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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 22:12

Source : Le Figaro 21/09/12

 

Le Parlement de Minsk n'est plus qu'une machine à estampiller les projets de loi rédigés par l'administration présidentielle.

 

 

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Interdit de sortie du territoire, surveillé par le KGB, banni de tout emploi public, emprisonné un an et demi pour «corruption», Sergueï Skrebez a tout connu, en dix ans, des vicissitudes du militantisme politique dans la Biélorussie d'Alexandre Loukachenko. Mais pour ce leader du mouvement La Masse populaire, les élections parlementaires qui se dérouleront dimanche dans tout le pays «sont les plus déprimantes (qu'il ait) jamais connues».

Avisé, Sergueï Skrebez fut l'un des rares opposants à échapper à la vague d'arrestations qui a suivi les élections présidentielles du 19 décembre 2010. Aujourd'hui, à défaut d'être personnellement candidat, cet homme calme et déterminé fait campagne pour deux activistes de son parti dans des conditions confidentielles, pour ne pas dire clandestines. 495 personnes se disputent 110 postes de député, dont l'identité est pratiquement connue à l'a­vance. Simple machine à estampiller les projets de loi rédigés par l'administration présidentielle, le Parlement n'obéit qu'à un seul chef, Alexandre Loukachenko, élu il y a deux pour un quatrième mandat avec 80 % des suffrages.

À Minsk, où le temps semble s'être arrêté, rien ne signale l'imminence d'une élection parlementaire, y compris à la télévision, qui a banni toute forme de débat politique. Dans l'école de la rue du Komsomol, de rares habitants du quartier se penchent pour la première fois sur les portraits faméliques de trois candidats, issus de photocopies en noir et blanc. Pour chacun, un CV très succinct, rédigé dans des termes identiques. Exemple, Igor Babok, actionnaire de la Banque biélorusse, juriste, déclare 281 millions de roubles de revenus (2554 euros), possède deux appartements, un garage et une voiture. Le programme de cet homme à la fine moustache est inconnu, mais dans la mesure où il est déjà député, on devine qu'il sera réélu. À l'origine, en plus de ces trois prétendants officiels, deux autres candidats avaient également été pressentis, mais, à l'initiative de la commission électorale, leurs photos et leurs fiches ont disparu du panneau d'affichage. «Ils ont enfreint la loi», croit savoir la concierge de l'école.

Dans cet établissement, le vote a débuté mardi d'une manière anticipée. Dépendants du pouvoir, les étudiants et les fonctionnaires sont les premiers à fréquenter ces bureaux de vote, au risque, selon les observateurs, de multiples falsifications. Autour de l'urne ne sont présents que deux fonctionnaires de la commission électorale et un policier. Dans les couloirs, Irina, 19 ans, se déclare heureuse de voter pour la première fois mais confie néanmoins que son ambition est de vivre en Belgique. Lorsque le policier s'approche, la jeune fille interrompt poliment la conversation, avant de tourner les talons.

«La Biélorussie est l'un des pays les plus calmes du continent euro-asiatique», se félicite Alexandre Chatko, un jeune député membre du comité parlementaire Russie-Biélorussie. Pour les opposants, cette tranquillité s'est soldée par l'embastillement d'une quinzaine d'entre eux, intervenue en majorité au lendemain de la présidentielle. Sous pression de l'Union européenne, des libérations sont intervenues, mais au compte-gouttes. Libéré le 15 avril dernier, après avoir formulé une demande de grâce, l'ancien candidat Andreï Sannikov se fait aujourd'hui soigner en Lituanie. Son ancien conseiller, Dmitri Bondarenko, s'est réfugié en Pologne.

L'heure de vérité

Par ricochet, l'UE, qui avait accompagné la timide évolution démocratique du régime à la fin des années 2000, se retrouve hors jeu, au profit naturel de la Russie. Ces jeux d'alliance sont un grand classique de la politique biélorusse. Mais alors que le pays a failli, l'an dernier, sombrer dans la banqueroute, ils deviennent de plus en plus difficiles à manier. Moscou, qui a prêté trois milliards de dollars à son protégé - lui permettant au passage de rembourser les prêts du FMI -, entend, en contrepartie, mettre la main sur une liste d'entreprises privatisables.

«Loukachenko sait très bien qu'après avoir vendu les bijoux de famille aux Russes, ceux-ci le jetteront comme un Kleenex», explique une source proche du pouvoir. Du coup, pour échapper à l'emprise de son parrain historique, le président biélorusse se rapproche de la Chine. Pékin vient d'ouvrir une ligne de crédits de 16 milliards de dollars, dont 5,5 milliards sont déjà investis dans des projets énergétiques. Au risque, s'inquiète un député, de voir la Biélorussie «devenir une province chinoise». «L'art de notre chef de l'État, c'est de préserver les équilibres», veut croire Sergueï Rigarev, l'un des idéologues du régime. En attendant, probablement, l'heure de vérité.

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 22:09

Source : Courrier International

 

 

A quelques jours des élections législatives du 23 septembre, les autorités biélorusses ont refusé un visa à deux observateurs de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, informe l'agence biélorusse BelaPan. "C'est une preuve de plus que ce scrutin sera une farce électorale", déclare la députée allemande Marieluise Beck, membre de l'Alliance '90- Les Verts, jugée persona non grata par le régime à Minsk.

L'autre personnalité dont la présence gêne les autorités biélorusses est le député lituanien Emanuelis Zingeris. "Alexandre Loukachenko n'essaie même plus de sauver les apparences, jetant les journalistes en prison et refusant les observateurs", estime-t-il.

Une partie de l'opposition biélorusse a retiré ses candidats ; d'autres, comme le mouvement civique Govori Pravdou ("Dis la vérité"), dirigé par Vladimir Niakliaev, ont décidé de mantenir leurs candidats.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 19:24

Source : Regard sur l'Est Par Horia-Victor Lefter 19/09/12

 

 

Entre 1999 et 2000, quatre personnalités montantes de l’opposition bélarusse ont mystérieusement disparu: Youri Zakharenka, Viktar Hantchar, Anatol Krasouski et Dzmiter Zavadski. A l’occasion de la 29ème Journée Internationale des Personnes Disparues le 30 août dernier, des manifestations leur ont été dédiées, notamment devant l’ambassade du Bélarus à La Haye. Une cérémonie a également eu lieu le 16 septembre à Eindhoven, ville néerlandaise jumelée avec Minsk, comme chaque année depuis 2008, quand quatre arbres avaient été plantés en leur mémoire.

Le 16 septembre 1999 en effet l’ancien président de la Commission Électorale Centrale V. Hantchar disparaissait, tout comme son ami l’homme d’affaires A. Krasouski, quelques mois après avoir organisé un scrutin présidentiel non officiel à la date où aurait dû légalement se terminer le premier mandat d’Aliaksandr Loukachenka. Le régime bélarusse est également soupçonné d’être impliqué dans la disparition, le 7 mai 1999, de l’ancien ministre de l’Intérieur et l’un des leaders du Parti Civique Uni, Youri Zakharenka, ainsi que celle, le 7 juillet 2000, du cameraman Dzmiter Zavadski.

Les enquêtes sur ces disparitions n’ont abouti à aucun résultat satisfaisant. Les proches des victimes, par le biais d’ONG et d’organisations internationales de défense des droits de l’Homme, dénoncent l’inertie des autorités. En 2004, sur la base du rapport Pourgourides, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté une résolution leur demandant des comptes. Suite au procès intenté en 2008 par la famille Krasouski et une résolution adoptée en avril par le Conseil directeur de l’Union interparlementaire (IUP –une organisation fondée en 1889 à Genève et dont est membre le Bélarus) concernant le cas de M. Hantchar, en mars dernier le Comité des droits humains de l’ONU a enfoncé le clou. A toutes ces demandes d’éclaircissements le Bélarus, qui n’a pas signé la Convention internationale sur la Protection des personnes contre les disparitions forcées (2010), n’a répondu que de manière formelle, s’abstenant de faire la lumière sur les auteurs et motifs de ces enlèvements que l’on soupçonne d’avoir abouti à des exécutions.

Pourtant, des preuves ont été réunies qui incriminent l’entourage du Président. Le pistolet utilisé pour exécuter les condamnés à mort au Bélarus aurait été emprunté deux fois sur ordre du Ministre de l’Intérieur à des périodes correspondants aux dates de disparitions de Zakharenka, Hantchar et Krasouski. D’autre part, la surveillance par le KGB dont Hantchar et Krasouski faisaient l’objet a été suspendue quelques heures avant leur disparition. A cela s’ajoute, en plus du témoignage de 2001 d’un ancien bourreau du KGB sur les pratiques du régime de Loukachenka, ceux d’autres membres du KGB relayés par leur blog kinksoat en mars dernier. Ainsi semble-t-il que le lieu d’exécution ait été une base militaire près de Biahoml, au nord du pays.

Dans sa résolution d’avril 2012, l’UIP demande au Procureur général bélarusse de vérifier les allégations avancées par le documentaire sur A. Loukachenka Krëstny Batka [Le parrain] diffusé en 2010 en Russie par NTV (voir à ce sujet cet article). Elle souligne aussi l’inertie du Parlement bélarusse, qui justement se prépare à des élections le 23 septembre prochain, à voir élucider les affaires de «disparus».

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 22:17

Source : France24 20/09/12

 

 photo_1348143360491-1-0.jpgLes arrestations au Belarus de jeunes contestataires du régime du président Alexandre Loukachenko, qui s'expriment sur l'internet et les réseaux sociaux, se sont multipliées à l'approche des élections législatives de dimanche, selon des militants de l'opposition.

L'adolescent Roman Protassevitch raconte ainsi avoir été arrêté et battu fin août par des policiers en civil, alors qu'il n'appartient à aucun de ces mouvements d'opposition contre lesquels la répression s'est accrue après la réélection controversée de M. Loukachenko fin 2010.

"Les policiers m'ont frappé aux reins et au foie, après j'ai uriné du sang pendant trois jours. Ils ont menacé de m'accuser de meurtres non élucidés", a déclaré à l'AFP l'adolescent.

M. Protassevitch dirige sur le réseau social VKontakte deux sites contestataires dont l'un baptisé "Nous sommes fatigués de Loukachenko", qui appelle à boycotter les législatives comme l'ont fait aussi de grands partis d'opposition.

Roman Protassevitch a été relâché par la police après quelques heures d'interrogatoire car il est mineur: âgé de 17 ans, il est né un an après l'arrivée d'Alexandre Loukachenko à la tête de cette ancienne république soviétique en 1994.

L'un de ses amis, Sergueï Bespalov, administrateur du site "Nous sommes fatigués de Loukachenko", s'est enfui en Pologne et un autre collaborateur du site, Oleg Chramouk, a cessé ses activités sous pression de la police.

Outre M. Protassevitch, les autorités ont interpellé d'autres jeunes ces derniers mois.

"Les jeunes, dont les actions s'inpirent de l'expérience des révolutions du Printemps arabe au moyen d'internet, sont considérés comme le danger principal par le régime", explique l'analyste politique Alexeï Korol.

 

"C'est le résultat de la peur"

La plupart des anciens rivaux de Loukachenko à la présidentielle de 2010 ne peuvent pas se présenter aux élections en raison de leur condamnation après les manifestations qui ont suivi le scrutin présidentiel de 2010.

L'un deux, Nikolaï Statkevitch, purge actuellement une peine de six ans de prison.

Un autre ex-candidat, Andreï Sannikov, condamné à une peine de prison ferme puis libéré après avoir affirmé être torturé en détention, est sous traitement médical et ne se présente pas aux législatives.

"La répression a contraint certaines personnes à émigrer et d'autres à se tenir à l'écart des groupes d'opposition", déclare à l'AFP le chef du Parti civique uni, Anatoli Lebedko, qui a lui aussi passé cinq mois en détention.

"Peu de gens rejoignent l'opposition. C'est le résultat de la peur semée par le régime dans la société bélarusse", dit-il.

Après l'affaiblissement de l'opposition politique traditionnelle au Bélarus, les autorités ont réduit au silence d'autres voix dissidentes dans le pays et accentué la pression contre les jeunes militants actifs sur l'internet, selon des experts.

Le leader du groupe d'opposition Front de la Jeunesse, Dmitri Dachkevitch, 31 ans, condamné en 2010 à deux ans de prison, a vu en août sa peine allongée d'un an pour désobéissance aux autorités carcérales.

"Il purge presque la moitié de sa peine pour avoir refusé de céder à l'administration qui exige de lui qu'il reconnaisse sa culpabilité", a déclaré à l'AFP l'épouse du condamné, Nastia Polojanko.

"La situation dans le pays a changé maintenant. Tous ces généraux du KGB savent très bien que le militantisme des jeunes peut s'avérer destructeur pour le régime", estime l'avocat et défenseur de droits de l'Homme Valentin Stefanovitch.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 11:00

Source : Romandie 19/09/12

 

Le Bélarus, où se déroulent dimanche des élections législatives, a émergé de la profonde crise économique qu'il a traversé l'an dernier, mais cette ex-république soviétique reste sur le fil du rasoir, faute d'avoir mené d'indispensables réformes structurelles.

Le pays, dirigé d'une main de fer par le président Alexandre Loukachenko depuis 18 ans et très isolé sur la scène internationale, a réussi à remonter la pente après son quasi-naufrage en 2011.

 

Les signaux virent au rouge

Dépourvu de ressources naturelles et très dépendant de fait des importations, le Bélarus, un pays à l'économie planifiée, avait vu son déficit commercial se creuser à des profondeurs abyssales en raison de la hausse des prix des matières premières. La situation avait été aggravée par les dépenses populistes réalisées à l'approche de l'élection présidentielle de 2010.
L'inflation s'était par ailleurs emballée pour atteindre à la fin de l'année le chiffre record de 108%.
Les autorités ont alors été contraintes de dévaluer à plusieurs reprises le rouble bélarusse et de céder le contrôle du système de gazoducs du pays à son puissant voisin russe en échange de plusieurs crédits.
Les résultats ne se sont pas fait attendre: l'inflation a nettement ralenti pour s'établir depuis janvier à 12%, et les autorités tablent sur une croissance de 5,5% du produit intérieur brut pour l'ensemble de l'année et de 8,5% en 2013.
Toutefois, le salaire moyen n'a toujours pas retrouvé son niveau de 2010, s'établissant à 464 dollars (353 euros) et la population craint toujours une nouvelle crise. La société ne croit pas que la stabilisation du rouble bélarusse va durer, commente l'analyste Dmitri Zaïats.


gaz.jpgRéformer ?
Les autorités n'ont en effet procédé à aucune réforme structurelle, en dépit des appels répétés du Fonds monétaire international et de la Russie.
Le spectre d'un nouveau plongeon de la balance commerciale plane, d'autant que Minsk est impliqué depuis quelques semaines dans une dispute commerciale avec Moscou qui pourrait lui coûter cher.
La Russie a en effet accusé récemment son voisin d'exporter des produits pétroliers russes en les faisant passer pour des lubrifiants, afin de ne pas avoir à reverser à Moscou de taxes d'exportation.
En guise de représailles, les Russes ont interrompu les livraisons de matières premières pour fabriquer des dissolvants, empêchant de fait le Bélarus d'en exporter.
Cela va être très difficile de trouver des devises pour combler le trou occasionné, estime l'analyste Tatiana Manenok, soulignant le manque de compétitivité à l'étranger des produits bélarusses et la réticence des investisseurs étrangers à s'engager dans le pays.


Privatiser ?
Par ailleurs, le problème du remboursement des dettes déjà contractées commence à se poser, observe l'économiste Sergueï Tchaly.
D'ici la fin de l'année, il faut rendre un milliard de dollars, l'année prochaine trois. Je ne vois pas où on va les trouver, si ce n'est en vidant les réserves de devises, explique-t-il, ajoutant que la seule issue à court terme pour M. Loukachenko était de lancer un programme de privatisation.
Les autorités bélarusses s'étaient d'ailleurs engagées, lorsqu'elles avaient obtenu un crédit de trois milliards de dollars de la part de la Russie et d'autres partenaires de l'ex-URSS, à procéder à la vente d'une série de sociétés stratégiques du pays, convoitées par Moscou.
Mais M. Loukachenko, qui s'oppose à la cession de fleurons tels que le producteur d'engrais Belaruskali, a récemment supprimé par décret la liste qui avait été préparée à cette occasion.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 07:10

Source : Courrier International 13/09/12

 

Le 4 juillet, une agence de publicité de Stockholm a parachuté 800 ours en peluche en Biélorussie pour dénoncer la dictature. Une opération spectaculaire qui fait débat.

 

L'agence de publicité Studio Total est dirigée par deux cousins, Tomas Mazetti et Per Cromwell, de leurs vrais noms Bergkvist et Eriksson. Leur stratégie marketing consiste à faire parler d’eux au maximum, que les circonstances se prêtent ou non à une telle publicité. Ce sont des fous de Google Trends, un outil proposé par Google qui permet d’observer dans le temps la fréquence à laquelle un terme est tapé dans le moteur de recherche.Leur principal fait d’armes a été de rouler les médias dans la farine : un saut à l’élastique depuis le pont de l’Øresund [qui relie le Danemark à la Suède], en 2010, était en réalité une publicité pour une nouvelle enseigne d’ameublement. Et le “Parti de la culture”, lancé en 2005 par Studio Total pendant la Semaine d’Almedalen [qui réunit chaque année les acteurs de la vie politique suédoise], était aussi un coup de bluff, en réalité une campagne pour le Riksteatern [théâtre national itinérant].

 


 

 

Rien d’étonnant, donc, à ce que la plupart des journalistes aient été dubitatifs lorsque l’agence Studio Total leur a annoncé qu’elle avait fait décoller son monomoteur de Lituanie le 4 juillet au matin, qu’il avait traversé la frontière biélorusse et largué des ours en peluche équipés de parachutes. Sur le dos de chaque ourson était accroché un message : “We support the Belarussian struggle for free speech” [Nous soutenons le combat de la Biélorussie en faveur de la liberté d’expression].

 


 

 

La date n’avait pas été choisie au hasard. Le 4 juillet est le lendemain de la fête nationale de la Biélorussie. Studio Total s’attendait à ce que les instances de contrôle du pays soient un peu moins vigilantes après avoir fait la fête – et l’humiliation devait être d’autant plus cruelle pour Alexandre Loukachenko si la défense aérienne laissait passer l’appareil de Studio Total le lendemain du défilé militaire traditionnel.Comment le dictateur a-t-il réagi ? A peu près comme la presse suédoise. Il a dit qu’il ne s’était rien passé. Mais les témoignages émanant de l’intérieur du pays étaient trop nombreux. Et l’absence de contrôle aux frontières entre la Russie et la Biélorussie n’a fait qu’aggraver le scandale. L’ambassadeur de Suède, Stefan Eriksson, a été expulsé le 3 août. Et le général chargé de la surveillance frontalière ainsi qu’un responsable de la défense aérienne ont été limogés.Les ours en peluche sont-ils responsables de cette crise diplomatique ?

En fait, ce serait plutôt la politique univoque menée par la Suède depuis de nombreuses années, répondent les politiques et les organisations de défense des droits de l’homme. Telle est également la ligne officielle du ministère des Affaires étrangères.

L’agence Studio Total a atteint son objectif. Dans le monde entier, les médias n’ont pas fait dans la nuance, n’hésitant pas à dire que c’était à cause de l’affaire des ours en peluche que l’ambassadeur avait été expulsé. En réalité, le torchon brûlait entre la Suède et la Biélorussie bien avant que Studio Total ne décide de passer un brevet de pilote.

Comme lors des prédécents coups, l’agence de publicité a été critiquée. Un blogueur qui avait publié une photo des peluches a été arrêté, ainsi qu’un homme accusé d’avoir loué un appartement à Studio Total. L’agence de publicité a été mise au banc des accusés dans les médias suédois. “Ils se moquent des gens qui militent sérieusement pour les droits de l’homme et qui risquent leur vie au quotidien. Ce lâcher d’ours en peluche détourne l’attention vers l’agence à des fins de publicité”, déplorait ainsi Robert Hårdh, directeur de [l’ONG suédoise] Civil Rights Defenders.Tomas Mazetti, qui se compare aux militants du “printemps arabe”, reste sourd à l’argument.

Studio Total estime avoir non seulement réinventé le marketing, mais également l’art de conduire une politique étrangère. Le fait que les Biélorusses se sentent soutenus, qu’ils puissent se moquer de Loukachenko et que le pays fasse piètre figure aux yeux de la Russie fera bouger les choses, assure Tomas Mazetti. “On est prêts à donner un coup de main en coulisses et à protester avec humour en nous appuyant sur les réseaux sociaux pour changer le monde. Je pense que cela changera notre façon de faire de la politique étrangère.”Une perspective cauchemardesque pour le ministère des Affaires étrangères [suédois]. “Ce qu’a fait Studio Total se fonde sur une méconnaissance totale du mode de fonctionnement réel d’une dictature. Ils ont rendu là un très mauvais service à la lutte pour la démocratie. Actuellement, la Biélorussie renforce ses contrôles aux frontières et durcit la répression à cause d’eux”, déplore une source bien informée du ministère des Affaires étrangères.

 

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 11:00

Source : 20 minutes 18/09/12

 

La police biélorusse a interpellé ce mardi plusieurs manifestants qui dénonçaient les conditions d'organisation des élections législatives de dimanche prochain ainsi qu'un groupe de journalistes qui couvraient le petit rassemblement.

Un photographe de l'agence Reuters basé à Minsk ainsi qu'un photographe de l'agence Associated Press (AP) et une équipe de la chaîne de télévision allemande ZDF ont été détenus pendant près de deux heures avant d'être relâchés.

Les clichés pris par les deux photographes ont été effacés par les policiers. Les journalistes de la ZDF ont pu récupérer les images qu'ils avaient tournées. «Nous photographions le groupe de manifestants quand un bus est arrivé d'où sont sortis des hommes en civil qui se sont mis à pousser tout le monde dans le bus avec agressivité», a relaté le photographe de Reuters, Vasily Fedosenko, ajoutant que son collègue d'AP avait été frappé au visage.
Selon l'association de défense des droits de l'homme Vesna-96, quatre militants de l'opposition ont été emmenés par les forces de l'ordre.

Un porte-parole de la police de Minsk a confirmé que les journalistes avaient été relâchés. Il n'a pas fait d'autre commentaire. Les élections de dimanche doivent pourvoir à la désignation des 110 députés du Parlement. Deux partis de l'opposition ont appelé à boycotter le scrutin, qu'ils jugent faussés.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 22:58

Source : Ouest-France 19/09/12

 

Sonné à la pause, le Losc a vécu un cauchemar et compromis ses chances face à l’équipe a priori la plus faible de son groupe. Le Losc déjà dans de sales draps.

En phase de poules, Lille n’avait perdu qu’un seul match de Ligue des champions dans toute son histoire, un an plus tôt, face à l’Inter Milan (0-1). Mais rendre les armes, à la maison, contre un général italien et un soldat biélorusse, ce n’est évidemment pas la même chose. Borisov n’avait remporté aucun de ses 12 matches en Ligue des champions. Il est à craindre que ce revers aussi lourd que mal venu plombe les chances nordistes. Pas de quoi rassurer, en tout cas, avant le voyage à Valence, le 2 octobre, puis la venue du Bayern, le 23. Les deux gros morceaux du groupe F, qu’est-ce que ça va être…

 

La douche froide

L’expression jeter un pavé dans la mare doit avoir une traduction en biélorusse. Enfin, on peut le penser depuis hier soir. Il y avait de l’envie sur la pelouse flambant neuve, de l’ambiance dans les tribunes sentant encore la peinture fraîche, mais Volodko a glacé l’atmosphère d’une frappe lumineuse de plus de 20 m. Landreau, pourtant en forme internationale, fut dépassé par la trajectoire (6’). Pire, sur un contre éclair, Rodionov passa la 2e couche pour ponctuer un mouvement à une touche (20’). En position de hors-jeu, mais bon… Et Olekhnovitch fit tomber la salière dans le plat de moules-frites (43’). Un plat indigeste !

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Une pause, des grimaces

Pour qui sont ces sifflets qui sifflent sur ces têtes ? Pour les Lillois, pardi ! À la mi-temps, plus question de gala au Grand Stade. Visages fermés, colère à peine rentrée, le Losc est groggy, son public terriblement frustré. « On vit un cauchemar, admet Rudi Garcia, le coach nordiste. Même si Borisov a eu 100 % d’efficacité, on a été défaillants dans tous secteurs. C’est là qu’on va voir si on a du caractère… »

  Chedjou, en chef de rébellion. Restait à sauver l’honneur, quitte à prendre des risques. Garcia injecta du sang neuf, dès la reprise (Roux et Mendes). Ironie du sort, c’est un défenseur, Chedjou, qui sonna l’heure de la révolte, d’un coup de tête à la réception d’un corner de Payet (60’). Mais les miracles ne se produisent jamais sur commande. Le Losc a eu beau pousser son avantage naissant, la défense adverse s’arc-bouta sur les essais de Roux, Payet, Mendes, Debuchy, Balmont. Car Borisov ne pratique pas seulement l’art du contre à merveille, mais sait aussi défendre bec et ongles. Le Losc est bien placé pour disserter sur ce sujet.

 

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LILLE - BORISOV : 1-3 (0-3)

Arbitre : M. Borski (Pol). 40 000 spectateurs.

BUTS. Lille : Chedjou (60’). Borisov : Volodko (6’), Rodionov (20’), Olekhnovitch (43’).

AVERTISSEMENTS. Lille : Payet (11’), Roux (54’), Digne (54’). Borisov : Olekhnovitch (28’), Rodionov (38’), Pavlov (54’), Polyakov (70’).

LILLE : Landreau - Debuchy (Sidibé, 85’), Basa, Chedjou, Digne - Balmont, Mavuba (cap), Martin (Roux, 46’) - Kalou, De Melo (Mendes, 46’), Payet. Entr : R. Garcia.

BORISOV : Gorbounov - Polyakov, Radkov, Simic, Volodko - Olekhnovicth, Likhtarovitch (cap) (Sivakov, 66’) - Bordatchev, A. Hleb, Pavlov (Bressan, 80’) - Rodionov (Mozolevski, 89’). Ent : V. Goncharenko.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 19:00

Source : Le Quotidien du peuple 19/09/12

 

Les deux principaux partis d'opposition biélorusses ont retiré leurs candidats aux élections législatives prévues ce week-end, en justifiant cette décision par la détention de prisonniers politiques et la fraude électorale.
La commission électorale biélorusse a confirmé mardi que le Parti civique uni et le Front national biélorusse ont retiré les noms de leurs candidats.

Lundi, le leader du Parti civique uni, Anatoly Lebedko, a déclaré que son parti se présenterait aux législatives à moins que si ce vote anticipé ne soit annulé et que les prisonniers politiques ne soient libérés.
Selon la présidente de la Commission électorale centrale, Lidia Yermoshina, le fait que les deux partis n'ont pas informé à temps les commissions électorales régionales va causer des problèmes techniques.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 12:03

Source : Ria Novosti 15/09/12

 

Les processus d'intégration économique vont bon train dans l'espace économique commun (Russie-Biélorussie-Kazakhstan), a déclaré samedi le président russe Vladimir Poutine lors d'un entretien avec son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko en visite à Sotchi.

"On constate un développement positif (de projets d'intégration), tous les trois pays font preuve d'une bonne dynamique, les échanges commerciaux et économiques ainsi que la coopération dans le domaine d'investissements s'accroissent", a indiqué le chef de l'Etat russe lors d'une rencontre informelle avec son homologue biélorusse.

"Je suis heureux de m'entretenir avec vous, j'espère que vous passerez avec plaisir quelques jours ici", a ajouté M.Poutine.

Le président russe entend évoquer avec le président biélorusse les relations bilatérales ainsi que la coopération au sein de l'Union douanière et de l'Espace économique commun.

En 2011, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint un niveau record, chiffrés à 38,6 milliards de dollars, accrus de 37,7% en glissement annuel. Les livraisons russes en Biélorussie ont été de 24,9 milliards de dollars, alors que celles de la Biélorusse se sont chiffrées à 13,7milliards de dollars.

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