Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 19:39
Pourquoi l'Union Européenne lève les sanctions sur les Biélorusses ?

Source : Bruxelles2 14/10/15

 

 

Cela ne fait plus l’ombre d’un doute aujourd’hui. Et le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, a confirmé à Luxembourg, ce que tout le monde n’osait dire. « Il y a un accord pour suspendre les sanctions » frappant les Biélorusses, pour une durée de 4 mois. Cette levée survient pour plusieurs raisons, bonnes ou mauvaises.

 

 

La conjoncture…

Tout d’abord, les élections certes n’ont pas été super démocratiques. Quand un président est élu à 83% des voix et où le second fait de la figuration à 4% des voix, on a comme un soupçon d’échec démocratique. Mais elles n’ont pas été suivies d’une politique de répression, comme fin 2010. Elles surviennent « dans un climat apaisé » justifie Harlem Désir. Ensuite, la raison qui motivait ces sanctions a disparu. Les prisonniers politiques ont été libérés par le gouvernement Loukachenko, les derniers au mois d’août. Ce n’est pas un détail. Car le dispositif des sanctions ne peut en l’état perdurer. Un dispositif de sanctions déjà mis à mal. Depuis plusieurs mois, les tribunaux européens ont, très régulièrement, invalidé les sanctions frappant des Biélorusses, les estimant non prouvées. Et une vingtaine de personnes ont déjà été, discrètement, retirées de la liste noire de l’UE durant l’été, pour des raisons similaires (lire : La liste noire « Belarus » allégée de 24 noms).

… et la politique

A ces raisons, plus ou moins fondées juridiquement, s’ajoutent des considérations beaucoup plus politiques. La Biélorussie a joué un rôle, qu’on considère positif, à Bruxelles comme à Paris et à Berlin, dans la crise ukrainienne. En montrant une certaine équidistance entre Russes et Ukrainiens, avec qui Loukachenko entretient de bons rapports, en offrant sa capitale comme lieu de négociation qui a préludé aux deux accords de Minsk, la Biélorussie a tiré assez habilement son épingle du jeu. Minsk essaie également de ne pas dépendre totalement de Moscou et de se rapprocher de l’Union européenne, tout en gardant son lien privilégié avec la Russie. A cet égard, cela constitue un test de la nouvelle politique de voisinage oriental de l’UE, moins « agressive » à l’égard de Moscou, et plus réaliste. Terminée, la politique « idéaliste » mise en place fin 2013, où par la signature d’accords étroits, l’Europe entendait apporter la démocratie et l’économie de marchés aux pays les plus proches de la Russie. Du coup, le pouvoir largement autocratique de Loukachenko et la réduction à quasi-zéro de son opposition.

La découverte de la Realpolitik, un tournant par rapport à 2013

L’Europe, qu’on a souvent taxée de bisounours de la politique internationale, pratique ainsi une certaine RealPolitik, assez froide, un peu éloignée sans doute de la proclamation des valeurs démocratiques, mais sans doute plus concrète vis-à-vis de ses propres moyens. La Biélorussie représente ainsi à l’Est ce que l’Egypte représente au Sud : un subtil compromis entre la défense nécessaire des valeurs et la tout aussi nécessaire recherche de pôles de stabilité dans le voisinage. Le pari fait à Bruxelles est que, pas à pas, la politique de la main tendue, pourrait produire au final, plus d’effet que la grande politique d’accords d’association avec le voisinage oriental conclue en novembre 2013 qui a débouché davantage sur le chaos que sur la stabilité (cf. Ukraine ou Moldavie), tant au plan politique qu’au plan économique.

 

Article précédent sur le même sujet.

Repost 0
Published by bielorussie - dans Politique
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 18:00

Source : Le Monde 12/10/10

 

Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont donné leur feu vert, lundi 12 octobre, à une suspension provisoire des sanctions européennes contre la Biélorussie.

« Pour les quatre prochains mois, il y a la décision de suspendre les sanctions mais [elles] peuvent être remises en œuvre immédiatement si cela [est] justifié », a déclaré le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes Harlem Désir, à la sortie d’une réunion ministérielle à Luxembourg. Ces sanctions visent 175 personnes et 14 entités, dont les avoirs ont été gelés dans l’UE et qui sont privées de visas.

Cette décision fait suite au bon déroulement du scrutin présidentiel biélorusse de dimanche, lors duquel le président autoritaire Alexandre Loukachenko a été réélu pour un cinquième mandat avec plus de 83 % des voix. Selon l’UE, l’élection a eu lieu « dans un climat apaisé même si nous attendons les rapports des observateurs pour en avoir un bilan complet », a ajouté M. Désir.

« Pas une marionnette de Moscou »

Plusieurs facteurs ont également conduit à ce rapprochement avec l’Etat le plus autoritaire et le plus isolé d’Europe, allié de la Russie. Il y a d’abord eu la libération, le 22 août, des six derniers prisonniers politiques détenus dans les geôles biélorusses. Les Européens avaient alors désigné le scrutin présidentiel comme l’étape suivante.

Dans le domaine diplomatique, Alexandre Loukachenko s’est opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, avant de se rendre à la prestation de serment de son homologue ukrainien, Petro Porochenko, et de s’imposer comme un intermédiaire en accueillant les négociations de paix sur le Donbass de septembre 2014 et février 2015. « Il a démontré qu’il avait une vraie politiqueextérieure, qu’il n’était pas une marionnette de Moscou », expliquait dimanche un diplomate européen au Monde.

Concrètement, l’UE va d’ici la fin du mois reconduire pour quatre mois les sanctions, qui arrivent à expiration le 31 octobre. Mais elle va en même temps décider de les suspendre.
Une levée définitive des sanctions sera alors examinée par l’UE début 2016. « Nous avons dit que nous pouvons évaluer en début d’année prochaine, à la fin janvier », si les conditions sont réunies, a expliqué le chef de la diplomatieallemande Frank Walter Steinmeier.

L’UE s’accorde pour suspendre les sanctions contre la Biélorussie
Repost 0
Published by bielorussie - dans Politique
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 11:00
Kolia et son père, lors du vote le 11 octobre 2015

Kolia et son père, lors du vote le 11 octobre 2015

Source : 20minutes 12/10/15 

 

 

Beau parcours pour Nikolaï, alias Kolia : à onze ans, il a déjà siégé à l'ONU, rencontré Barack Obama, le pape Benoît XVI, le président chinois Xi Jinping et l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez. Le fils d'Alexandre Loukachenko, réélu ce dimanche pour un cinquième mandat à la tête de la Biélorussie après 21 ans au pouvoir, alimente les spéculations: est-il le successeur désigné pour diriger le pays ou utilisé  pour adoucir l'image d'autocrate de son père ?

Relation fusionnelle

En septembre, la photo du président biélorusse et de son fils aux côtés du président américain et de sa femme Michelle, a fait le tour des réseaux sociaux, notamment en Biélorussie. Auparavant, la présence de l'enfant dans les rangs de la délégation biélorusse à l'ONU avait également fait du bruit. Et dimanche lors de la présidentielle, c'est encore lui qui accompagnait son père et glissait dans l'urne le bulletin de vote.

La relation fusionnelle qu'entretient Alexandre Loukachenko avec son troisième fils est l'un des sujets les plus débattus en Biélorussie. Le chef de l'Etat a reconnu que Kolia était son troisième fils, conçu avec son médecin personnel, Irina Abelskaïa, et non avec sa femme Galina. Cette dernière est la mère de deux autres fils bien plus âgés: Viktor, 39 ans, conseiller auprès du président sur les questions de sécurité nationale, et Dmitri, 35 ans, qui dirige le club sportif présidentiel. L'existence de Kolia n'a été révélée qu'à ses trois ans, selon le site internet Partisan Bélarus.

Un sujet de plaisanterie

L'enfant est déjà connu pour le dédain dont il fait preuve à l'égard du petit personnel ou même de ses propres grands frères En 2008, le chef de l'Etat déclarait au journal populaire russe Komsomolskaïa Pravda que Kolia, alors âgé de quatre ans, ne se laissait nourrir et habiller que par son père.. Le journal d'opposition Belgazeta a récemment relevé que des images de la télévision publique montraient Kolia « faisant un geste étrange, avec une sorte de dédain, à ses grands frères Viktor et Dmitri » lors d'une cérémonie religieuse.

Depuis, l'enfant est devenu un sujet de plaisanterie. Mais de nombreux experts et la population biélorusse en général pensent qu'il est l'héritier appelé à diriger le pays quand son père aura passé la main. En 2012, Alexandre Loukachenko n'avait-il pas lui-même dit à Hugo Chavez qu'il y avait là « la personne qui prendra la suite de notre coopération dans 20 à 25 ans » ? Mais certains journalistes attribuent les apparitions répétées d’Alexandre Loukachenko avec son fils à une tout autre stratégie: suivre les conseils de communication donnés par le réalisateur britannique Timothy Bell, embauché en 2008 pour adoucir l'image de « dictateur » du président.

Certains Biélorusses estiment que le comportement du président Loukachenko à l'égard de son fils n'est pas normal et qu'il pourrait avoir des conséquences psychologiques désastreuses pour l'enfant. « Je pense qu'il s'agit d'un cas classique de paranoïa », résume, lapidaire, l'opposant numéro un au régime Mikola Statkevitch.       

Biélorussie : Le fils d’Alexandre Loukachenko est déjà une personnalité politique à 11 ans
Biélorussie : Le fils d’Alexandre Loukachenko est déjà une personnalité politique à 11 ans
Loukachenko et son fils à l'enterrement de Chavez en2013

Loukachenko et son fils à l'enterrement de Chavez en2013

Repost 0
Published by bielorussie - dans Politique
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 21:16

Source : Arte.fr 10/10/15

 

Alexandre Loukachenko n'a pas de soucis à se faire, il restera Président de la Biélorussie. Pourtant la contestation enfle, notamment chez les petits commerçants particulièrement malmenés : ils sont victimes depuis des années de fortes hausses de la fiscalité et de contrôles de plus en plus fréquents. Certains d'entre eux, excédés, ont accepté de témoigner. 

 

 

Repost 0
Published by bielorussie - dans Société
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 20:58

Source : Arte.fr 10/10/15

 

 

Enseigner et apprendre dans la clandestinité, c’est le choix courageux fait par dix professeurs et leurs élèves à Minsk.

 

Il y a 12 ans, les autorités biélorusses ont fermé leur lycée, y voyant un foyer de dissidents potentiels. Le tort de cet établissement ? Enseigner en biélorusse et transmettre des valeurs démocratiques. Un acte de résistance contre le régime autoritaire pro-russe du président Loukachenko, au pouvoir depuis 1994. Depuis sa fermeture, le lycée des Humanités a trouvé refuge dans une maison de la banlieue de Minsk où une cinquantaine de lycéens suit sa scolarité en cachette. Exceptionnellement, le directeur du lycée, Vladimir Kolas, a accepté de faire entrer une caméra dans son école. Elèves, professeurs, parents, nous les suivons dans leur quotidien. Nous partons aussi à la rencontre des anciens élèves qui sont venus grossir les rangs de l’opposition au pouvoir en place - 

Repost 0
Published by bielorussie - dans Société Opposition
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 20:39
Le président sortant du Bélarus, Alexandre Loukachenko, le 11 octobre 2015 à Minsk

Le président sortant du Bélarus, Alexandre Loukachenko, le 11 octobre 2015 à Minsk

Source : Libération 12/10/15

 

Le président sortant de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 21 ans, a obtenu un cinquième mandat à l’issue d’une élection d’où les principaux responsables de l’opposition étaient absents. Dans la nuit de dimanche à lundi, la commission électorale centrale a annoncé qu'Alexandre Loukachenko avait remporté la présidentielle avec 83,49% des voix.

Régulièrement accusé depuis des années de graves atteintes aux droits de l’Homme, de réprimer l’opposition et de museler la presse, Alexandre Loukachenko, 61 ans, a multiplié ces derniers mois les gestes de bonne volonté. L’Union européenne envisage en conséquence de lever les sanctions qui le frappent depuis 2011.

La présidente de la commission électorale centrale, Lidia Iermochina, a annoncé au cours d’une conférence de presse télévisée les résultats du scrutin, qui ont aussi été publiés sur le site internet de la commission. Il s’agit formellement de résultats préliminaires qui doivent encore être confirmés. Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, obtient un cinquième mandat avec le score le plus élevé qu’il ait jamais eu.

Les autorités biélorusses avaient fait un important effort pour garantir un taux de participation élevé, en organisant un vote anticipé qui avait commencé mardi. Plus d’un tiers du corps électoral de la Biélorussie, qui compte un peu plus de 7 millions d’électeurs avait voté avant la journée de dimanche. La commission électorale a indiqué que le taux de participation avait été de 86,75%.

Alexandre Loukachenko avait remporté la présidentielle de 2010 avec 79,6% des voix, un résultat contesté qui avait déclenché des manifestations massives de protestation. En 2006, il avait obtenu 83% des suffrages.

Le «petit père» de la Biélorussie

Cette année il était en concurrence avec trois candidats peu connus. Le candidat arrivé en deuxième position est Tatiana Korotkevitch, 38 ans, qui a obtenu 4,42% des voix, a indiqué la commission électorale. Les principaux dirigeants de l’opposition, empêchés de participer à l’élection, avaient appelé les électeurs à boycotter le scrutin.

Le niveau élevé de la participation annoncé par la commission électorale répond au souhait de M. Loukachenko de voir le scrutin reconnu par les Occidentaux, malgré les appels de l’opposition au maintien des sanctions.

Le vote a été surveillé par des observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (0SCE), mais l’opposition estime que le président avait déjà faussé l’élection en empêchant ses dirigeants de se présenter. Dès avant l’élection, les dirigeants de l’Union européenne envisageaient de lever les sanctions qui frappent depuis 2011 le président da la Biélorussie à la suite de la répression violente qui avait suivi sa réélection de 2010. Ils veulent notamment s’assurer qu'«il n’y a pas de nouvelles arrestations d’opposants, pas de violence, pas de persécution de la presse», a expliqué un diplomate à l’AFP.

Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a effectivement multiplié les gestes de bonne volonté ces derniers mois. Il a notamment libéré les derniers prisonniers politiques de la Biélorussie, dont l’opposant numéro un Mikola Statkevitch, relâché fin août après cinq ans de prison. Ce geste a été apprécié par Bruxelles, qui s’est donné jusqu’à la fin du mois pour décider de la suite à donner aux sanctions.

Aucun des poids lourds de l’opposition démocratique n’avait été autorisé à se présenter au scrutin, leurs candidatures ayant été rejetées par la commission électorale centrale pour diverses raisons. Convaincu que sa libération avait pour but d’amadouer les Occidentaux, Mikola Statkevitch a appelé au maintien des sanctions.

Une «dictature douce»

«S’ils sont ensemble avec ce criminel, alors on pourra dire que la démocratie vantée (par l’UE, ndlr), ce n’est que des mots», a-t-il estimé. Le nouveau prix Nobel de littérature, l’écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, a elle aussi appelé l’UE à éviter tout rapprochement avec celui qui se fait appeler «batka», le «petit père» de la Biélorussie. «Tous les quatre ans, de nouveaux responsables européens viennent au pouvoir et pensent pouvoir régler le problème Loukachenko sans savoir qu’il est un homme indigne de confiance», a-t-elle déclaré, qualifiant son régime de «dictature douce».

Avant le scrutin, seule une des trois adversaires de Alexandre Loukachenko, Tatiana Korotkevitch, a fait un semblant de campagne. «Ici, le président a des tonnes de pouvoirs, allant de la sécurité à l’économie. Des pouvoirs qu’une personne portant une jupe ne peut pour le moment obtenir», a lancé Alexandre Loukachenko après avoir déposé son bulletin dans l’urne au côté de son fils de 11 ans, Nikolaï.

Depuis le début de la crise ukrainienne, Alexandre  Loukachenko a manoeuvré habilement en s’imposant comme médiateur entre la Russie et l’Union européenne, ou encore en accueillant à Minsk des pourparlers de paix entre Kiev et séparatistes prorusses.

 

Article précédent sur le même sujet 

Repost 0
Published by bielorussie - dans Politique
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 19:00

Source : Libération 11/10/15

 

 

En Biélorussie, les élections se suivent et ne changent rien.

 

 

C’est jour d’élection ce dimanche en Biélorussie. Un jour de vote dont tout le monde sait qu’il se terminera par l’annonce, en fin de soirée, de la réélection, pour un cinquième mandat – désormais de sept ans – du président, Alexandre Loukachenko, un homme de 61 ans, au pouvoir depuis vingt et un ans.

Alibi démocratique

L’ancien directeur de kolkhoze, à l’époque soviétique, ne craint pas la concurrence. Après le scrutin de 2010, il a fait enfermer les sept opposants qui s’étaient présentés contre lui. Mikola Statkevitch, le dernier d’entre eux et le plus connu, condamné pour «troubles massifs» – comprendre la contestation des résultats du vote, jugés frauduleux –, a quitté sa prison fin août. Aucun opposant historique n’a voulu cette fois tenter sa chance, à l’exception d’une jeune femme de 39 ans, Tatiana Korotkevitch, à qui l’opposition reproche de servir d’alibi démocratique au régime.

La Biélorussie est sous le coup de sanctions européennes. Ses dirigeants sont interdits de séjour dans l’espace Schengen. Mais ils n’en ont cure. Loukachenko a su jouer de manière habile et garder la neutralité de son pays dans le conflit qui oppose, à ses portes, l’Ukraine et la Russie. Quoique russophile, il n’a pas soutenu Poutine dans son aventure militaire. Il est même devenu incontournable en jouant les facilitateurs dans les négociations entre Russes et Ukrainiens, loyalistes comme rebelles. Les deux cessez-le-feu conclus dans le conflit ukrainien, le premier en septembre 2014, le second en janvier 2015, ont été conclus à Minsk. Et le paria Loukachenko a reçu dans ses murs Hollande et Merkel.

 

Jurassik Park du communisme

Les sanctions européennes n’ont pas réussi à briser le régime du colosse moustachu, qui vit dans une économie largement étatisée et tournée vers le marché russe. Il subit donc les contrecoups de la crise qui affecte son puissant voisin, en raison des sanctions et de la baisse du prix du pétrole. La population (9 millions d’habitants) vivote dans une sorte de Jurassic Park du communisme, mais elle a l’impression d’avoir échappé aux pires phénomènes qui ont touché ses voisins : la guerre et l’émergence d’oligarques sans merci. A côté de la répression, qui décourage les éléments les plus dynamiques de la société, c’est donc l’immobilisme qui expliquerait le mieux la survivance de ce surprenant régime où on trouve encore des kolkhozes et même des sovkhozes. Les salaires et les retraites sont bas, mais ils sont payés, et les soins de santé restent accessibles à tous.

Quoique russophile, Loukachenko est obsédé par l’idée d’indépendance de son pays. S’il a un jour plaidé en faveur d’une union russo-biélorusse, c’est parce qu’il espérait y jouer un rôle, voire le rôle de premier plan, et non de faire de la figuration comme un junior partner,comme l’aurait voulu le président russe, Vladimir Poutine. Aujourd’hui, l’homme pense à l’avenir. Ce serait son fils Kolia, un gamin de 11 ans, qu’il a emmené avec lui à la dernière session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, en octobre 2013.

Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, en octobre 2013.

Repost 0
Published by bielorussie - dans Politique
commenter cet article
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 09:05

Source : TV5 Monde 08/10/15

 

 

Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko s'est dit "sincèrement content" du prix Nobel de littérature obtenu jeudi par Svetlana Alexievitch, pourtant une critique virulente de son régime autoritaire qui l'a ostracisée.

"Non seulement les Bélarusses, mais le monde entier n'est pas resté insensible à votre oeuvre. Je suis sincèrement content de votre succès", a déclaré Alexandre Loukachenko dans un communiqué diffusé par son service de presse.

"J'espère énormément que votre prix servira notre Etat et le peuple bélarusse", a-t-il ajouté.

Le communiqué précise qu'Alexandre Loukachenko a souhaité "la santé, le bonheur et de nouvelles oeuvres au profit du peuple bélarusse" à la nouvelle prix Nobel.

Svetlana Alexievitch, auteur d'une importante oeuvre de témoignage sur les horreurs de la guerre d'Afghanistan ou la catastrophe de Tchernobyl, a reçu jeudi le prix Nobel de littérature pour son "oeuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque", selon l'Académie des Nobels.

"C'est une récompense non seulement pour moi, mais aussi pour notre culture, pour notre petit pays qui a toujours vécu comme entre des pressoirs", a déclaré l'écrivaine au cours d'une conférence de presse à Minsk.

"Les autorités bélarusses prétendent que je n'existe pas, et le président bélarusse aussi", a-t-elle également affirmé, précisant au quotidien suédois Svenska Dagbladet qu'avec ce prix, le régime de Minsk "va être obligé de m'écouter".

Svetlana Alexievitch a notamment travaillé pendant plus de 10 ans sur "La Supplication", un livre fait de témoignages des "liquidateurs" de Tchernobyl -- les milliers d'hommes envoyés sur le site -- et d'autres victimes de ce drame. 

Le livre a été interdit au Bélarus, l'un des pays les plus touchés par les conséquences de la catastrophe nucléaire, où le sujet est tabou.

Le régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, empêche également les apparitions en public de l'écrivaine à Minsk, où elle vit une partie de l'année.

Repost 0
Published by bielorussie - dans Politique
commenter cet article
8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 17:29
Le prix Nobel de littérature attribué à la Biélorusse Svetlana Alexievitch

Source : Le Monde 08/10/15

 

En attribuant le prix Nobel de littérature à la Biélorusse Svetlana Alexievitch, qui faisait figure de grande favorite, l’académie suédoise récompense une auteure qui a la passion du réel. De livre en livre, cette écrivaine engagée, née en Ukraine en 1948, dénonce la guerre, la violence, le mensonge dont fut tissée l’histoire de l’ancien empire soviétique. Première femme de langue russe à recevoir cette récompense, elle prend la suite de Pasternak (1958), Soljenitsyne (1970) et Brodsky (1987).

 

Son œuvre forte et cohérente chemine à la lisière du documentaire. Les livres de Svetlana Alexievitch – six à ce jour – sont bâtis à partir de récits, tous patiemment collectés, dans un souci de vérité et de justesse. « Je vais vers l’homme pour rencontrer son mystère », dit-elle, « d’âme à âme, parce que tout se passe là ». Svetlana Alexievitch n’a jamais recours à la fiction : seul le récit lui paraît être véritablement à la hauteur de ce qui arrive. Elle en donne la preuve dès son premier ouvrage, La guerre n’a pas un visage de femme, publié en 1985, rassemblant les souvenirs des combattantes de la seconde guerre mondiale. Rompant avec la geste héroïque, l’ouvrage fait entendre la vérité de cette « inhumaine besogne humaine » qu’est la guerre. Il est jugé « antipatriotique, naturaliste, dégradant » par les pouvoirs en place. Mikhaïl Gorbatchev, malgré la polémique, n’interdit pas le livre. Il se vend en URSS à plusieurs millions d’exemplaires.
 

 

« Sculpter une époque »

Mais c’est Les Cercueils de zinc (1989), consacré au retour d’Afghanistan, qui la mène devant la justice en même temps qu’il la fait connaître en Europe. Sept ans plus tard, La Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’Apocalypse, traduit en dix-sept langues, – et à ce jour encore interdit en Biélorussie –, donne la pleine mesure de son talent : un chœur d’hommes et de femmes y raconte le calvaire subi après l’accident nucléaire. Magistrale polyphonie que l’on retrouve dans son dernier ouvrage en date, La Fin de l’homme rouge (2013, prix Médicis essai), consacré à cet « homo sovieticus » qu’il s’agit de sauver du mensonge et de l’oubli en en racontant les rêves, les épreuves et surtout le tragique destin. « Sculpter une époque », voilà ce qui importe à l’écrivaine, rendre ses spasmes et ses tremblements. Non pas l’histoire, telle que consignée dans les archives et les chroniques autorisées, mais « l’histoire des émotions, de l’esprit, de l’expérience humaine ».

 

Fille d’instituteurs qui l’ont inscrit aux Komsomols (les Jeunesses communistes), élevée dans une petite ville, Svetlana Alexievicth a fait des études de journalisme en Biélorussie. Très critique du régime d’Alexandre Loukachenko qui préside aux destinées de son pays depuis plus de vingt ans, elle vit aujourd’hui à Minsk, après un long séjour à Berlin.
 
 

« Ne pas faire de concessions devant un pouvoir totalitaire »

La Biélorusse Svetlana Alexievitch a déclaré éprouver une « grande joie » après être devenue prix Nobel de littérature et a appelé à « ne pas faire de concessions devant un pouvoir totalitaire ». « C’est une récompense non seulement pour moi, mais aussi pour notre culture, pour notre petit pays qui a toujours vécu comme entre des pressoirs », a-t-elle déclaré au cours d’une conférence de presse à Minsk organisée dans les locaux d’un journal d’opposition. « J’aime le monde russe, bon et humaniste, devant lequel tout le monde s’incline, celui du ballet et de la musique […] « Mais je n’aime pas celui de Béria, Staline, Poutine et Choïgou, cette Russie qui en arrive à 86 % à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, à rire des Ukrainiens et à croire qu’on peut tout régler par la force ». Devenir un prix Nobel de la littérature « est une grande joie personnelle », a-t-elle conclu.

 

Article précédent sur le même sujet

L'annonce du Prix Nobel de littérature 2015

Reportage d'Euronews

Repost 0
Published by bielorussie - dans Société
commenter cet article
30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 21:00

Source : Nasha Niva 30/0915 (article traduit)

 

 

Les militants ont déposé des fleurs au monument national et allumé des bougies, lu des prières et chanté l'hymne "Dieu puissant."

 

Dans la forêt de Kurapaty la mémoire des victimes de la répression politique a été honoré. Ont participé à l'action les militants du mouvement "dans la défense de Kurapaty," les militants sociaux (syndicalistes ?), ainsi que l'artiste Alex Marachkin, le sculpteur Ales Shaterkin et le leader du mouvement de solidarité "Ensemble" Vyachyslaw Siuchyk, rapporte "Radio Svaboda".

"Il est une menace pour l'indépendance de la Biélorussie de la part du régime de Poutine en Russie. Par conséquent, cette action est beaucoup plus significative que la farce électorale. Après tout, nous espérons que tôt ou tard la puissance biélorusse prévaudra. Dans ce cas, nous devrons commémorer la mémoire des victimes de répressions politiques, "- déclare Sioutchik.

Les intervenants ont rappelé que le régime stalinien n'a pas été condamné en Biélorussie, et les autorités ont omis de se conformer à la réglementation gouvernementale et n'ont pas installé de Memorial au sein de la forêt de Kurapaty où repose  les restes de citoyens innocents torturés. Par conséquent, les actes de vandalisme, la destruction de zones protégées de Kurapaty symbolisent la continuation des crimes du stalinisme à travers nos jours.

L'artiste Marachkin dans son discours a souligné l'importance d'honorer la mémoire des victimes dans Kurapaty.

L'évènement a été surveillé par la police en civil.

 

 

Repost 0
Published by bielorussie - dans Opposition
commenter cet article

Présentation

  • : Actualité de Biélorussie
  • Actualité de Biélorussie
  • : Jeune passionné par l'Europe de l'Est, je prends le temps de réunir l'essentiel de l'actu francophone sur la Biélorussie. L'objectif éviter que ce pays reste "un trou noir informationnel"...
  • Contact

Recherche

Catégories

devenir contributeur du blog ? Inscrivez-vous !

rendez-vous à la rubrique contact