : le Japonais Natsu Aoki et le Taïwanais Yen-Chih Lin. De la maîtrise et de la poésie.

Aux côtés des machines de guerre, aux nerfs solides rompus aux concours, on s'émerveille devant ces interprètes qui sourient intérieurement, ailleurs, transportés par la musique et le discours du compositeur. La subtilité de cette catégorie se prête complètement à cette attitude aux antipodes du scolaire.

Mais ne nous égarons pas, l'épreuve reste un concours. Nous ne sommes pas dans un récital.

Rituels

On assiste toujours, chez certains, à ces rituels préliminaires qui permettent sans doute de conjurer la peur. Maudit siège qui n'est jamais à la bonne hauteur et qu'on ne cesse d'actionner au millimètre près. Et que dire du fameux mouchoir, le meilleur ami des pianistes, qui permet autant de s'éponger les mains que d'effacer sur le clavier les traces du précédent candidat...

Ils étaient quelque peu absents les années précédentes. On remarque avec plaisir que ce XXIeconcours a fait revenir les jeunes pianistes français, nombreux à se présenter. Sur les trente-quatre inscrits dans la catégorie Chopin, ils sont dix-huit. Le menu étant copieux, les soirées se terminent tard, certains candidats passant après 20 h.

Le jury a bien besoin de toutes ses compétences et de sa concentration pour faire ses choix. Dans la salle, le public est nombreux et les familles d'accueil, en mode bienveillance, couvent de toutes leurs attentions leur poulain. La météo exécrable ne saurait entacher ce moment de partage. À demain pour les résultats.

 

Lundi 8 février, à 14 h. Dernier jour des épreuves Chopin à suivre à l'auditorium. Entrée libre.

De gauche à droite, de haut en bas : Benjamin d'Anfray (France), notre coup de coeur musical ; il jouera encore dans la catégorie Chopin aujourd'hui. Roman Komissarov (Biélorussie) ; Prix spécial Liszt. Natsu Aoki (Japon), 1er prix ex aequo Debussy/Fauré/Rachmaninov. Yen-Chih Lin (Taïwan), 1er prix ex aequo

De gauche à droite, de haut en bas : Benjamin d'Anfray (France), notre coup de coeur musical ; il jouera encore dans la catégorie Chopin aujourd'hui. Roman Komissarov (Biélorussie) ; Prix spécial Liszt. Natsu Aoki (Japon), 1er prix ex aequo Debussy/Fauré/Rachmaninov. Yen-Chih Lin (Taïwan), 1er prix ex aequo

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 20:36

Source : Arte 04/11/15

 

 

La Schaubühne de Berlin exporte son théâtre politique en Biélorussie

 

Thomas Ostermeier présente Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen à Minsk, la capitale biélorusse. Le metteur en scène allemand, élevé au grade d’Officier des Arts et des Lettres, a déjà beaucoup fait voyager cette pièce politique et très actuelle. Nouvelle étape : la dernière dictature d’Europe. La représentation a précisément eu lieu au moment de l’élection présidentielle d’octobre.L’autocrate Alexander Lukachenko a été réélu avec 80 % des voix. Le spectacle se termine par un débat politique avec le public et le simple fait que les autorités biélorusses en aient autorisé la représentation cause l’étonnement. Metropolis accompagne Thomas Ostermeier dans ce pays où les artistes qui contestent le régime sont poursuivis et emprisonnés.

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 20:30
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 11:56
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 21:50

Source : RTBF.be 06/01/16

 

Ysaline Bonaventure n'a pas passé le cap du deuxième tour au tournoi WTA de Brisbane. Le jeune belge s'est inclinée en deux sets face à Victoria Azarenka (6-3, 6-2).

La Liégeoise, battue au 3e tour des qualifications, avait profité du forfait de la Roumaine Simona Halep pour intégrer le tableau final. Récupérant la place de la Roumaine, elle avait été "propulsée" directement au deuxième tour.

Face à l'ex-N.1 mondiale, elle a mieux résisté que le score ne le laisse paraître. Bonaventure a fait le break d'entrée et a bousculé la Biélorusse en début de rencontre. Azarenka a dû batailler (le 4e jeu a duré 16 minutes !) pour effacer son retard et revenir à 2-2. La suite a été plus simple pour Vika qui a empoché 10 des 13 jeux suivants. Elle a terminé en force et a remporté 12 des 13 derniers points de la rencontre.

Au prochain tour, Azarenka sera opposée à l'Italien Roberta Vinci.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 18:30
 POUTINE «Il faut admettre qu’il connaît le peuple mieux que nous»

Source : L'Hebdo.ch 24/12/15

 

 

Rencontre avec l’écrivaine biélorusse Prix Nobel de littérature. Elle évoque son œuvre, qui raconte cette histoire russe imbibée de larmes et de douleur. Et parle de Vladimir Poutine, de sa vision de la «Grande Russie», qu’il décrit avec des mots que tout un chacun peut comprendre.

 

Au fil des trois heures d’entretien, Svetlana Aleksievitch ne cesse de s’excuser pour l’allure de son appartement. Elle a vécu quelques années en Allemagne, en France, en Italie, et connaît les standards occidentaux. Son trois-pièces minuscule se situe dans une gigantesque tour d’habitation de Minsk, la capitale biélorusse. Les murs de son logis sont tendus de tapis à la mode est-européenne. Mais elle a fait entrer le monde chez elle : photos du château de Neuschwanstein, en Bavière, d’une gondole à Venise, d’une pagode chinoise.

La cuisine est le lieu où l’on cause. Et c’est ainsi qu’elle a composé ses livres: dans la cuisine des gens. Elle y a interrogé les mères de soldats, les enfants de la guerre, les vétérans de l’Armée rouge de la Seconde Guerre mondiale, les survivants de Tchernobyl. Elle les a enregistrés et a tout mis à plat sur son bureau surmonté d’une photo de Fedor Dostoïevski. Il en résulte des collages de témoignages que l’on lit comme des romans d’un genre nouveau: La guerre n’a pas un visage de femme, Les cercueils de zinc, La supplication: Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse ou encore La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement.

Ces livres sont faits d’amour et de souffrance. La souffrance de ceux qui racontent la peur de la mort, la sujétion et la salissure. Et l’amour de cette femme qui a écouté des heures, des jours, des semaines, des années. Comme une compositrice, elle a rassemblé les témoignages en histoires, elle a mis en évidence la mélodie et la cadence de la vie en Europe de l’Est. Elle se borne à décrire et c’est ce qui donne à son travail toute son humanité: pourquoi l’homme fait-il la guerre? Quelle est l’essence de la guerre?

On dit que le président Alexandre Loukachenko vous a félicitée. Pourtant vous l’avez souvent critiqué sévèrement. Que vous a-t-il dit?

Rien. La TV a affirmé qu’il m’avait félicitée. La publication du prix Nobel tombait en même temps que l’élection présidentielle, de sorte que beaucoup d’observateurs étrangers étaient ici. L’information s’adressait à eux. Une semaine plus tard, une fois que les étrangers étaient partis, il a dit que je crachais dans la soupe, que je traînais le peuple biélorusse dans la boue.

Que disent vos voisins?

Ils m’ont félicitée. Ils sont fiers de moi.

Quel genre de personnes habitent ici?

A l’origine, l’immeuble a été construit pour les cadres du Parti. Ces dernières années, nombre d’entre eux se sont enrichis et ont emménagé dans des villas. Ils ont été remplacés par quelques artistes. Notez que l’immeuble a été agrandi d’une annexe où le prix d’un appartement vaut autour de 1 million de dollars.

A peu près la somme que vous vaut le prix Nobel.

Je ne suis pas intéressée par le luxe. La liberté m’importe davantage.

Vos livres sont insolites, ils sont organisés comme de grandes œuvres chorales. Ils exigent un gros effort, car ils reposent sur des centaines d’interviews. Comment travaillez-vous?

Il m’a fallu plusieurs années pour chaque livre. Dans le premier, il était question des femmes de l’Armée rouge. Elles avaient combattu contre les Allemands et avaient été spoliées de leur histoire, qui n’est pas apparue dans la version soviétique officielle de la guerre. J’ai voulu combler cette lacune. J’ai alors déniché des centaines de femmes. Pour mon livre sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, j’ai parlé avec ceux que l’on nommait les liquidateurs qui, armés de pelles, ont nettoyé le graphite du toit du réacteur. Peu après le désastre, ils étaient encore en vie. C’est ainsi que cela se passe chaque fois: je cherche des gens perturbés qui peuvent parler de ces choses-là. La plupart des gens grimpent sur le tapis roulant de la vie et n’ont jamais l’occasion de formaliser ce qu’ils ont vécu. Mes livres naissent de conversations avec des gens qui le font. Toute notre histoire est imbibée de larmes et de douleur. Je voudrais comprendre qui ils sont et ce que nous sommes.

Quand vous êtes-vous mise à l’écoute?

Mes parents étaient instituteurs. Durant mon enfance, il n’y avait pratiquement pas un homme au village, à part les vieux, mon père et le directeur de l’école. Les autres étaient tombés à la guerre, soldats ou partisans. Les femmes en parlaient entre elles et j’ai écouté.

C’est le début de votre vie d’écrivaine?

Possible. Je me suis éprise de la voix humaine et, plus tard seulement, j’ai compris que l’on pouvait transformer cette voix en un livre et que ce serait un livre important et utile, avec énormément de narrateurs. Le livre de ceux qui n’ont jamais rien raconté et à qui personne n’a jamais demandé ce qu’ils pensaient des grandes idées.

La plupart des protagonistes de vos livres sont des gens traumatisés.

A la différence de l’Occident, dans l’ancienne Union soviétique il n’y a pas de tradition de psychothérapie. Nous n’avons pratiquement pas de thérapeutes. C’est pourquoi nous parlons entre nous et ces conversations ont une fonction psychothérapeutique.

Vous vivez en Biélorussie, un pays qui a sa langue propre. Mais vous écrivez en russe. Pourquoi?

Mes livres ont une cohérence. Ils sont la chronique de l’âme rouge, l’histoire de l’homme utopique. J’y ai travaillé presque quarante ans. Ce sont les cent dernières années de notre histoire. Or cette utopie parlait russe.

L’«homo sovieticus».

Exactement. Le russe était la langue d’un immense espace, du grand laboratoire marxiste-léniniste. Cet espace était plus grand que la Russie. La Biélorussie, patrie de mon père, en faisait partie. Je suis née en Ukraine, d’où vient ma mère. La culture et la langue russes sont la grande agrafe qui tenait tout cela ensemble. En moi aussi.

Vladimir Poutine justifie sa soif de pouvoir par la protection de la «terre russe». Qu’est-ce qui différencie son monde du vôtre?

La différence n’est pas géographique ni lexicale. Reste que des mondes nous séparent. Quand Poutine parle de la «Grande Russie», il entend un pays édifié sur une mentalité militaire dont la tradition est aussi ancienne que l’histoire russe, sanguinolente et faite de conquêtes. Nous sommes des gens de guerre et, aux époques où nous n’avons pas fait la guerre, nous nous y sommes préparés. Dans le monde russe de Poutine, tout homme est un soldat.

On a cru un temps que la Russie deviendrait plus démocratique, qu’elle se réformerait.

Ça n’a pas marché, nous avons galvaudé nos chances.

Vous étiez une des intellectuelles de la perestroïka, de l’époque où l’Union soviétique s’ouvrait et se modernisait. Qu’est-ce qui a raté?

Dans les années 90, nous étions romantiques. Nous avons tenté d’entamer un dialogue avec le peuple. Mais le peuple est resté coi. Et personne ne comprenait pourquoi. C’était pourtant simple: nous avons confronté le peuple à des sujets trop compliqués à comprendre. La liberté, c’est quoi? Ce n’est que lorsque Poutine s’est mis à parler de «Grande Russie» que les gens ont compris. Pour atteindre le peuple, nous devons inventer une nouvelle langue.

Pensez-vous qu’un jour les choses iront mieux?

Je l’ai pensé, quand bien même je ne voyais pas de gens libres autour de moi. La plupart pensaient qu’il suffirait de descendre dans les rues et de hurler des slogans pour que la liberté nous tombe dessus. Mais personne n’a compris ce que la liberté suppose.

Après la fin de l’URSS, beaucoup de gens ont cru que l’Etat-nation serait un nouveau cadre de développement, qu’il constituerait une identité. En Géorgie, sur la Baltique, en Ukraine et en Biélorussie, partout sont nés des Etats-nations.

J’ai toujours cru aux idéaux nationaux mais je refuse d’accepter le nationalisme. Partout le nationalisme mène à des bains de sang. Je crois que nous devrions en premier lieu construire une démocratie. En Biélorussie, nous avons une population mélangée avec une forte minorité russe. Tous ces intellectuels devraient-ils quitter le pays? Ce serait trop bête. Mais nombreux sont ceux qui le souhaitaient.

On dirait que, pour vous, les années 90 ont été une période d’erreurs.

C’était une belle période, naïve. Nous avons imaginé le peuple. Aujourd’hui, il nous faut admettre que Poutine et Loukachenko connaissent le peuple mieux que nous. Ils parlent sa langue.

Dans tous vos livres vous faites entendre la voix du peuple et en même temps vous prétendez ne pas l’avoir compris.

Si vous lisez mes livres attentivement, vous le verrez: on est en plein dans le sujet. Chacun proclame sa propre vérité: le communiste, le bourreau, le démocrate. Je tente de décrire ce gigantesque chaudron russe et tout ce qui y mijote. Je n’aime pas la notion d’«homo sovieticus». Car pour beaucoup de démocrates qui ne s’accommodent pas de leur déception, c’est devenu une insulte. Pas pour moi. Mon père était communiste, il s’est fait inhumer avec son livret du Parti. Si je haïssais mon peuple, je devrais aussi haïr mon père, mes amis, mes proches. Je voudrais les comprendre mieux.

Vous décririez-vous comme une «homo sovieticus»?

Bien sûr! J’ai dû parcourir beaucoup de chemin avant de me libérer intellectuellement. J’ai longtemps cru à un socialisme à visage humain. Ce n’est que lorsque je suis arrivée en Afghanistan et que j’ai vu ce que les troupes soviétiques y avaient fait que j’en suis rentrée désillusionnée.

La démocratie nécessite-t-elle plus de temps?

En Occident, on pense que les non-Occidentaux fonctionnent exactement comme les Occidentaux. Mais il y a des différences dictées par l’histoire et nous en sommes à des niveaux de développement politique différents. Des changements globaux nécessitent beaucoup plus que les vingt à vingt-cinq ans que nous avons eus. Il y faut plusieurs générations. La révolution d’octobre fut une tentative d’accélérer le cours du temps. Les bolcheviques disaient: «Nous allons pousser l’humanité vers le bonheur – d’une main de fer.» Ce fut l’échec.

La violence et la guerre vécues par les gens sous-tendent vos livres. En Occident, on s’est longtemps senti à l’abri. Le terrorisme dont l’Europe fait aujourd’hui l’expérience est-il une nouvelle forme de guerre?

Je n’ai plus une définition unique de la guerre. Il y a la guerre conventionnelle, sur laquelle j’ai écrit: la Seconde Guerre mondiale, la guerre d’Afghanistan. Et il y a Tchernobyl. Je me rappelle comment on a évacué les gens, surtout des vieux, des zones contaminées. Les vieux avaient connu la Seconde Guerre mondiale et ne comprenaient pas pourquoi ils devaient fuir: le soleil brillait, les souris vaquaient à leurs occupations, des soldats russes étaient là. Les vieux ne cessaient de demander: «C’est la guerre?» Je garde cette image en mémoire: un soldat emmène hors du village une vieille femme avec une passoire pleine d’œufs. Il y avait de vastes fosses où l’on devait jeter le beurre, le lait, les œufs et les enterrer tout de suite. C’était le monde à l’envers: il fallait laver les arbres et le bois de feu et enterrer les denrées alimentaires. Désormais, la mort avait beaucoup de nouveaux visages. L’eau pouvait tuer les gens quand ils allaient se baigner, la terre s’ils restaient trop longtemps assis. Le terrorisme est une nouvelle forme de guerre: nous sommes livrés à des fanatiques dérangés. Comment les combattre? Je l’ignore. Nous ne sommes strictement pas préparés à cela. L’humanité n’aura pas besoin de tous les missiles nucléaires qu’elle a accumulés. A l’avenir, on aura de tout autres guerres mais nul ne sait lesquelles.

En Russie, personne ne pense à la guerre d’Afghanistan quand on montre des photos des pilotes dont l’avion a été abattu par les Turcs?

Non. A une récente date anniversaire, Poutine a dit: «L’envoi de troupes soviétiques en Afghanistan fut une bonne décision.» Du coup, on évoque une guerre de héros. Et on accuse de plus en plus souvent Gorbatchev d’être un criminel pour avoir laissé l’Union soviétique se désagréger. Vingt-cinq ans ont passé, en Biélorussie la dictature de Loukachenko tient le coup et en Russie les gens ont été dépouillés et trompés. Il y a de la haine dans l’air.

Le prix Nobel a-t-il changé votre vie?

C’est un sentiment étrange de se retrouver en compagnie de poètes comme Joseph Brodsky et Boris Pasternak. Je ne me suis pas encore habituée à cette idée. A ma première conférence de presse, on m’a interrogée sur l’Ukraine et j’ai dit que Poutine y avait déclenché une guerre civile. Il y a peu, personne ne se serait intéressé à une telle déclaration. Maintenant, mes paroles ont du poids.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 20:40

Source :CitizenKane.fr 24/12/15

 

 

Meir Dagan, ancien directeur du Mossad, a bénéficié d’une greffe du foie réalisée en Biélorussie, alliée et fournisseur de l’Iran en technologie de guidage des missile sol-sol de conception Russe.

 

 

Meir Dagan, le plus virulent des opposants au projet de frappe militaire israélienne contre l’Iran dans la communauté du renseignement, a choisi de recevoir une transplantation hépatique sous l’hospitalité bienveillante du Président du Bélarus, Alexandre Loukachenko, qui a révélé à la presse israélienne que « les Etats-Unis, l’Allemagne et la Suède auraient refusé d’opérer le patient après qu’ils ont appris la profession naguère exercée par le patron du Mossad ».

En réalité, il n’en est rien : le choix du Belarus procède de la pénurie d’organes compatibles et de la détérioration de l’état de santé du malade, dans le contexte d’une législation bio-éthique inflexible retardant la transplantation salutaire.

Des règles éthiques et religieuses, en effet, soumettent la transplantation d’organes à un interminable labyrinthe de marathons administratifs en Israël, si bien que l’ex-patron du mossad, lui-même, n’a eu d’autre choix que de préférer le centre de transplantation hépatique Bélorus pour sauver sa vie : Âgé de 67 ans, le patient le mieux renseigné d’Israël n’est plus éligible à la transplantation hépatique sur le sol hébreu où la loi fixe la limite d’âge à 65 ans.

La question juridique de l’état de mort clinique autorisant le prélèvement d’organe sain, fait débat en Europe, aux USA et en Israël selon que le législateur s’attache à considérer la mort cérébrale (comme c’est le cas en Suisse, par exemple) ou l’arrêt complet des fonctions vitales (comme c’est le cas en Israël) ; question qui n’est pas sans incidence sur la viabilité des organes transplantés ni sur le taux de survie des patients.

Tel n’est pas le cas en Biélorussie où un tourisme médical décomplexé bat son plein, car les critères du consentement du donneur y sont infiniment plus flexibles et les contraintes liées à la bio-éthique inexistantes.

L’Etat Islamique, quant à lui, a franchi toutes barrières morales de la bio-éthique en promulguant les « Fatwas 61-62 et 64-68 » qui autorisent ses ouailles à prélever les organes des captifs in vivo, à leurs corps défendant, dussent-ils en périr, pour alimenter le trafic humain d’organes du Califat. Ce cas d’application innovant de la Sharia au califat, se situe dans le droit fil de la jurisprudence sunnite antérieure (Ecoles Shafi’i et Hanbali du 9ème siècle) autorisant la consommation de la chair de l’infidèle en cas de nécessité. (cf : source ISIL Committee Research and Fatwas, 31 janvier 2015, reproduit in fine, Fatwa 68 2-b « Organes dont le prélèvement entraîne la mort du captif : le prélèvement de ce type d’organe n’est pas non plus prohibé serait-il fatal au captif : Une école de l’islam a permis, si nécessaire de tuer les apostats pour se nourrir de leur chair » ).

Ainsi, en Europe, des compagnies d’assurance-vie félicitent-elles les souscripteurs qui s’enregistrent comme donneurs ignorant probablement que leurs organes seront cédés, 200.000 euros pour un foie, 60.000 euros pour un rein à l’appui des mentions du consentement stipulées : le contrat d’assurance-vie scellant, à cet égard, un invisible contrat de mutation gracieuse des organes du vertueux défunt à la bonne fortune d’un patient mieux informé, à l’instar de l’ex-patron du Mossad, (qui n’aurait assurément pas connu le même sort en Syrie).

Véritable course contre la montre et l’éthique, le profitable business de la transplantation hépatique et rénale sauve de nombreuses vies d’une mort probable, enrichit plus certainement encore les compagnies d’assurance-vie et l’Etat Islamique, à coup sûr.

Meir Dagan

Meir Dagan

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 12:00
Azarenka en 2013

Azarenka en 2013

Source : Tennisactu 17/12/15

 

La carrière de Victoria Azarenka a été marquée par de nombreuses blessures qui ont influé sur son niveau de jeu. Cependant, l'année 2015 semble être celle où la Biélorusse est sortie de cette spirale infernale pour remettre son tennis en place. Elle frappe fort dès l'Open d'Australie, un Grand Chelem qu'elle connaît bien pour l'avoir déjà remporté à deux reprises en 2012 et 2013. Elle bat successivement Sloane Stephens, Caroline Wozniacki et Barbora Strycova avant de s'incliner en trois sets face à Dominika Cibulkova. Le ton est donné. Elle enchaîne par une finale à Doha puis tient tête pendant trois sets à Serena Williams en huitième à Madrid, au troisième tour à Roland Garros et en quarts à Wimbledon, obtenant même deux balles de match lors de leur rencontre dans la capitale espagnole. Si elle termine l'année sans le moindre titre dans son escarcelle, elle atteint tout de même deux quarts de finale en Grand Chelem en 2015 (Wimbledon donc et l'US Open, où elle chute en trois sets face à Simona Halep). D'après les propos retranscrits par Tennis World Italia, Azarenka fait partie des favorites pour le premier Grand Chelem de l'année 2016. De là à décrocher le titre et confirmer son retour au premier plan ?

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