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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 16:23

Source : Reporters sans Frontières 28/01/16

 

 

Soucieux de desserrer l’emprise russe sur le Bélarus, le régime d’Alexandre Loukachenko cherche à regagner les bonnes grâces de la communauté internationale. Mais au-delà de la libération des principaux prisonniers politiques, la situation des droits de l’homme reste toujours aussi catastrophique. La liberté de la presse, en particulier, est toujours foulée aux pieds dans un pays qui pointe à la 157e place sur 180 au dernier Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF).

 

“A l’heure où Minsk cherche à se rapprocher de Bruxelles et à séduire le FMI, ses interlocuteurs doivent lui rappeler que la liberté de la presse fait partie des conditions à une réinsertion pleine et entière dans la communauté internationale, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF. Le harcèlement judiciaire des journalistes indépendants et les violences policières à leur égard doivent immédiatement prendre fin. Des réformes d’ampleur sont indispensables pour favoriser le pluralisme et supprimer le carcan qui pèse sur les médias libres.”

Un journaliste agressé par la police

Le 25 janvier 2016, un correspondant du site d’information Tut.by, Pavel Dabravolski, a été passé à tabac par des policiers alors qu’il couvrait l’interpellation de deux manifestants pacifiques en marge d’un procès, à Minsk. “Ils m’ont arraché ma caméra et ma carte de presse avant de commencer à me frapper, a rapporté le journaliste à Tut.by. J’ai reçu plusieurs dizaines de coups de pieds. Comme je tentais de me protéger le visage [...], ils m’ont tordu les bras dans le dos et l’un des policiers a posé sa botte sur ma tête.”

Après avoir été contraints de rester allongés face contre terre pendant vingt minutes, Pavel Dabravolski et les deux manifestants ont été traînés au tribunal pour répondre des accusations de “résistance aux forces de l’ordre” et d’“offense à la cour”. Le journaliste a été condamné à une amende de 9,45 millions de roubles bélarusses (soit 412 euros), sur la base du témoignage d’un des policiers qui l’avaient agressé. Il a fait constater ses blessures à l’hôpital dans l’intention de porter plainte.

Nouvelle cascade d’amendes contre les journalistes indépendants

Après une accalmie de quelques mois, les autorités se sont remises à harceler les journalistes collaborant avec des médias basés à l’étranger. Trois condamnations ont ainsi été prononcées sur la base de l’article 22.9 du Code des infractions administratives (“production illégale de contenu médiatique”) depuis le début de l’année 2016.

Ce chef d’accusation est un grand classique au Bélarus : d’un côté, les autorités bannissent les principaux médias audiovisuels indépendants, contraints d’émettre depuis l’étranger. De l’autre, elles refusent systématiquement l’accréditation de leurs collaborateurs, ce qui permet de les poursuivre pour “production illégale de contenu médiatique”. Pas moins de 28 amendes ont été prononcées sur ce fondement au cours de l’année 2015, en amont de la dernière élection présidentielle. L’avalanche de condamnations s’est interrompue au dernier trimestre, avant de reprendre en janvier 2016.

Le 14 et le 20 janvier, Kastus Jukouski a été condamné à deux amendes pour un total de 13 650 000 roubles bélarusses (soit 612 euros). Sa collègue Larysa Chtchyrakova a reçu une amende de 4 620 000 de roubles bélarusses (221 euros) le 13 janvier. Tous deux travaillent à Homiel (Sud-Est) et se voient reprocher leurs reportages pour la chaîne satellitaire Belsat TV. Basée en Pologne depuis 2007, cette télévision a cherché à au moins trois reprises à ouvrir un bureau à Minsk, en vain.

Kastus Jukouski a expliqué à l’audience qu’il avait créé sa propre société commerciale pour vendre ses reportages à Belsat TV, et qu’il n’avait donc pas besoin d’accréditation. “Les condamnations contre les journalistes freelance sont validées à l’aveugle”, a-t-il déploré, soulignant qu’il n’aurait jamais été condamné dans un procès équitable.

“Je suis visé parce que je couvre les problèmes sociaux, a déclaré le journaliste à RSF. Je visite des endroits où aucun journaliste ne va. Nos reportages sont des piqûres de moustique, mais les autorités les considèrent pourtant comme dangereux.”

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 20:36

Source : Arte 04/11/15

 

 

La Schaubühne de Berlin exporte son théâtre politique en Biélorussie

 

Thomas Ostermeier présente Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen à Minsk, la capitale biélorusse. Le metteur en scène allemand, élevé au grade d’Officier des Arts et des Lettres, a déjà beaucoup fait voyager cette pièce politique et très actuelle. Nouvelle étape : la dernière dictature d’Europe. La représentation a précisément eu lieu au moment de l’élection présidentielle d’octobre.L’autocrate Alexander Lukachenko a été réélu avec 80 % des voix. Le spectacle se termine par un débat politique avec le public et le simple fait que les autorités biélorusses en aient autorisé la représentation cause l’étonnement. Metropolis accompagne Thomas Ostermeier dans ce pays où les artistes qui contestent le régime sont poursuivis et emprisonnés.

 

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 20:58

Source : Arte.fr 10/10/15

 

 

Enseigner et apprendre dans la clandestinité, c’est le choix courageux fait par dix professeurs et leurs élèves à Minsk.

 

Il y a 12 ans, les autorités biélorusses ont fermé leur lycée, y voyant un foyer de dissidents potentiels. Le tort de cet établissement ? Enseigner en biélorusse et transmettre des valeurs démocratiques. Un acte de résistance contre le régime autoritaire pro-russe du président Loukachenko, au pouvoir depuis 1994. Depuis sa fermeture, le lycée des Humanités a trouvé refuge dans une maison de la banlieue de Minsk où une cinquantaine de lycéens suit sa scolarité en cachette. Exceptionnellement, le directeur du lycée, Vladimir Kolas, a accepté de faire entrer une caméra dans son école. Elèves, professeurs, parents, nous les suivons dans leur quotidien. Nous partons aussi à la rencontre des anciens élèves qui sont venus grossir les rangs de l’opposition au pouvoir en place - 

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 21:00

Source : Nasha Niva 30/0915 (article traduit)

 

 

Les militants ont déposé des fleurs au monument national et allumé des bougies, lu des prières et chanté l'hymne "Dieu puissant."

 

Dans la forêt de Kurapaty la mémoire des victimes de la répression politique a été honoré. Ont participé à l'action les militants du mouvement "dans la défense de Kurapaty," les militants sociaux (syndicalistes ?), ainsi que l'artiste Alex Marachkin, le sculpteur Ales Shaterkin et le leader du mouvement de solidarité "Ensemble" Vyachyslaw Siuchyk, rapporte "Radio Svaboda".

"Il est une menace pour l'indépendance de la Biélorussie de la part du régime de Poutine en Russie. Par conséquent, cette action est beaucoup plus significative que la farce électorale. Après tout, nous espérons que tôt ou tard la puissance biélorusse prévaudra. Dans ce cas, nous devrons commémorer la mémoire des victimes de répressions politiques, "- déclare Sioutchik.

Les intervenants ont rappelé que le régime stalinien n'a pas été condamné en Biélorussie, et les autorités ont omis de se conformer à la réglementation gouvernementale et n'ont pas installé de Memorial au sein de la forêt de Kurapaty où repose  les restes de citoyens innocents torturés. Par conséquent, les actes de vandalisme, la destruction de zones protégées de Kurapaty symbolisent la continuation des crimes du stalinisme à travers nos jours.

L'artiste Marachkin dans son discours a souligné l'importance d'honorer la mémoire des victimes dans Kurapaty.

L'évènement a été surveillé par la police en civil.

 

 

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 15:51
RSF dénonce l’alarmante mise au pas d’Internet par les autorités bélarusses

Source : Reporters sans frontières 24/12/14

 

 

Plusieurs sites indépendants sont bloqués au Bélarus depuis le 19 décembre 2014. Dans le même temps, des amendements à la loi sur les médias, prévoyant un contrôle strict par les autorités des informations échangées, notamment sur Internet, ont été ratifiés le 20 décembre par le président Alexandre Loukachenko, juste après une adoption en catimini par le Parlement.

Alors que la marge laissée à la liberté de l’information était déjà très faible au Bélarus, elle s’est encore réduite de manière drastique face à la volonté des autorités de contrôler les informations circulant sur Internet. De nouveaux amendements à la loi sur les médias, renforçant notamment le contrôle du ministère de l’Information sur Internet, ont été adoptés en catimini par le Parlement les 17 et 18 décembre 2014 avant d’être ratifiés par le président bélarusse Alexandre Loukachenko le 20 décembre. Pendant ce temps, et dans un contexte économique tendu, plusieurs sites d’informations indépendants ont été bloqués les 19 et 20 décembre.

Blocage de la majorité des sites d’information indépendants bélarusses

Alors que le 19 décembre 2014, le gouvernement a mis en place une série de mesures pour contrer la très forte dévaluation du rouble bélarusse en instaurant notamment une taxe "temporaire" de 30 % sur l’achat de devises étrangères et en interdisant l’augmentation des prix, la ministre de l’Information Lilya Ananitch a demandé le même jour aux médias bélarusses d’adopter la ligne officielle pour couvrir l’actualité économique du pays. Peu après cette annonce, la majorité des sites indépendants ont été bloqués.

Ce blocage massif des sites sans explication du pouvoir ni décision de justice est à la fois illégal et illégitime, dénonce Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de Reporters sans frontières. Ce n’est pas en censurant le débat public que la situation économique s’améliorera et que le risque de panique populaire disparaîtra. Bien au contraire. Nous appelons dés lors les autorités à répondre de leurs actes. L’accessibilité de ces sites, plus nécessaires que jamais aux citoyens en situation de crise, doit être rétablie sans délai.

Le 19 décembre, les sites d’information indépendants charter97.org, belaruspartisan.org et gazetaby.com ont été bloqués par Beltelekom, l’opérateur national de télécommunications appartenant à l’Etat, qui contrôle la bande passante. Cependant, ce dernier a nié toute implication et a invoqué une attaque DDoS.

Le lendemain, outre UDF.BY, zautra.by, et 21.by, les trois sites de l’agence d’information BelaPAN, belapan.by, belapan.com et naviny.by ont été également bloqués, en raison de leurs articles critiques envers la politique économique du gouvernement. Le 21 décembre, leur hébergeur privé hoster.by a changé leurs adresses IP afin de contourner le blocage, mais en début d’après-midi, ces nouvelles adresses étaient à leur tour bloquées. Ales Lipaï, le directeur de BelaPan a dénoncé cet acte de censure et a envoyé aux autorités plusieurs lettres, restées pour l’instant sans réponse, pour obtenir des explications. Selon lui, un tel blocage ne peut avoir eu lieu que sur ordre du pouvoir. Alors que les trois sites de l’agence sont toujours bloqués, belapan.com et naviny.by ont à nouveau contourné le blocage et repris leur activité le 22 décembre.

Treize sites d’achat en ligne sont également bloqués depuis le 20 décembre pour avoir indiqué leur prix dans une devise autre que le rouble bélarusse.

La légalisation de la cybercensure

Dans un tel contexte de cybercensure, le président bélarusse Alexandre Loukachenko a ratifié, le 20 décembre 2014, les amendements à la loi sur les médias prévoyant un contrôle accru des autorités sur les informations échangées au Bélarus, et notamment sur Internet. Ils entreront en vigueur le 1er janvier 2015.

Adoptés en catimini en première et deuxième lecture le 17 décembre 2014 par la Chambre basse du Parlement bélarusse, puis votés par la Chambre haute le lendemain, ils vont à l’encontre des attentes de tous les professionnels des médias qui réclamaient, entre autres, l’octroi d’un statut légal aux journalistes freelance et la simplification des procédures d’enregistrement et d’accréditation des médias.

Ce nouveau texte de loi fournit aux autorités les instruments nécessaires pour bloquer désormais de manière systématique les sites d’information et les blogs qui pourraient les gêner, s’indigne Virginie Dangles, adjointe à la direction des programmes de RSF. C’est une véritable déclaration de guerre qui est faite à Internet et à la liberté qu’elle offre aux cinq millions d’internautes bélarusses, sans que la société bélarusse n’ait eu la possibilité d’en débattre.

Alors que le projet de loi, publié seulement après son adoption par le Parlement, le 19 décembre 2014, n’apporte pas les précisions nécessaires quant aux modalités de son application, Andreï Bastounets, le président adjoint de l’association des journalistes bélarusses (BAJ), partenaire de RSF, dénonce une procédure d’adoption à la hâte qui vise à éviter un débat public.

Selon la nouvelle loi sur les médias, les sites d’informations, les blogs et autres ressources Internet diffusant des informations seront désormais assimilés aux médias traditionnels, sans obligation d’enregistrement, et seront à ce titre placés sous la surveillance du ministère de l’Information. Ce dernier pourra ainsi adresser des avertissements officiels à tous les sites accessibles sur le territoire bélarusse publiant des contenus informatifs jugés illégaux, et à obliger les sites en question à les retirer et à publier les corrections demandées dans les 24 heures qui suivent la réception de l’avertissement. Le ministère pourra également restreindre l’accès aux sites ayant reçu deux avertissements, ou plus, en moins d’un an. La liste des informations jugées illégales a été étendue par la même occasion : outre les informations “en faveur de la guerre, de l’extrémisme, ou à caractère pornographique, violent, cruel”, sont désormais jugées illégales également celles “pouvant porter préjudice aux intérêts de la nation Bélarusse”.

La loi prévoit également la création de deux registres pour les “distributeurs” d’informations écrites, et audiovisuelles, y compris les propriétaires de ressources Internet publiant ou relayant des informations. Ces derniers devront adresser une requête au ministère de l’Information afin d’être inclus dans les registres. Sans enregistrement, ces “distributeurs” ne pourront pas exister légalement. En outre, ceux qui auront pu être inscrits et qui auront reçu deux avertissements en moins d’un an seront rayés de ce registre et perdront leur droit de “distributeur” d’information. Les distributeurs de contenus audiovisuels, y compris sur Internet, devront également informer le ministère de toute modification de leur programme de diffusion deux jours à l’avance.

Toujours dans l’optique de "protéger le Bélarus et ses citoyens d’informations contraires à leurs intérêts” selon les mots de la ministre de l’Information, les nouvelles dispositions prévoient également que la part des actions détenues par des étrangers dans les médias sera réduite de 30 à 20% afin de préserver le pays “des influences étrangères destructives”.

Peu avant le blocage de Charter97, le 19 décembre, Natalia Radzina, rédactrice en chef du site, confiait à Reporters sans frontières : “La loi sur les médias-Internet est directement dirigé contre Charter97, le site indépendant bélarusse le plus populaire (...).” Charter97 était inaccessible dans tous les lieux publics depuis 2011. Le 4 décembre, le ministre des Affaires intérieures Igor Chounevitch avait fait part de sa volonté de bloquer tous les sites ayant un accès restreint au nom de la lutte contre le narcotrafic.

Le Bélarus occupe la 157e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 15:11

Source : FIDH 18/11/14

 

 

Une décision remarquable contre les Etats qui bafouent la liberté d’association.

 

Par une décision qui fera date, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU reconnaît officiellement que l’État du Bélarus a violé les droits d’Ales Bialiatski, president de Viasna et vice-président de la FIDH, garantis par les articles 9 (droit à la liberté et à la sécurité personnelle), 14 (droit à un procès équitable) et 22 (liberté d’association) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cette décision qui fait suite à une communication individuelle adressée par l’épouse d’Ales Bialiatski, Natalia Pintchouk, représentée par Antoine Bernard, Directeur général de la FIDH, est un signal fort adressé à tous les régimes qui manipulent leur législation pour étoufer toute voix critique en violation de la liberté d’association.

La République du Bélarus a par trois fois, en 2007 et en 2009, refusé d’enregistrer le Centre de défense des droits humains Viasna, privant ainsi l’organisation membre de la FIDH de la possibilité d’ouvrir des comptes en son nom pour permettre le financement de ses activités. D’après les conclusions du Comité, les refus d’enregistrement officiel pour cause de non-conformité des documents présentés aux exigences du ministère de la Justice constituent des violations de la liberté d’association. Ces refus ont rendu les activités de l’organisation intérdites sur le territoire de la République du Bélarus et ont empêché ses membres de jouir de leurs droits. La condamnation d’Ales Bialiatski à une longue peine d’emprisonnement liée à l’obtention et à la dépense de moyens destinés à financer les activités de l’organisation qu’il dirigeait reposait ainsi sur une violation de la liberté d’association.

« Cette décision du Comité des droits de l’Homme, fondée sur le droit international, reconnaît la légitimité des activités du Centre de défense des droits humains Viasna et réhabilite pleinement son directeur Ales Bialiatski. » s’est réjoui Valentin Stefanovic, vice-président de Viasna.

Lors du procès, les tribunaux bélarusses avaient réfuté les preuves démontrant que ces moyens avaient été affectés précisément aux buts indiqués, et n’avaient pas examiné l’affaire du point de vue de la garantie du droit à la liberté d’association. Dans de telles circonstances, le Comité a jugé que les poursuites pénales contre Ales Bialiatski constituaient une violation de ce droit.

Le Comité a également jugé arbitraire le maintien en détention d’Ales Bialiatski pendant l’enquête préliminaire, dans la mesure où la décision de son arrestation avait été prise par un procureur et non par un tribunal, et n’était fondée que sur la gravité des charges retenues contre lui et non pas sur des faits témoignant de la nécessité de cette mesure.

Le Comité a également reconnu que la présomption d’innocence d’Ales Bialiatski avait été violée lors des poursuites pénales engagées contre lui. Il a pour ce faire mis en avant les affirmations des médias d’État et les déclarations du président proclamant la culpabilité d’Ales Bialiatski avant sa condamnation, et le fait qu’il avait été enfermé dans une cage lors des audiences de son procès et avait été systématiquement amené menotté au tribunal.

La décision du Comité indique qu’Ales Bialiatski a le droit de bénéficier de recours juridiques appropriés : le réexamen de la demande d’enregistrement officiel déposée par Viasna, l’effacement de la condamnation de son casier judiciaire, et une compensation adéquate comprenant le remboursement des amendes qu’il a été condamné à verser. En outre, le Comité a décidé que l’État devait réviser sa législation sur les associations de manière à la mettre en conformité avec l’article 22 du Pacte.

« Le Comité a communiqué cette décision à l’État, lequel est dans l’obligation de mettre à la disposition de Bialiatski les moyens d’exercer les recours indiqués » a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH. « Cette décision est fondamentale pour Viasna, les organisations bélarusses de défense des droits humains et le respect de la liberté d’association dans le monde alors même que de nombreux régimes tentent d’étouffer toute voix critique. »

La décision du Comité représente un précédent. Elle démontre clairement que les actions d’un État destinées à faire obstacle aux activités d’une organisation de défense des droits humains — du refus d’enregistrement officiel de l’association au déclenchement de poursuites pénales contre ses membres pour avoir exercé leur droit d’association — constituent une violation du droit international. Aucune manipulation de la législation intérieure par les organes de l’État ne peut dissimuler ces violations à la communauté internationale.

Nos organisations considèrent que cette décision offre une source d’arguments juridiques d’autorité face à la pression toujours plus grande dont font l’objet les défenseurs des droits humains et leurs organisations .

 

Article précédent sur le même sujet

L’ONU reconnaît que les droits d’Ales Bialiatski ont été violés par le Belarus
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 09:54
Ales Beliatski à son arrivée à Minsk après 3 ans de prison

Ales Beliatski à son arrivée à Minsk après 3 ans de prison

Source : RTBF 22/06/14

 

L'Union européenne a salué samedi la libération surprise du défenseur des droits de l'homme Ales Beliatski et a demandé au gouvernement du Bélarus de faire de même pour tous les prisonniers politiques.

 

La libération de Ales Beliatski, après 3 ans de prison, "est un pas important franchi par les autorités du Bélarus et devrait être suivi sans délai par la libération de tous les prisonniers politiques", déclare un communiqué diffusé par les services de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l'UE.

La libération de tous les prisonniers politiques et le rétablissement de leurs droits civiques pourraient "contribuer à améliorer les relations entre l'Union européenne et le Bélarus", souligne le communiqué.

En octobre, l'UE a renouvelé ses sanctions contre ce proche allié de Moscou, estimant que le régime du président Alexandre Loukachenko n'avait pas fait assez de progrès en matière de droits de l'Homme.

Quelque 200 personnes et 25 entités tombent sous le coup de ces sanctions qui se traduisent par un gel des avoirs et une interdiction de voyager dans l'UE.

 

Article précédent sur le même sujet

 Bélarus: l'UE salue la libération d'un dissident et demande de faire plus
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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 11:56

Source : Charter 97 21/06/14

 

 

Le très connu militant des droits de l'homme Ales Bialiatski a été libéré.

Il a dit cela au téléphone à sa femme, Natalya Pinchuk, qui à son tour a informé le site d'information charter97.org.

Ales Bialiatski se déplace maintenant en train en direction de Minsk. A 15h00, il devrait arrivé, à la gare Institut Culturel, de Bobruisk où il purgeait sa peine.

Le directeur du Centre de droits de l'homme «Viasna» a passé près de trois ans derrière les barreaux. Le 24 novembre 2011, le tribunal l'a reconnu coupable de dissimulation de revenus sur une grande échelle et condamné à 4,5 ans de prison en prison à sécurité maximale avec confiscation de ses biens. Les motifs de poursuites contre Bialiatski ont été la présence de comptes bancaires en Lituanie et en Pologne. La Cour ne considère pas qu'ils ont reçu l'argent utilisé pour le plaidoyer.

Ales Bialiatski libre

Ales Bialiatski libre

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 00:10

Source : Le Monde 14/05/14

 

 

Des étudiants de l'Université des sciences humaines européennes, à Vilnius.

Des étudiants de l'Université des sciences humaines européennes, à Vilnius. | Olga Kravets/Saltimages.ru pour Le Monde

 

Une toute petite partie de la Biélorussie se trouve de l'autre côté de sa frontière, dans l'Union européenne. Elle occupe plusieurs salles de cours d'une université du nord de Vilnius, la capitale lituanienne, et quatre étages de bâtiments administratifs dans son vieux centre baroque. Ces quelques mètres carrés délimitent l'enclave intellectuelle d'une faculté en exil, bannie de Minsk, la capitale biélorusse. Ces locaux de l'Université des sciences humaines européennes (EHU) abritent le rêve d'Anatoli Mikhailov, un vénérable professeur de philosophie allemande qui s'était mis en tête, peu après l'effondrement de l'URSS, de sortir son pays naissant de son désert académique.

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« Nous étions si naïfs à l'époque, se souvient le recteur. Nous pensions que la chute de l'Union soviétique suffirait à tracer une nouvelle voie. Dans le pays, tout le monde voulait devenir banquier ou homme d'affaires. En 1992, j'ai créé l'EHU à Minsk pour libérer les esprits de la vieille idéologie et de la frénésie matérialiste qui apparaissait. Je pensais qu'un retour aux enseignements fondamentaux de la civilisation européenne aiderait à doter notre vie politique d'une nouvelle morale et d'une nouvelle vision. »

Au cours de ses douze premières années d'existence, la faculté d'Anatoli Mikhailov a construit sa réputation, pendant que la Biélorussie était méthodiquement transformée en dictature par son président, Alexandre Loukachenko. La seconde ne pouvait pas tolérer la liberté de la première très longtemps. En 2004, le recteur est incité à démissionner, son université perd son agrément.

 

ALLERS-RETOURS EN BUS, EN TRAIN OU MÊME EN AUTO-STOP

Parti à l'étranger pour un voyage de deux semaines, Anatoli Mikhailov comprend qu'il serait bien avisé d'y rester. Il n'est jamais rentré à Minsk, mais il a réussi à installer l'EHU, dès 2005, le plus près possible de la Biélorussie. A Vilnius, l'université privée, financée principalement par des dons, se situe à moins de 200 km de la capitale biélorusse et à 30 km de la frontière, dans cette partie orientale de la Lituanie qui a tant d'histoire commune avec son pays voisin.

 

Anatoli Mikhailov, dans son bureau, à Vilnius.

 

Cette proximité facilite les allers-retours en bus, en train ou même en auto-stop des 500 étudiants biélorusses qui ont choisi d'étudier à Vilnius (800 autres sont restés chez eux pour travailler à distance). A la frontière, les contrôles suivent le grand cycle de la répression du régime Loukachenko. Ils se font plus tatillons quand une élection présidentielle approche, tous les cinq ans, et se relâchent le reste du temps.

Maria Sliapstova, en troisième année de droit international, rentre ainsi une fois par mois à Minsk, voir ses parents, auxquels elle a caché pendant plusieurs mois son installation à Vilnius. « Je ne voulais pas les inquiéter, parce que j'avais perdu deux ans à l'université d'Etat, dit-elle. Et j'ai été très surprise par leur réaction positive : ils soutiennent le régime, ils savent que je le conteste, mais ils étaient rassurés par la qualité des débouchés à l'issue des études. »

A Vitebsk, ceux d'Andréi Lahunou, en première année de sciences politiques, sont restés inquiets plus longtemps. « Ils avaient vu la propagande à la télévision qui fait passer l'EHU pour un nid d'espions et d'apprentis terroristes et ils s'inquiétaient de possibles rétorsions. Ils ont fini par être rassurés parce qu'il ne se passait rien. » A l'université, personne n'a entendu parler de cas récents d'ennuis causés aux familles des étudiants. « Le régime de Loukachenko a l'air de s'habituer à notre existence, dit Darius Udrys, vice-recteur de l'EHU. Il nous dénigre sans chercher à nous nuire. »

RABÂCHAGE

Aucun étudiant ne semble en tout cas regretter une expatriation temporaire qui aide à franchir les frontières mentales qu'impose l'éducation en Biélorussie, seul grand pays du continent à ne pas s'être engagé dans le processus de Bologne de rapprochement des systèmes d'enseignement supérieur. « A Minsk, ma professeur d'économie était très fière de ses vieilles feuilles jaunies qui remontent à l'URSS, explique Maria Sliapstova. Elle reprenait invariablement le même cours depuis vingt ans. Là-bas, l'apprentissage passe par le rabâchage d'interminables leçons. Ici, l'enseignement consiste à nous ouvrir l'esprit en nous aidant à former notre propre réflexion. »

 

Maria Sliapstova, étudiante en troisième année de droit international.

 

Nombre d'étudiants biélorusses mènent leurs études de front avec une activité militante de contestation du régime Loukachenko. Membre de Belarus Watch et de la Maison des droits de l'homme biélorusse, Maria Sliapstova a déjà participé, à 24 ans, à plusieurs opérations d'observation d'élections dans son pays. A l'issue de ses études, la jeune femme entend mettre ses diplômes de droit au service de la défense des droits de l'homme. Andréi Lahunou vient également d'entrer dans le programme d'observation des élections.

L'exil de l'EHU alimente ainsi le vivier de plus en plus dense, à Vilnius, d'organismes qui aident les opposants à la dictature de Minsk. A l'abri des frontières de l'UE et du dispositif défensif de l'OTAN, la capitale de la Lituanie prend ainsi des airs de centre officieux de l'autre Biélorussie, celle qui conteste M. Loukachenko. Depuis peu, ces ONG sont également rejointes par des organismes russes qui dénoncent le tournant autoritaire du régime de Vladimir Poutine et ne se sentent plus en sécurité à Moscou ou à Saint-Pétersbourg. Cette concentration de la contestation ne manquera pas d'accentuer encore l'autre caractéristique de la cité. Depuis quelques années, Vilnius a pris la place qu'occupait Vienne au temps de la guerre froide. L'UE a trouvé, en Lituanie, sa nouvelle capitale des espions.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 16:25

Source : Euronews 26/03/14

 

Le Bélarus s’inquiète de la situation de sa voisine, l’Ukraine. Dans les rues de Minsk, l’opposition tient sa manifestation annuelle. Ils sont 1500 seulement, mais ici c’est beaucoup. Beaucoup plus qu’en 2011, lors des protestations post-électorales.

Cette année, on s’inquiète de l’annexion de la Crimée, mais on admire la révolution ukrainienne.
“C’est très important pour nous les Biélorusses de comprendre que nous avons un très, très long chemin à parcourir avant d’arriver à ce que les Ukrainiens ont réalisé, explique Svetlana, qui porte une coiffe ukrainienne. C’est un exemple de lutte pour l’indépendance, ils ont lutté pour un meilleur avenir pour leurs enfants.”

Le président Loukachenko, condidéré comme le dernier dictateur d’Europe, avait déclaré dimanche que l’Ukraine devait rester “un Etat unique, indivisible et non fragmenté”. Il avait rajouté que l’annexion de la Crimée crée un “précédent facheux”.

Un précédent qui est dans tous les esprits ici.

Bélarus : l’opposition manifeste contre l’annexion de la Crimée
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