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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 20:07

Source : Courrier International 20/09/15

 

En réformant la langue biélorusse, le régime vise les médias et les groupes d’opposition qui l’utilisent.

 

Le président Loukachenko a ordonné au ministère de l’Education nationale de mettre à jour l’alphabet et la ponctuation de la langue biélorusse, rappelant que celle-ci est toujours régie par des règles édictées en 1957. Dans un monde où tout est voué à être amélioré, il est impensable que la langue soit une exception, a-t-il expliqué. Rappelons qu’Alexandre Loukachenko ne s’exprime que rarement dans la langue de son pays, parce qu’elle ne lui permet pas de “transmettre sa pensée dans toute sa profondeur et ses nuances”, il préfère le russe.
Selon les spécialistes, la réforme envisagée consiste tout simplement à russiser la langue biélorusse, en gommant ses particularités. Mais la question de la langue dans ce pays est profondément politique. Les règles de la langue écrite biélorusse ont été définies, au début du siècle, par le philologue Bronislav Tarachkevitch, d’où son nom de tarachkevitsa (ou trachanka). Cette langue-là a été interdite par Staline en 1933, au profit du russe. Dans les années 1990, après la proclamation de l’indépendance de la République, la tarachkevitsa a été remise au goût du jour et un ambitieux programme de synthèse de la langue biélorusse, conciliant son passé et son présent, a été mis en place.

En 1994, peu après son arrivée au pouvoir, Loukachenko a estimé qu’il y avait des choses plus importantes à faire dans le pays que s’occuper de la langue. Aujourd’hui, ce sont les partis, associations, personnalités d’opposition qui continuent d’utiliser la tarachkevitsa, ainsi que les rares médias non officiels. Cela n’a pas échappé au pouvoir. “Il ne s’agit pas d’une quelconque réforme de la langue, mais d’une interdiction pure et simple de la tarachkevitsa ainsi que des supports qui l’utilisent”, estime le linguiste Dmitri Savka. Le président de la Société de défense de la langue biélorusse, Oleg Troussov, n’attend, lui non plus, rien de bon de ces réformes. “En deux mots, il faudra mettre un ‘P’ majuscule au mot président, voilà l’essence de la réforme, ironise-t-il. En revanche, des journaux qui continuent à utiliser la trachanka, comme Nacha Niva (opposition), seront interdits.”
Certains linguistes ont également trouvé curieux de ne pas avoir été consultés sur cette “révision” de la langue biélorusse, entièrement confiée aux fonctionnaires du ministère de l’Education nationale. Une fois établies, les nouvelles règles linguistiques seront soumises à Alexandre Loukachenko et validées par oukaze présidentiel.

 

 

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Merci pour la réforme de l’éducation", ou devrais-je dire "Mairssi pour la raiphorm de l’èdukassion"

Merci pour la réforme de l’éducation", ou devrais-je dire "Mairssi pour la raiphorm de l’èdukassion"

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 19:50

Source : Sputniknews.com 20/09/15

 

Sur fond d'activité accrue de l'Otan près des frontières russes, Moscou prépare une réponse adéquate, souhaitant créer une base aérienne en Biélorussie.

 

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné aux ministères russes de la Défense et des Affaires étrangères de signer un accord sur la création d'une base aérienne en Biélorussie. Le document correspondant a été publié sur le portail officiel d'informations juridiques.

 

"Accepter l'ordre du gouvernement russe visant à signer un accord entre la Russie et la Biélorussie sur la création d'une base aérienne russe en Biélorussie", prescrit le document.

En octobre dernier le général-colonel Viktor Bondarev, commandant en chef de l'Armée de l'air russe, a déjà déclaré que la Biélorussie accueillerait en 2016 une base aérienne russe qui abriterait des chasseurs Su-27. Selon lui, la base serait déployée sur le territoire de l'aérodrome militaire de la ville de Bobrouïsk (centre).

Le déploiement d'un régiment aérien russe sur un aérodrome biélorusse est une réaction logique de Moscou à l'expansion de l'Otan vers l'est. Auparavant, la Russie avait déclaré à plusieurs reprises que l'Alliance intensifiait son activité près des frontières russes.

Selon le ministère de la Défense, l'Otan y a augmenté de neuf fois le nombre de ses vols de reconnaissance en 2015. Le nombre d'exercices militaires près de la frontière russe a également accru de 95 à 150 au cours des dernières années, précise le ministère.

En outre, début septembre, l'Alliance a ouvert des sièges dans six pays d'Europe orientale, en lien avec le déploiement des forces de réaction rapide, à savoir en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne, en Bulgarie et en Roumanie. Si les forces comptaient auparavant près de 13.000 effectifs, leur nombre actuel se chiffre à 30.000.

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 20:16
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko en août 2014.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko en août 2014.

 

A un mois et demi de l’élection présidentielle, le leader biélorusse, candidat à sa succession, compte s’attirer les bonnes grâces de l’Union européenne.

 

 

Alors que s’est ouverte cet été la campagne électorale pour l’élection présidentielle du 11 octobre, six prisonniers biélorusses considérés comme “politiques” par les organisations internationales de défense des droits de l’homme ont été libérés samedi 22 août, dans la soirée, sur ordre du président Alexandre Loukachenko.

Parmi eux, l’ancien candidat à la présidentielle de décembre 2010, Nikolaï Statkevitch, 59 ans, leader du Parti social-démocrate de Biélorussie – aujourd’hui dissous.
 
Comme le rappelle le site d’information biélorusse d’opposition Bielorousski Partizan, Nikolaï Statkevitch avait été arrêté lors des manifestations dénonçant la falsification des résultats du scrutin de 2010 et condamné à six ans de réclusion pour “organisation de désordres massifs”. Il devait sortir de la colonie pénitentiaire de Moguilev le 20 décembre 2016.

“La dictature n’a plus d’argent”

 
Entre 500 et 700 supporters en liesse ont accueilli l’opposant à son arrivée à Minsk, selon le même site. Il a estimé que Loukachenko avait pris la décision de libérer des prisonniers d’opinion“parce que la dictature n’a plus d’argent”. En effet, comme l’analyse le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta, c’est la dégradation de la situation économique du pays, notamment à cause de la chute du rouble russe, qui aurait en partie dicté cette décision au leader biélorusse, afin d’obtenir les bonnes grâces de l’Union européenne, au cas où la Russie ne pourrait pas subventionner l’économie biélorusse autant qu’auparavant. Selon le titre, “Loukachenko essaiera de plaire à celui qui lui octroiera des crédits le premier”.

 

Satisfaction de l’UE

 
Le geste du président biélorusse a été salué par les dirigeants des diverses instances de l’Union européenne et qualifié de “pas effectué dans la bonne direction” indiquant “un progrès dans les efforts pour améliorer les relations entre l’UE et la Biélorussie”. Les Européens “espèrent que le déroulement du scrutin présidentiel fera la démonstration que les autorités biélorusses sont prêtes pour la démocratisation du pays”, conclut la Nezavissimaïa Gazeta.

Dès son arrivée à Minsk, Statkevitch a annoncé qu’il reprenait “la lutte”. Cependant, l’opposition biélorusse a déjà désigné comme son candidat unique à la présidentielle une femme encore peu connue de l’opinion publique, Tatiana Korotkévitch. L’ancien détenu devrait prendre la tête du mouvement pour le boycott du scrutin, ce qui, selon  le quotidien en ligne russe Gazeta.ru, ne devrait pas faciliter la tâche de la jeune candidate. En revanche, cela pourrait servir les intérets d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994.

 

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 20:32

Source : Courrier International 18/08/15

 

 

Ce week-end, le président biélorusse a consacré une heure et demie de son temps à récolter des pommes de terre dans le champ de 1 800 m2 attenant à sa résidence officielle des Merles, au nord-ouest de Minsk. Avec l’aide de son fils Nikolaï et “un groupe de camarades”, il a rempli 70 sacs de tubercules, qui seront prochainement livrés à des maisons de retraite et des orphelinats du pays, relatent les agences de presse biélorusses Naviny-by et BelTa.

Le chef de l’Etat a également entrepris la récolte des pastèques et des melons dont il a lancé la culture sur son domaine l’année dernière, afin de montrer que ce type de cucurbitacées pouvait pousser en Biélorussie et d’encourager ses concitoyens à les cultiver.

Le mois dernier, le leader biélorusse, qui fut chef de kolkhoze avant d’accéder à la présidence, avait donné des leçons de fauchage manuel à l’acteur français devenu russe Gérard Depardieu dans une autre de ses résidences. Selon la presse locale, c’est ainsi qu’il avait lancé sa campagne électorale : en octobre, il sera en effet candidat à sa propre succession pour un cinquième mandat.

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 20:34

Source : La Depeche 24/07/15

 

 

Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko a invité hier Gérard Depardieu dans sa résidence présidentielle, une visite pendant laquelle l'autoritaire dirigeant a appris à l'acteur français à faucher les foins à la main.

Sur des photos et une vidéo diffusées par les autorités de cette ex-république soviétique nichée entre la Russie et la Pologne, on aperçoit les deux hommes s'attelant aux travaux des champs. Gérard Depardieu a déclaré : «Là où je suis allé, c'est merveilleux on dirait la Suisse. Je vois que les gens sont heureux, calmes, et que ce pays doit être très agréable à vivre».

Arrivé au pouvoir en 1994, Alexandre Loukachenko est considéré par de nombreux observateurs et défenseurs des droits de l'homme comme un dirigeant autoritaire et peu respectueux des libertés.

Depardieu fait les foins avec l'autocrate biélorusse Loukachenko

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 15:51
RSF dénonce l’alarmante mise au pas d’Internet par les autorités bélarusses

Source : Reporters sans frontières 24/12/14

 

 

Plusieurs sites indépendants sont bloqués au Bélarus depuis le 19 décembre 2014. Dans le même temps, des amendements à la loi sur les médias, prévoyant un contrôle strict par les autorités des informations échangées, notamment sur Internet, ont été ratifiés le 20 décembre par le président Alexandre Loukachenko, juste après une adoption en catimini par le Parlement.

Alors que la marge laissée à la liberté de l’information était déjà très faible au Bélarus, elle s’est encore réduite de manière drastique face à la volonté des autorités de contrôler les informations circulant sur Internet. De nouveaux amendements à la loi sur les médias, renforçant notamment le contrôle du ministère de l’Information sur Internet, ont été adoptés en catimini par le Parlement les 17 et 18 décembre 2014 avant d’être ratifiés par le président bélarusse Alexandre Loukachenko le 20 décembre. Pendant ce temps, et dans un contexte économique tendu, plusieurs sites d’informations indépendants ont été bloqués les 19 et 20 décembre.

Blocage de la majorité des sites d’information indépendants bélarusses

Alors que le 19 décembre 2014, le gouvernement a mis en place une série de mesures pour contrer la très forte dévaluation du rouble bélarusse en instaurant notamment une taxe "temporaire" de 30 % sur l’achat de devises étrangères et en interdisant l’augmentation des prix, la ministre de l’Information Lilya Ananitch a demandé le même jour aux médias bélarusses d’adopter la ligne officielle pour couvrir l’actualité économique du pays. Peu après cette annonce, la majorité des sites indépendants ont été bloqués.

Ce blocage massif des sites sans explication du pouvoir ni décision de justice est à la fois illégal et illégitime, dénonce Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de Reporters sans frontières. Ce n’est pas en censurant le débat public que la situation économique s’améliorera et que le risque de panique populaire disparaîtra. Bien au contraire. Nous appelons dés lors les autorités à répondre de leurs actes. L’accessibilité de ces sites, plus nécessaires que jamais aux citoyens en situation de crise, doit être rétablie sans délai.

Le 19 décembre, les sites d’information indépendants charter97.org, belaruspartisan.org et gazetaby.com ont été bloqués par Beltelekom, l’opérateur national de télécommunications appartenant à l’Etat, qui contrôle la bande passante. Cependant, ce dernier a nié toute implication et a invoqué une attaque DDoS.

Le lendemain, outre UDF.BY, zautra.by, et 21.by, les trois sites de l’agence d’information BelaPAN, belapan.by, belapan.com et naviny.by ont été également bloqués, en raison de leurs articles critiques envers la politique économique du gouvernement. Le 21 décembre, leur hébergeur privé hoster.by a changé leurs adresses IP afin de contourner le blocage, mais en début d’après-midi, ces nouvelles adresses étaient à leur tour bloquées. Ales Lipaï, le directeur de BelaPan a dénoncé cet acte de censure et a envoyé aux autorités plusieurs lettres, restées pour l’instant sans réponse, pour obtenir des explications. Selon lui, un tel blocage ne peut avoir eu lieu que sur ordre du pouvoir. Alors que les trois sites de l’agence sont toujours bloqués, belapan.com et naviny.by ont à nouveau contourné le blocage et repris leur activité le 22 décembre.

Treize sites d’achat en ligne sont également bloqués depuis le 20 décembre pour avoir indiqué leur prix dans une devise autre que le rouble bélarusse.

La légalisation de la cybercensure

Dans un tel contexte de cybercensure, le président bélarusse Alexandre Loukachenko a ratifié, le 20 décembre 2014, les amendements à la loi sur les médias prévoyant un contrôle accru des autorités sur les informations échangées au Bélarus, et notamment sur Internet. Ils entreront en vigueur le 1er janvier 2015.

Adoptés en catimini en première et deuxième lecture le 17 décembre 2014 par la Chambre basse du Parlement bélarusse, puis votés par la Chambre haute le lendemain, ils vont à l’encontre des attentes de tous les professionnels des médias qui réclamaient, entre autres, l’octroi d’un statut légal aux journalistes freelance et la simplification des procédures d’enregistrement et d’accréditation des médias.

Ce nouveau texte de loi fournit aux autorités les instruments nécessaires pour bloquer désormais de manière systématique les sites d’information et les blogs qui pourraient les gêner, s’indigne Virginie Dangles, adjointe à la direction des programmes de RSF. C’est une véritable déclaration de guerre qui est faite à Internet et à la liberté qu’elle offre aux cinq millions d’internautes bélarusses, sans que la société bélarusse n’ait eu la possibilité d’en débattre.

Alors que le projet de loi, publié seulement après son adoption par le Parlement, le 19 décembre 2014, n’apporte pas les précisions nécessaires quant aux modalités de son application, Andreï Bastounets, le président adjoint de l’association des journalistes bélarusses (BAJ), partenaire de RSF, dénonce une procédure d’adoption à la hâte qui vise à éviter un débat public.

Selon la nouvelle loi sur les médias, les sites d’informations, les blogs et autres ressources Internet diffusant des informations seront désormais assimilés aux médias traditionnels, sans obligation d’enregistrement, et seront à ce titre placés sous la surveillance du ministère de l’Information. Ce dernier pourra ainsi adresser des avertissements officiels à tous les sites accessibles sur le territoire bélarusse publiant des contenus informatifs jugés illégaux, et à obliger les sites en question à les retirer et à publier les corrections demandées dans les 24 heures qui suivent la réception de l’avertissement. Le ministère pourra également restreindre l’accès aux sites ayant reçu deux avertissements, ou plus, en moins d’un an. La liste des informations jugées illégales a été étendue par la même occasion : outre les informations “en faveur de la guerre, de l’extrémisme, ou à caractère pornographique, violent, cruel”, sont désormais jugées illégales également celles “pouvant porter préjudice aux intérêts de la nation Bélarusse”.

La loi prévoit également la création de deux registres pour les “distributeurs” d’informations écrites, et audiovisuelles, y compris les propriétaires de ressources Internet publiant ou relayant des informations. Ces derniers devront adresser une requête au ministère de l’Information afin d’être inclus dans les registres. Sans enregistrement, ces “distributeurs” ne pourront pas exister légalement. En outre, ceux qui auront pu être inscrits et qui auront reçu deux avertissements en moins d’un an seront rayés de ce registre et perdront leur droit de “distributeur” d’information. Les distributeurs de contenus audiovisuels, y compris sur Internet, devront également informer le ministère de toute modification de leur programme de diffusion deux jours à l’avance.

Toujours dans l’optique de "protéger le Bélarus et ses citoyens d’informations contraires à leurs intérêts” selon les mots de la ministre de l’Information, les nouvelles dispositions prévoient également que la part des actions détenues par des étrangers dans les médias sera réduite de 30 à 20% afin de préserver le pays “des influences étrangères destructives”.

Peu avant le blocage de Charter97, le 19 décembre, Natalia Radzina, rédactrice en chef du site, confiait à Reporters sans frontières : “La loi sur les médias-Internet est directement dirigé contre Charter97, le site indépendant bélarusse le plus populaire (...).” Charter97 était inaccessible dans tous les lieux publics depuis 2011. Le 4 décembre, le ministre des Affaires intérieures Igor Chounevitch avait fait part de sa volonté de bloquer tous les sites ayant un accès restreint au nom de la lutte contre le narcotrafic.

Le Bélarus occupe la 157e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 15:42

Source : ActuaLitté 08/02/14

 

Ihar Lohvinau, libraire et éditeur, sous le coup de l'injustice

Ihar Lohvinau est propriétaire en Biélorussie d'une maison d'édition et d'une libraire. Il fait actuellement face à des poursuites engagées par le ministère de l'information, pour la mise en vente de livres, au prétexte qu'ils n'ont pas été enregistrés. En trame de fonds, les ouvrages évoquent des brutalités policières, sujet particulièrement sensible.

 

Le procès pourrait aboutir à une lourde amende et la fermeture de l'établissement, que l'International Publishers Association (IPA) décrit comme « une plaque tournante vitale pour la fragile communauté littéraire du pays ». C'est que depuis 2000, l'éditeur biélorusse, avec Lohvinau Publishing House, dispose de 700 titres en catalogues, de littérature, d'histoire, de politique et d'art.

En face, la Biélorussie n'incarne pas vraiment un modèle de démocratie et les opposants au président Alexandre Loukachenko n'ont pas voix au chapitre. Suite à sa réélection, avec presque 80 % des voix, l'homme a vu le suffrage de décembre 2010 très contesté, mais a répondu par des emprisonnements. D'autres dérives autoritaires lui sont reprochées, et, si l'Occident dénonce régulièrement ses malveillances, la Russie lui a apporté un plein et entier soutien.

Ihar Lohvinau avait reçu de l'IPA le prix de la liberté d'édition en 2014, mais depuis octobre 2013, le procès qu'il subit lui a retiré son permis de publier des livres. Il aurait contrevenu aux règles accordant des licences de publication, un comportement pointé par l'IPA comme « une tentative politique pour étouffer un créateur courageux et faire taire la voix de la liberté et d'ouverture d'esprit en Biélorussie ».

Sa fille Alexandra avait reçu le prix à sa place, et promis de « continuer à publier des travaux importants, tout en opérant dans la dernière dictature d'Europe », assurait l'IPA.

Pourtant, la procédure a quelque chose de kafkaïen, dans ses méthodes bureaucratiques. Le libraire-éditeur a en effet déposé une demande d'enregistrement auprès de l'État à huit reprises, mais toutes ont été rejetées pour des prétextes assez creux. Mieux : dans le registre de la censure biélorusse, on note qu'un des livres de l'éditeur, paru en 2011, fait l'objet d'une condamnation ferme. Il présente différentes photos de manifestants opposés au président, et victime d'une répression policière forte. Le livre fut saisi, et le ministère de l'information mène la vie dure à l'éditeur.

En s'appuyant sur la législation qui condamne toute parution de documents qualifiés d'extrémistes, le gouvernement est donc parvenu à interdire l'ouvrage, et l'activité de l'éditeur. Ihar a lancé des requêtes, et déposé plainte pour regagner sa licence d'éditeur, mais en vain. Il a par la suite déménagé son entreprise en Lituanie, mais s'est de nouveau heurté aux autorités biélorusses, après un audit inattendu.

Aujourd'hui, le procès dans lequel il est engagé, et qui se poursuivra ce 9 janvier, démontre le harcèlement dont est victime l'éditeur. Il risque une amende d'un milliard de roubles, mais, comme le note l'IPA, « Ihar Lohvinau a juré de continuer à se publier des ouvrages importants en biélorusse, comme il se bat pour son propre droit et pour la liberté d'expression ».

Le PEN, centre international regroupant des auteurs de tous pays, a appelé les ministres biélorusses à se saisir de cette affaire pour démontrer que le pays est bien entré dans une période de liberté. Cet octroi de licences pour la publication de livres doit être révisé, car elle représente « une menace pour le développement littéraire ». Cette dernière contraint en effet les éditeurs à s'inscrire auprès du ministère de l'Information.

 

Ihar Lohvinau

Ihar Lohvinau

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 15:24

Source : La Montagne 12/01/15

 

L’épouse de Michel Renaud, tué dans l’attentat à Charlie Hebdo, a choisi de témoigner devant les journalistes à l'issue de la manifestation de dimanche.

 

Elle est arrivée entourée de membres de sa famille et de Gérard Gaillard, secrétaire de l’association organisatrice du Rendez-vous du carnet de voyage, qui était au côté de Michel Renaud, mercredi à Charlie Hebdo.

Gala Renaud tenait par la main Vassilissa, leur petite fille, blottie contre sa maman. Toutes les deux, très dignes et se sont laissées photographier. Gala, alors, a commencé à raconter qui était « l’homme le plus merveilleux du monde ».

« C’était l’homme de ma vie, le papa de ma fille », a-t-elle ajouté. Elle a raconté les voyages dont Michel Renaud avait la passion. « Il voulait voir le monde, il voulait voir les gens. C’est l’humain qui l’intéressait ». Celui qui a été assassiné en plein Paris mercredi dernier avait parcouru « tant de pays dangereux: la Jordanie, la Syrie, le Yémen; la Corée du Nord, la Russie, l’Asie centrale ». Le Kirghizistan, leur « projet de famille » pendant un an. « Nous étions très très heureux ».

Michel Renaud, a rappelé sa veuve, était aussi un journaliste diplômé. « Il a toujours écrit; c’était sa passion , sa profession. La Terre entière l’intéressait ».

Gala Renaud se rappelle leurs discussions géopolitiques elle qui, originaire du Biélorussie, avait parfois une autre analyse que lui. Elle parle d’un homme « exigeant avec les autres mais aussi avec lui-même ». Quelqu’un qui aimait tous les plaisirs de la vie, le théâtre, la culture... « Sa joie de vivre nous manque. Nous avons perdu un être cher qui ne reviendra jamais ».

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 14:21

Source : Boursorama 07/01/15

 

 

La Biélorussie a pris de nouvelles mesures, jeudi, pour parer aux difficultés économiques venant de son grand voisin russe, et dévaluant sa monnaie d'environ 7%, pour la deuxième fois de la semaine, et relevant son principal taux de refinancement.    

Certaines ex-républiques soviétiques pâtissent des problèmes économiques actuels de la Russie, dont le rouble a perdu l'an dernier environ 40% de sa valeur face au dollar.     La Biélorussie, qui compte 9,4 millions d'habitants, a dû prendre rapidement des mesures pour protéger son économie, étroitement liée à celle de la Russie, pays vers lequel vont la moitié des exportations biélorusses.    

La banque centrale de Biélorussie, qui avait déjà dévalué de 7% lundi le taux officiel du rouble biélorusse, a déclaré qu'à compter de vendredi, du fait d'une seconde dévaluation, il faudrait 13.760 roubles biélorusses pour un dollar, contre 12.740 actuellement.

La Biélorussie dévalue une nouvelle fois sa monnaie
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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 11:08

Source : Le Point 27/12/14

 

 

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a évincé son bras droit, dans un contexte de crise provoquée par l'effondrement du rouble en Russie.

 

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a limogé son Premier ministre Mikhaïl Miasnikovitch, dans un contexte de crise économique provoquée par l'effondrement du rouble en Russie. Mikhaïl Miasnikovitch, qui avait pris ses fonctions en décembre 2010, a été remplacé par le chef du cabinet de la présidence, Andreï Kobiakov, a annoncé la présidence.

Alexandre Loukachenko "a examiné la question concernant les cadres (du gouvernement, ndlr) et a nommé Andreï Kobiakov Premier ministre", indique un sobre communiqué publié sur le site internet officiel de la présidence. Loukachenko a également limogé le chef de la banque centrale, ainsi que d'autres hauts responsables, parmi lesquels les ministres de l'Économie et de l'Industrie, selon la même source.

 

 

De forts liens économiques avec Moscou

Même si le rouble biélorusse n'est pas officiellement lié à la devise russe qui a connu une dépréciation spectaculaire ces derniers temps, la Biélorussie a de forts liens économiques avec Moscou et reste très sensible à toutes les secousses dans l'économie russe frappée par les sanctions occidentales et la chute des prix de pétrole. La chute du rouble en décembre a provoqué une vraie panique en Biélorussie dont les habitants ont commencé à acheter massivement des dollars pour s'assurer au moins une petite stabilité financière.

Face à ce mouvement, la banque centrale biélorusse a imposé une taxe "temporaire" de 30 % sur tous les achats de devises étrangères. Loukachenko a reconnu lui aussi que l'économie biélorusse avait subi un coup dur à cause des problèmes économiques en Russie, ce pays voisin absorbant 40 % des exportations biélorusses.

La Russie est frappée de plein fouet par la chute des cours du pétrole, qui constitue avec le gaz la majeure partie de ses revenus budgétaires. Le phénomène a en outre accentué l'affaiblissement du rouble, déjà plombé par les sanctions économiques liées à la crise ukrainienne.

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