Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 14:44

Source : Courrier de Russie 05/12/12

 

Depuis le 1er décembre, en Biélorussie, une nouvelle loi interdit aux ouvriers des entreprises de transformation du bois de démissionner – ce qui aurait pour but de permettre d’accélérer et de terminer l’interminable processus de modernisation du secteur forestier.


Alexander_Lukashenko_by_Rommel13.jpg« Il sera strictement interdit de démissionner tant que la modernisation des entreprises de transformation du bois ne sera pas terminée. Les ouvriers n’iront nulle part sans l’aval de leur patron. S’il vous laisse partir, partez. Autrement, remettez-vous au travail. Cette interdiction aura force de loi dès le 1er décembre 2012 », a déclaré le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, dans l’usine de Borisov, à quelques kilomètres de Minsk.

Les ouvriers dont la démission aura été rejetée auront le droit d’en informer leur gouverneur. « La décision finale reviendra alors aux chefs des oblasts (région ndlr) », affirme Alexandre Loukachenko.

Les syndicats tentent d’apporter une explication valable à cette loi rigoureuse : ils expliquent ainsi que dans les entreprises de transformation du bois, les conditions de travail sont extrêmes et les salaires relativement bas (près de 230 euros par mois, un montant inférieur à la moyenne nationale). « Plus on se rapproche de Minsk, plus la situation se détériore et plus les démissions se multiplient. La modernisation est toujours un moment difficile à passer : les gens refusent de travailler pour un tel salaire », ajoute un membre du syndicat de l’usine de Borisov.

Guennadiï Fedynitch, directeur d’un syndicat biélorusse indépendant, voit cette nouveauté d’un mauvais œil. « Tout est possible en Biélorussie. Il va sans dire que cette interdiction sort du cadre de la loi. On se croirait en temps de guerre, quand les ouvriers ne peuvent pas jeter l’éponge. Il faudrait augmenter les salaires ne serait-ce qu’à 610 euros pour que les chômeurs se pressent au portillon. Il faudrait aussi procéder à une véritable modernisation des entreprises. A l’heure actuelle, les patrons limitent les salaires et réduisent leurs employés à l’esclavage. Cela se terminera mal », regrette-t-il. 

Le programme de modernisation du secteur forestier a été lancé en 2007 par le ministère de l’économie forestière biélorusse afin d’accroître la production des huit entreprises de transformation du bois actives dans le pays. Elles étaient censées atteindre les résultats escomptés en 2009 déjà, mais à l’heure actuelle seul un site, celui d’Ivatsevitchi, non loin de Brest, s’avère rentable. Au total, près de 10 000 ouvriers sont visés par cette nouvelle loi.

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 19:21

Source : news-banques 26/11/12

 

 

La Société Générale a vendu l’établissement bélarusse Belrosbank au russe Alfa Bank, ce qui met fin à sa présence dans cette ex-république soviétique, a annoncé lundi la filiale russe de la banque française, Rosbank.

1-the-logo-of-french-bank-societe-generale-is-seen-at-the-e.jpgLe montant de la cession, signée vendredi, n’a pas été précisé.

Belrosbank, établissement créé en 2003, revendique près de 100.000 clients .

Rosbank a expliqué dans un communiqué vouloir “se réorienter vers le marché russe”, et assuré qu’elle garderait “des relations directes”avec les entreprises qui sont ses clientes au Bélarus ainsi qu’avec la banque centrale du pays.

Première banque privée de Russie, Alfa Bank est détenue par le milliardaire russe Mikhaïl Fridman. Le rachat de Belrosbank va lui permettre “de renforcer considérablement sa position sur le marché bélarusse”, a-t-elle précisé dans un communiqué distinct.

“Nous croyons au potentiel élevé de l’économie de la République du Bélarus”, a estimé le président du conseil d’administration d’Alfa Bank, Piotr Aven, cité dans le communiqué.

“Le rachat de Belrosbank confirme nos projets de présence à long terme sur ce marché et constitue un pas de plus dans l’élargissement de la présence de notre groupe bancaire sur les marchés financiers de la CEI”(Communauté des Etats indépendants, ex-URSS moins les trois Etats baltes et la Géorgie), a-t-il ajouté.

Les parties prévoient de boucler la transaction d’ici à la fin de l’année, sous réserve d’accord des régulateurs.

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:29

Source : Ria Novosti 22/11/12

 

826173Le groupe russe Gazprom est prêt à augmenter de 30% les volumes de gaz acheminés via la Biélorussie, a annoncé jeudi le PDG du groupe Alexeï Miller à l'issue d'une rencontre avec le président biélorusse Alexandre Loukachenko.

"Nous envisageons ces jours-ci la possibilité augmenter de 30% le transit du gaz russe par la Biélorussie", a déclaré M. Miller.

"Dès que nous aurons reçu l'ordre de réaliser une étude de faisabilité pour ce projet, nous concevrons un tel document dans les meilleurs délais, conjointement avec le gouvernement biélorusse", a indiqué le PDG de Gazprom.

Et d'estimer que pour accroître les volumes de gaz transitant par la Biélorussie, il est indispensable de moderniser les pipelines et les stations de compression biélorusses.

Selon M. Miller, cette modernisation pourrait prendre 3 à 4 ans.

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:21

Source : Charter 97 14/11/12

 

Selon les estimations officielles, combien les Biélorusses gagnent en moyenne, et combien gagnent ont dans les pays voisins ?

Dans les pays Baltes et les Russes sont à peu près au même niveau  avec 780 à 880 $. Mais les Polonais se distinguent largement  et sont même hors compétition en dépassant la barre des 1.000 $.

Les données ont été recueillies sur les sites des services statistiques. Ils montrent un salaire avant impôt, écrit "Nasha Niva" .

Étant donné que les normes et les performances de chacun des organisme de statistique est différent selonn le pays. Il faut spécifier que pour la Lituanie et la Lettonieil s'agit du salaire pour le deuxième trimestre de 2012, en Pologne - du troisième trimestre, mais la Biélorussie, la Russie et l'Ukraine fes donnéesfournies sont celles de Septembre 2012.

20121114_lituu_t.jpg

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 17:06

Source : Ria Novosti 15/11/12

 

196175056.jpg

Les ressortissants étrangers auront le droit d'acquérir des terrains en Biélorussie, a déclaré jeudi le ministre de l'Economie du pays, Nikolaï Snopkov, lors d'une réunion du conseil pour les investissements étrangers à Minsk.

"Nous envisageons d'offrir dès 2013 aux investisseurs étrangers la possibilité de se rendre propriétaires de terrains", a indiqué M. Snopkov.

A l'heure actuelle, les étrangers ne peuvent pas posséder de terrains en Biélorussie

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 21:15

Source : Romandie 07/11/12

 

Le ministère lituanien des Affaires étrangères a annoncé mercredi la convocation jeudi du chef de la mission diplomatique bélarusse à Vilnius, pour protester contre le lancement mardi soir par des personnes non identifiées de cocktails Molotov contre l'ambassade de Lituanie à Minsk.
Une note de protestation formelle a été adressée au Bélarus, a précisé à l'AFP le ministère.
Qu'est-ce-c'est si ce n'est une attaque terroriste, a de son côté déclaré à l'agence de presse BNS le ministre Audronius Azubalis.

Le ministère a indiqué qu'il demandera au Bélarus de respecter ses obligations internationales pour assurer la sécurité des missions diplomatiques et prendre des mesures pour retrouver les auteurs de cette attaque.

Cet incident pose problème, a estimé le Premier ministre lituanien Andrius Kubilius, qui devrait prochainement quitter ses fonctions après la défaite de son parti aux élections législatives du 28 octobre.
Nous allons attendre les résultats de l'enquête menée par les institutions compétentes en Lituanie et au Bélarus. J'espère que ce genre de choses ne se reproduira plus, a-t-il ajouté devant la presse.
Selon l'agence officielle bélarusse Belta, le comité d'enquête du Bélarus a confirmé que mardi à 22h45 (19h45 GMT) deux bouteilles contenant un mélange explosif ont été jetées contre l'ambassade provoquant un début d'incendie rapidement éteint.

Tard dans la soirée de mardi deux cocktails Molotov ont été lancés sur le terrain de l'ambassade. Ils ont déclenché un incendie que nos gardes ont réussi à maîtriser, a indiqué mercredi à l'AFP l'ambassadeur de ce pays balte à Minsk, Linas Linkevicius, joint par téléphone.
Nous avons vraiment eu de la chance d'avoir évité plus de dégâts. Les dégâts auraient pu être bien plus graves, a déclaré l'ambassadeur, précisant qu'il était présent dans le bâtiment de l'ambassade au moment de l'attaque.
Nous n'avons eu aucun indice qui aurait permis de pressentir une attaque de ce genre. Nous sommes prêts à coopérer avec la police dans l'enquête, a-t-il ajouté.

Vilnius et Minsk, villes distantes de 188 kilomètres, ont des relations diplomatiques tendues malgré de forts liens économiques.
Les deux pays sont redevenus indépendants de l'Union soviétique en 1991, mais ont choisi des routes différentes.
Alors que la Lituanie s'est ancrée aux structures occidentales en adhérant à l'OTAN et à l'Union européenne, le Bélarus reste sous le pouvoir autoritaire du président Alexandre Loukachenko depuis 18 ans.
Emanuelis Zingeris, le chef du comité directeur des Affaires étrangères au Parlement lituanien, a estimé que cette attaque était motivée par des questions idéologiques.

Selon lui, elle serait liée à l'anniversaire de la révolution russe de 1917 qui avait porté les bolcheviques au pouvoir et préparé la voie à la création de l'URSS.
Le 7 novembre est une fête nationale au Bélarus pour commémorer cette révolution.

La Lituanie a joué un rôle essentiel dans la chute de l'URSS en 1991, ayant été la première république soviétique à faire sécession en 1990 après 50 ans de domination par Moscou.

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:04

Source : Les Echos 29/10/12

 

 

 

timthumb-copie-1.jpg

Le FMI continue d'exiger un accord des plus hautes autorités du Bélarus pour engager des négociations sur un nouveau plan d'aide au pays, sous le coup de sanctions économiques et financièrement exsangue, selon un communiqué publié lundi.

"Des négociations sur un possible nouveau programme exigeraient un accord entre tous les responsables politiques, y compris au plus haut niveau, pour adopter un ensemble de mesures qui pourrait rallier un soutien suffisant des Etats-membres du FMI", a indiqué l'institution à l'issue d'une mission de onze jours dans le pays.

 

Le Bélarus, sous le coup de sanctions européennes en raison de la répression qui vise l'opposition, avait demandé en juin 2011 un nouveau plan d'aide au Fonds monétaire international après avoir obtenu une première ligne de crédit de 3,6 milliards de dollars en 2009.

 

Mais le FMI a jusque-là refusé d'entamer des négociations avec le Bélarus, estimant que la politique économique du pays, marquée par le contrôle des prix et du taux de change, était beaucoup trop éloignée de ses recommandations.

Selon le président bélarusse, l'autocrate Alexandre Loukachenko, le FMI et l'Occident cherchent à "étrangler" son pays pour obtenir des réformes démocratiques.

 

Sur le front économique, le Fonds a noté lundi quelques progrès dans la maîtrise de l'inflation et la stabilisation du taux de change, tout en déplorant la hausse des salaires réels qui fait "de nouveau" peser une pression à la hausse sur les prix.

"Ces pressions requièrent une réponse forte et cohérente pour s'assurer que la stabilité économique soit préservée", souligne le Fonds, affirmant par ailleurs que l'objectif de croissance du gouvernement était "incompatible" avec la maîtrise de l'inflation, qui a atteint fin 2011 le chiffre record de 108%.

 

Un mieux côté inflation et déficit commercial

Depuis, l'inflation a nettement ralenti et le déficit commercial s'est réduit, Minsk ayant relâché à plusieurs reprises sa politique de changes, procédant à plusieurs dévaluations, et acceptant une aide de plusieurs milliards de dollars de la Russie, contre la cession à Moscou de son système de gazoducs.
Mais "l'abaissement rapide des taux et l'augmentation rapide des salaires ont entraîné une pression sur les prix et sur le taux de change", a prévenu David Hofman, économiste du FMI. D'après lui, "il ne sera pas possible d'atteindre les objectifs de croissance du PIB, de 5% pour cette année et 8,5% pour l'année prochaine, sans mettre en danger la stabilité macroéconomique".

 

Le FMI a demandé lundi au Bélarus d'adopter rapidement des réformes économiques, faute de quoi cette ex-république soviétique risque un nouvel emballement des prix et ne pourra pas recevoir de nouvelle aide de l'organisation.

"Si la politique actuelle se poursuit (...), il sera très difficile de maintenir le niveau de vie de la population et encore plus de garantir une augmentation durable du niveau de vie. C'est pourquoi nous recommandons au pouvoir de lancer des réformes structurelles profondes", a déclaré l'économiste du FMI, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une mission à Minsk.


Parmi les réformes demandées par l'institution multilatérale figurent "une libéralisation des prix, un renforcement du droit à la propriété privée, des restructurations et privatisations d'entreprises, une réforme du secteur financier et une refonte de la protection sociale", a-t-il précisé.
En l'absence de ces mesures, "les conditions ne sont pas réunies" pour que le Fonds accorde un nouveau prêt à Minsk, après celui de 3,5 milliards de dollars versé en 2009, a estimé M. Hofman.

 

Par ailleurs, l'économiste a relevé que l'entrée de la Russie en août dans l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) rendait les réformes encore plus nécessaires, car elle "accentue la concurrence internationale pour les entreprises du Bélarus".

Mi-octobre, l'Union européenne a reconduit pour un an ses sanctions contre le Bélarus, disant rester "vivement préoccupée par le non-respect des droits de l'Homme, de la démocratie et de l'Etat de droit".

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 20:11

Source : Presseurop.eu 17/10/12

 

Quand un Moldave visite “la dernière vraie dictature au cœur de l'Europe”, la comparaison avec le temps de l’Union soviétique est inévitable. Pourtant, les Biélorusses regardent vers l’Europe au moins autant que vers Moscou. 

belarus.jpg

Ceux qui ont vu le film “The Grey Zone” (2001), réalisé par Tim Blake Nelson, se souviennent sûrement que la zone grise en question désigne l’antichambre de la mort, où les détenus d'Auschwitz étaient préparés avant d'être gazés. Par extension, la notion de zone grise implique l'incertitude et l'angoisse, mais aussi la lueur d'espoir que ce qui adviendra ne sera pas aussi macabre que ce qu’on avait imaginé. C'est ce que j'ai ressenti pendant les quatre jours que j’ai passés en Biélorussie.

Depuis 1994 [année de l’élection du président Alexandre Loukachenko], ce pays vit sous la coupe d’un d'un régime autoritaire, “la dernière vraie dictature au cœur de l'Europe”, comme le désignent les dirigeants occidentaux. Je ne pouvais manquer l'occasion de visiter ce pays, après m’y être rendu une première fois en 1998, pour le championnat d’Europe de boxe auquel je participais. A l'époque, j’avais l'impression d'être dans n’importe lequel des pays de l'espace soviétique – ni meilleur ni pire que la Moldavie, l'Ukraine ou la Russie.

 

Aujourd’hui, je porte un regard nouveau sur la Biélorussie. J’ai profité du fait d’être Moldave, avec plus d'un passeport dans mon sac [de nombreux Moldaves détiennent aussi, en raison de leur appartenance familiale, un passeport roumain, donc européen], pour sortir librement de Lituanie [le pays voisin de la Biélorussie] avec le passeport roumain, et entrer tranquillement en Biélorussie avec le passeport moldave. J’ai eu l’impression d'entrer en Transnistrie [région séparatiste pro-russe de Moldavie] : les mêmes uniformes soviétiques verts, les mêmes regards soupçonneux.

 

Une oasis de paix et de prospérité

Du train, j'ai vu des villages aux maisons soignées, des villes propres, vu de bonnes routes. A Minsk, la capitale, les rues sont larges, l'architecture de style soviétique alterne avec des bâtiments modernes, et des symboles soviétiques cohabitent avec les grandes enseignes du capitalisme occidental. Une première impression d'ordre et de tranquillité. J'ai demandé à des passants s'ils partageaient mon sentiment. Ils m'ont répondu tout en calembours, avec cette ironie qui reflète si bien la "double pensée" permettant aux Biélorusses de survivre au quotidien. “Tranquille comme dans un cimetière” et “ici, on lave nos rues et nos cerveaux”. Je me suis vite habitué à leurs plaisanteries sur la vie quotidienne, mais il m'a fallu plus de temps pour comprendre le fond des choses.

 

Dans le métro ou dans les magasins, les gens ne sourient pas, ils avancent le regard baissé. Quand il se fait tard, les groupes de plus de trois personnes risquent d'être interpelés par la police [dans le Code pénal de plusieurs pays communistes, une association de plus de trois personnes équivaut à une association de malfaiteurs]. J'ai vu la peur et l'absence d'espoir dans les yeux des passants de ce pays où tout est décidé par un seul homme, “le père du peuple biélorusse, Batiouchka”. Un pays où les élections sont falsifiées, les candidats violentés, les jeunes maltraités, où les gens disparaissent, où tout a un arrière-goût militariste, à commencer par les écoles où les services de renseignements tout-puissants assurent la paix. Un ordre de cimetière règne en Biélorussie.

Je n'ai vu à la télévision que des nouvelles teintées d'une certaine rhétorique anti-occidentale, assurant que l'effondrement de la zone euro et de l'Union européenne serait imminent et que, dans ce contexte trouble, la Biélorussie est une oasis de paix et de prospérité (bien que la plupart des gens vivent à la limite du seuil de subsistance). On y apprend aussi que la seule alternative pour le continent européen est l'Union Russie-Biélorussie-Kazakhstan, qui deviendra bientôt l'Union Eurasienne, un projet qui éveille l'intérêt de plus de 20 pays, dont la Nouvelle-Zélande et la Moldavie qui pourtant “désirait jusqu'à récemment adhérer à l'UE” !

 

Mais à ma grande joie, j'ai vu aussi une autre Biélorussie, attachée au souvenir d’un temps où ces terres appartenaient à la civilisation européenne, sous diverses formes étatiques. Une époque qui a donné plusieurs esprits éclairés à la culture européenne et mondiale, et qui a façonné un pays ancré dans les valeurs de la langue et de la culture biélorusse, et attaché au drapeau historique blanc-rouge-blanc que les Biélorusses n’arborent que dans leurs maisons depuis qu’il a été interdit par Alexandre Loukachenko en 1995, et remplacé par celui de la Biélorussie soviétique.

 kovalenko-drapeau-belarus.jpg

 

L'attraction de l'UE 

Tout au long de son histoire, le peuple biélorusse a été déchiré par un éternel dilemme : faire partie de la civilisation européenne ou rejoindre un futur ensemble eurasien ? Il a appartenu à diverses constructions étatiques – de la principauté de Polotsk, considérée comme le berceau de l'état biélorusse, à la principauté de Lituanie, de la République des Deux Nations (polono-lituanienne) à l'Empire Russe ou l'Union Soviétique. Ses difficultés identitaires et linguistiques sont bien réelles, étouffé qu’il est par la langue et la culture russe.

La Biélorussie s’est pourtant efforcée à plusieurs reprises d’être autre chose qu'une partie du grand peuple russe… En 1812, elle a soutenu Napoléon contre la Russie, dans l'espoir de restaurer la formation étatique d’avant les trois divisions de la Pologne entre 1792 et 1795. En 1918, la République populaire de Biélorussie fut reconnue par l'Allemagne, l'Autriche, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, la Finlande, la Pologne, l'Ukraine, la Tchécoslovaquie, l'Arménie, la Géorgie et la Turquie, avant d’être détruite par l'invasion de l'Armée rouge et transformée en République soviétique. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il y eut une autre tentative d'Etat avec la Rada Centrale, disparue avec le retour des Soviétiques. Enfin, en 1991, la Biélorussie s'est détachée de l'Union soviétique et a connu un début de démocratisation.

 

Ces souvenirs historiques rendent espoir aux Biélorusses et les poussent à sortir dans la rue pour protester, à parler leur langue plutôt que le russe dans leurs cuisines et à garder en cachette le drapeau historique. J'ai dit à mes amis qu'ils étaient encore plus malheureux “que nous, Moldaves, l'étions à l'époque soviétique”. Au moins, à l'époque, nous ne savions pas comment on vivait en Occident et nous étions convaincus de vivre dans “le pays le plus démocratique, le plus riche et le plus puissant du monde”. Aujourd’hui, les Biélorusses se rendent en Pologne et en Lituanie pour faire des achats ou pour aller à l'université, et l'Union Européenne exerce une constante attraction sur leur existence.

Je ne crois pas que le silence de cimetière puisse durer encore longtemps. Le temps où les Biélorusses pourront écouter Liapis Troubetskoï chez eux, à Minsk, Gomel ou Moguilev est proche. Même si aujourd’hui, ils ne peuvent le faire qu'à Kiev, Varsovie ou Vilnius, Batiouchka ayant interdit au groupe biélorusse le plus populaire de vivre et de chanter dans son pays.

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 19:00

Source : Courrier International / Gazeta Wyborcza 22/10/12

 

Le président Alexandre Loukachenko vient de nationaliser, sur un coup de tête, deux usines de confiserie dont le capital était partiellement détenu par un homme d'affaires américain. Une méthode déjà rodée, qui profite à la nomenklatura locale.

bonbon.jpg

"Même à Cuba, on ne fait pas ça", a ironisé Marat Novikov, l'homme d'affaire dépossédé de ses deux usines sur ordre du président Loukachenko.

Le 12 octobre, lors d'une réunion consacrée à l'industrie sucrière biélorusse, le président s'était indigné : "Ce sont des entreprises stratégiques pour le peuple, qui produisent pour les enfants. Pourquoi les avoir privatisées ?" L'essentiel de la réunion a porté sur la situation des entreprises Spartak et Kommounarka, spécialisées dans la production de bonbons et de chocolat, connues depuis l'époque soviétique, qui ont pour particularité la présence de capitaux étrangers. Loukachenko les a accusées d'avoir perdu plusieurs marchés et importé trop de matières premières.

Il a donc annoncé qu'à partir du 13 octobre, leur conseil de surveillance serait remplacé par des directeurs choisis par lui-même. "Il s'agit d'une décision définitive, je me fiche des directeurs et du climat pour les investisseurs", a déclaré le président. L'investisseur privé des deux entreprises, Marat Novikov, homme d'affaires américain d'origine biélorusse, est installé aux Etats-Unis. Il n'a pas pris le risque de revenir en Biélorussie pour participer à la réunion, mais il a confié à la presse que les services spéciaux biélorusses avaient commencé à fouiner autour de sa famille restée au pays.

"Nous avons monté des joint-ventures. On ne peut pas tout annuler sur un coup de tête, sans même un décret présidentiel", a-t-il déclaré à l'agence russe Biznes-Novosti. Spartak et Kommounarka ont été privatisées en 1994, puis transformées en joint-ventures, avec Novikov comme investisseur étranger. Ces derniers mois, ce dernier avait activement racheté les actions détenues par ses employés, et disposait de 54 % des parts de Spartak et de 36 % de celles de Kommounarka. L'Etat biélorusse en possédait respectivement de 13,9 % et 22 %.

Droit de préemption

Cette situation n'a pas plu aux autorités. En mars dernier, Loukachenko a publié la circulaire numéro 107 accordant aux autorités locales le droit de préemption dans le rachat des entreprises dont l'Etat est actionnaire. Le problème est que Novikov avait racheté ses actions avant la publication de la circulaire. Mais cela n'a pas empêché le tribunal biélorusse de prononcer l'invalidité de la transaction. Loukachenko a ouvertement admis qu'il avait lui-même ordonné au tribunal de se saisir de cette affaire. Selon lui, la participation de l'Etat au capital de Spartak a ainsi atteint 60 % chez Spartak et 57 % chez Kommounarka.

"Voilà le système biélorusse. Et Marat Novikov le savait bien, lui qui fait des affaires en Biélorussie depuis tant d'années", s'étonne Siarhieï Skriabets, ex-PDG du combinat de confiserie Bielbabaevskoïe, l'un des principaux rivaux de Novikov lors de la prise de contrôle de Spartak et de Kommounarka à la fin des années 90.

"Ni les droits politiques, ni le droits de propriété ne sont respectés en Biélorussie", considère l'économiste biélorusse Iaroslav Romantchouk. Le fait de déposséder les propriétaires d'entreprises sur simple décision administrative n'est pas rare. En 2011, cela est arrivé à Keramine, fabriquant de plaques de céramique et de sanitaires. A l'époque aussi, Loukachenko avait imposé une nouvelle direction au holding forestier Pinskdrew. En imposant de telles méthodes dans les conflits avec les hommes d'affaires, Loukachenko agit dans l'intérêt de la nomenklatura locale, estime l'économiste.

 

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article
18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 17:32

Source : Ria Novosti 16/10/12

 

La Biélorussie a pâti de l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la mise en place de l’Union douanière avec la Russie et le Kazakhstan, a déclaré mardi le président biélorusse Alexandre Loukachenko lors d'une conférence de presse à Minsk.

187443926.jpg     

 "Nous n'avons pas empêché la Russie d'adhérer à l'OMC et avons tout fait pour lui faciliter la tâche", a indiqué M. Loukachenko, soulignant qu'à l'étape finale de son adhésion, "la Russie avait multiplié par trois le prix de ses hydrocarbures" pour la Biélorussie.

"Notre système financier a craqué", a constaté le chef de l'Etat biélorusse. 194756598.jpg 

"Nous avons également payé très cher la création de l'Union douanière [Russie, Biélorussie, Kazakhstan] et la mise en place d'un espace économique unique entre ces trois pays", a affirmé le chef de l'Etat biélorusse sans fournir plus de détails.

Selon M. Loukachenko, l'Organisation mondiale du commerce n'est pas une structure tant économique que politique.

"Dès que le Kirghizstan eut annulé les taxes à l'importation, il a aussitôt été admis au sein de l'OMC. L'Ukraine a également été admise après avoir cessé de défendre sa souveraineté économique", a indiqué le président biélorusse.

D'après lui, les obstacles qui ont longtemps empêché la Russie d'adhérer à l'OMC ont mis ce pays dans une situation difficile.

"Et alors, j'ai proposé de créer notre propre OMC dans l'espace postsoviétique", a conclu le président biélorusse.

La Russie a adhéré à l'OMC en août dernier après 18 ans de négociations.

 

L'Espace économique unique réunissant la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan a officiellement vu le jour le 1er janvier 2012. La nouvelle entité doit assurer, à l'avenir, la libre circulation de marchandises, de services et de capitaux entre les pays membres.

Repost 0
Published by bielorussie - dans économie
commenter cet article

Présentation

  • : Actualité de Biélorussie
  • Actualité de Biélorussie
  • : Jeune passionné par l'Europe de l'Est, je prends le temps de réunir l'essentiel de l'actu francophone sur la Biélorussie. L'objectif éviter que ce pays reste "un trou noir informationnel"...
  • Contact

Recherche

Catégories

devenir contributeur du blog ? Inscrivez-vous !

rendez-vous à la rubrique contact