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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 20:01

Source : Le Monde 15/02/16

 

Les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne ont décidé, lundi 15 février, de lever la quasi totalité des sanctions européennes frappant le régime autoritaire biélorusse. Cette décision prise à l’unanimité des Vingt-Huit ne faisait guère de doutes, mais elle entérine le tournant engagé ces derniers mois dans les relations entre Bruxelles et Minsk.

 

Trois entreprises et 170 personnalités biélorusses privées de visas et dont les avoirs étaient gelés dans l’UE sont concernées, en tête desquelles l’inamovible président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 et un temps qualifié de « dernier dictateur d’Europe » par la diplomatie américaine.

L’embargo sur les armes reste, lui, en vigueur pour une période de douze mois, de même que les mesures restrictives contre quatre individus liés aux disparitions non résolues de deux figures de l’opposition.

Rapprochement à la faveur de la crise ukrainienne

Cette décision européenne prise à l’unanimité est loin d’être une surprise. Le 29 octobre, Bruxelles avait suspendu pour une durée de quatre mois les mesures restrictives prises progressivement contre Minsk à partir du début des années 2000. Seule une dégradation soudaine de la situation des droits de l’homme dans le pays aurait pu entraîner un retour en arrière.

La décision des Vingt-Huit confirme surtout le succès de la stratégie engagée à la faveur de la crise ukrainienne par M. Loukachenko. Le président biélorusse s’est opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, avant de se rendre à la prestation de serment de son homologue ukrainien Petro Porochenko, et de s’imposer comme un intermédiaire incontournable en accueillant les négociations de paix sur le Donbass de septembre 2014 et février 2015. « Il a démontré qu’il avait une vraie politique extérieure, qu’il n’était pas une marionnette de Moscou », expliquait alors un diplomate européen pour justifierla « main tendue » de l’UE.

Les caisses sont vides

Pour parachever ce rapprochement et obtenir la suspension des sanctions, Minsk a aussi dû envoyer des signes de bonne volonté : le 22 août 2015, les six derniers prisonniers politiques détenus par le régime étaient libérés « pour raisons humanitaires » ; le 11 octobre, la réélection de M. Loukachenko (83,5 %), quoique jugée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) non conforme aux standards démocratiques, s’est déroulée dans le calme, loin des scènes de répression qui avaient suivi le scrutin de 2010.

Il ne s’agit pas pour Minsk de couper les ponts avec Moscou ou de chercher un renversement d’alliance, impossible tant l’économie biélorusse dépend de celle de son grand voisin, et que ne recherche pas non plus Bruxelles. Mais la politique ukrainienne de la Russie a effrayé les dirigeants biélorusses qui espèrent, en se rapprochant de l’UE, s’offrir de nouvelles marges de manœuvre dans les discussions avec le Kremlin. Le facteur économique joue un rôle non moins central : à Minsk, les caisses sont vides et Moscou distribue désormais ses subsides avec parcimonie. La levée des sanctions doit ouvrir à la Biélorussie l’accès aux crédits occidentaux.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko avec Vladimir Poutine en 2014.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko avec Vladimir Poutine en 2014.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 20:00

Source : Ouest-France 11/02/16

 

 

Les anciennes républiques soviétiques sont quasiment toutes entre les mains de dirigeants totalitaires. Surtout en Asie centrale. Nos six dictateurs "préférés".

Le Kazhak Nursultan Nazarbaïev.
Nursultan Nazarbaïev

Le président du Kazakhstan a été réélu avec en 2011 avec 95,5 % des suffrages. L’année dernière, l’Observatoire géopolitique des criminalités (OGC) et l’association Sherpa l’ont désigné « Dictateur le plus riche de la planète », celui qui a le mieux pillé les ressources de son pays à son profit.

Sa fille Dinara Kulibaeva et son gendre Timur Kulibaev contrôlent la Halyk Bank, l’un des plus grands établissements financiers du Kazakhstan.

Nazarbaïev, 73 ans, au pouvoir depuis la chute de l’Union soviétique, n’a pas d’opposant. Le principal, Zamanbek Nurkadilov, ancien ministre qui dénonçait la corruption, a été retrouvé mort, avec deux balles dans la poitrine et une balle dans la tête, en 2005. La justice locale avait conclu à un suicide…

 

Le Turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow.

Gurbanguly Berdimuhamedow

Le président turkmène, 58 ans, se place dans la droite lignée de son prédécesseur, l’ancien dictateur Saparmurat Niyazov. En 2012, celui qui se fait appeler l’« Arkadag » (le patron protecteur) dans son pays réalise l’un des meilleurs scores à une élection présidentielle de la décennie : un impressionnant résultat de 97,14 %.

L’ancien dentiste avait promis d’être moins farfelu que son prédécesseur qui avait fait fermer toutes les bibliothèques du pays sous prétexte que « les Turkmènes étaient tous des analphabètes ».

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ne s’est même pas déplacée pour sa dernière réélection : il n’y avait pas d’opposition, les candidats sont tous issus du régime et invitent les électeurs à voter « pour l’Arkadag ». Le Turkéminstan se classe juste derrière la Corée du Nord sur l’indice mondial de la liberté de la presse.

 

L'Ouzbek Islam Karimov.

Islam Karimov

Le président d’Ouzbékistan, 78 ans, est le patriarche des quinze anciennes républiques soviétiques. Constamment réélu avec des scores tournant autour de 90 %, Karimov a fait prolonger son mandat par référendum.

L’OSCE avait dénoncé de nombreuses anomalies lors de ce scrutin populaire : « Les meetings étaient tenus devant des audiences présélectionnées ; un nombre substantiel de signatures identiques a été remarqué sur les registres de vote. »

À la tête d’un des États les plus répressifs au monde, Karimov a maté une insurrection dans la turbulente vallée de Ferghana à la mitrailleuse lourde, en mai 2005. Les autorités ont comptabilisé 169 morts. La plupart des ONG ont parlé de plus d’un millier.

 

L'Azerbaïdjanais Ilham Aliev.

Ilham Aliev

Le président d’Azerbaïdjan représente déjà la deuxième génération des Aliev au pouvoir. Son père, Heydar, ex-responsable du KGB russe, avait dirigé le pays jusqu’à sa mort, de 1993 à 2003.

Avec des milliards de dollars de manne pétrolière et du gaz (70 % du PIB) qu’il a mis sous sa coupe, Ilham Aliev a profité de la croissance économique pour accroître la fortune déjà colossale de sa famille. Difficile d’enquêter dans ce pays. Les observateurs du Parlement européen ont dénoncé le parti pris des médias du pays.

Le site Eurasinet a révélé l’année dernière que près de « 150 journalistes pro-gouvernementaux avaient bénéficié gracieusement d’un appartement » non loin de la capitale, pour dire du bien… du bienfaiteur, souvent surnommé le « Poutine d’Azerbaïdjan ».

 

Le Tadjik Emomali Rahmon.
Emomali Rahmon

Le « Chef de la nation tadjik », titre officiel du président du Tadjikistan depuis 2015, veut diriger le plus petit et le plus pauvre des pays d’Asie centrale jusqu’à sa mort. La Cour constitutionnelle, sous sa coupe, a validé ce projet.

Elle a aussi entériné le nouvel âge légal pour briguer un mandat présidentiel. Il a été revu à la baisse pour que Rustam, l’aîné de ses fistons, puisse s’asseoir dans son fauteuil dès la prochaine élection de 2020, en cas où le père, au pouvoir depuis 23 ans, ait un quelconque ennui de santé.

Pour garder un semblant de démocratie, Emomali a annoncé hier un référendum, en mai, sur cette modification de la Constitution qui lui permet de briguer un nombre de mandats illimités. Les observateurs internationaux doutent déjà de la fiabilité des résultats. Lors de l’élection de 2013, le dictateur avait fait interdire le principal parti d’opposition, en le classant comme« organisation terroriste ».

 

Le biélorusse Alexandre Loukachenko

Alexandre Loukachenko

Plus proche de l'Europe, le biélorusse Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a rempilé pour un 5e mandat, en octobre. En 2010, il avait raflé 80 % des suffrages.Presse muselée, opposants emprisonnés, touristes refoulés, citoyens sous haute surveillance, nationalisations à tout va...

 

Loukachenko tient le pays, à la mode soviétique. Les citoyens sont pour la plupart employés par l'État. Et c'est le Président, ex-directeur de kolkhoze (ferme collective), qui nomme patrons et hauts fonctionnaires. Il a le don de hérisser le poil des défenseurs des droits de l'Homme, avec des déclarations telles que « tout ce qui est lié à Hitler n'est pas mauvais ».

Les anciennes républiques soviétiques sont quasiment toutes entre les mains de dirigeants totalitaires. Surtout en Asie centrale.

Les anciennes républiques soviétiques sont quasiment toutes entre les mains de dirigeants totalitaires. Surtout en Asie centrale.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 16:23

Source : Reporters sans Frontières 28/01/16

 

 

Soucieux de desserrer l’emprise russe sur le Bélarus, le régime d’Alexandre Loukachenko cherche à regagner les bonnes grâces de la communauté internationale. Mais au-delà de la libération des principaux prisonniers politiques, la situation des droits de l’homme reste toujours aussi catastrophique. La liberté de la presse, en particulier, est toujours foulée aux pieds dans un pays qui pointe à la 157e place sur 180 au dernier Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF).

 

“A l’heure où Minsk cherche à se rapprocher de Bruxelles et à séduire le FMI, ses interlocuteurs doivent lui rappeler que la liberté de la presse fait partie des conditions à une réinsertion pleine et entière dans la communauté internationale, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF. Le harcèlement judiciaire des journalistes indépendants et les violences policières à leur égard doivent immédiatement prendre fin. Des réformes d’ampleur sont indispensables pour favoriser le pluralisme et supprimer le carcan qui pèse sur les médias libres.”

Un journaliste agressé par la police

Le 25 janvier 2016, un correspondant du site d’information Tut.by, Pavel Dabravolski, a été passé à tabac par des policiers alors qu’il couvrait l’interpellation de deux manifestants pacifiques en marge d’un procès, à Minsk. “Ils m’ont arraché ma caméra et ma carte de presse avant de commencer à me frapper, a rapporté le journaliste à Tut.by. J’ai reçu plusieurs dizaines de coups de pieds. Comme je tentais de me protéger le visage [...], ils m’ont tordu les bras dans le dos et l’un des policiers a posé sa botte sur ma tête.”

Après avoir été contraints de rester allongés face contre terre pendant vingt minutes, Pavel Dabravolski et les deux manifestants ont été traînés au tribunal pour répondre des accusations de “résistance aux forces de l’ordre” et d’“offense à la cour”. Le journaliste a été condamné à une amende de 9,45 millions de roubles bélarusses (soit 412 euros), sur la base du témoignage d’un des policiers qui l’avaient agressé. Il a fait constater ses blessures à l’hôpital dans l’intention de porter plainte.

Nouvelle cascade d’amendes contre les journalistes indépendants

Après une accalmie de quelques mois, les autorités se sont remises à harceler les journalistes collaborant avec des médias basés à l’étranger. Trois condamnations ont ainsi été prononcées sur la base de l’article 22.9 du Code des infractions administratives (“production illégale de contenu médiatique”) depuis le début de l’année 2016.

Ce chef d’accusation est un grand classique au Bélarus : d’un côté, les autorités bannissent les principaux médias audiovisuels indépendants, contraints d’émettre depuis l’étranger. De l’autre, elles refusent systématiquement l’accréditation de leurs collaborateurs, ce qui permet de les poursuivre pour “production illégale de contenu médiatique”. Pas moins de 28 amendes ont été prononcées sur ce fondement au cours de l’année 2015, en amont de la dernière élection présidentielle. L’avalanche de condamnations s’est interrompue au dernier trimestre, avant de reprendre en janvier 2016.

Le 14 et le 20 janvier, Kastus Jukouski a été condamné à deux amendes pour un total de 13 650 000 roubles bélarusses (soit 612 euros). Sa collègue Larysa Chtchyrakova a reçu une amende de 4 620 000 de roubles bélarusses (221 euros) le 13 janvier. Tous deux travaillent à Homiel (Sud-Est) et se voient reprocher leurs reportages pour la chaîne satellitaire Belsat TV. Basée en Pologne depuis 2007, cette télévision a cherché à au moins trois reprises à ouvrir un bureau à Minsk, en vain.

Kastus Jukouski a expliqué à l’audience qu’il avait créé sa propre société commerciale pour vendre ses reportages à Belsat TV, et qu’il n’avait donc pas besoin d’accréditation. “Les condamnations contre les journalistes freelance sont validées à l’aveugle”, a-t-il déploré, soulignant qu’il n’aurait jamais été condamné dans un procès équitable.

“Je suis visé parce que je couvre les problèmes sociaux, a déclaré le journaliste à RSF. Je visite des endroits où aucun journaliste ne va. Nos reportages sont des piqûres de moustique, mais les autorités les considèrent pourtant comme dangereux.”

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 14:01

Source : Xinhua 31/10/15

 

Le président Alexandre Loukachenko a indiqué vendredi que la Biélorussie n'avait pas besoin d'une base aérienne russe déployée sur son territoire. 

Ni Minsk ni Moscou n'a besoin de déployer une base aérienne russe sur le territoire biélorusse du point de vue militaire, a expliqué M. Loukachenko lors d'une conférence opérationnelle du commandement des Forces armées qui s'est tenue vendredi à Minsk, la capitale de la Biélorussie. 

Le président biélorusse a également précisé que des équipages de MiG-29 biélorusses et de Su-27 russes étaient présents au quotidien sur la base aérienne de Baranovichi. "Ils gèrent la mission consistant à protéger l'espace aérien, en particulier, pour la défense de la Fédération de Russie". 

M. Loukachenko a souligné que le groupe commun de forces régionales serait utilisé si "une agression militaire est déclarée contre la Biélorussie et donc, contre la Russie". 

Certains médias ont rapporté qu'en septembre, le président russe Vladimir Poutine avait donné pour instruction aux ministres des Affaires étrangères et de la défense de s'entretenir avec leurs homologues biélorusses au sujet de la création d'une base aérienne et avait ordonné de signer l'accord correspondant. 

Le dirigeant biélorusse a reproché aux médias de faire beaucoup de bruit autour du déploiement présumé d'une base aérienne russe dans son pays, expliquant que ces accusations étaient à caractère politique et ne reflétaient pas la situation réelle. 

M. Loukachenko a insisté sur le fait qu'il ne voulait pas que son pays soit impliqué dans un "jeu où (Est et Ouest) montrent leurs muscles". 

"L'objectif principal est de donner une stabilité sociopolitique au pays et d'éviter le chaos et la déstabilisation", a-t-il ajouté. 

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 13:56

Source : Euronews 06/11/15

 

21 ans au pouvoir, et un cinquième mandat qui débute… La prestation de serment d’Alexandre Loukachenko ce vendredi était à l’image de cette longévite. En grande pompe et un peu douteuse. Mais l’homme fort du Bélarus peut afficher son assurance puisqu’il est redevenu fréquentable aux yeux des Européens. 

Réélu à plus de 83% le 11 octobre, il n’avait sur sa route aucun des principaux responsables de l’opposition démocratique, soit parce que leurs candidatures avaient été rejetées soit parce qu’ils boycottaient le scrutin.

 
 
 
 
 

A 61 ans, celui que l’on décrit souvent comme le dernier dictateur d’Europe rempile donc pour cinq ans malgré des irrégularités dans le comptage et le dépouillement relevées par l’OSCE mais sur lesquelles l’Union européenne a décidé de fermer les yeux. Car Alexandre Loukachenko a habilement libéré six opposants deux mois avant l‘élection. Saluant ce geste d’ouverture, l’UE a suspendu ses sanctions contre le Bélarus fin octobre. Les Etats-Unis ont allégé les leurs.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 20:53
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 19:57
Le vote anticipé et le vote via des urnes ambulantes sont critiquées par l'opposition qui pointe la facilité de falsification

Le vote anticipé et le vote via des urnes ambulantes sont critiquées par l'opposition qui pointe la facilité de falsification

Source : Boursorama /Reuters 12/10/15

 

 

L'élection présidentielle en Biélorussie, remportée avec près de 84% des voix dimanche par Alexandre Loukachenko, n'a pas respecté les normes démocratiques, estiment les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). "Il est évident que la Biélorussie a encore un long chemin à parcourir pour remplir ses engagements démocratiques", déclare le chef de la mission d'observation, Kent Hasted, dans un communiqué diffusé lundi. "La libération récente de prisonniers politiques et l'approche positive réservée aux observateurs ont constitué des développements positifs. Néanmoins, l'espoir de progrès électoraux plus amples que cela avait fait naître en nous a été largement non tenu", ajoute-t-il. Kent Hasted fait notamment mention de manquements dans les opérations de dépouillement et de comptabilisation des bulletins de vote. Au pouvoir depuis 1994, Alexandre Loukachenko a facilement remporté un cinquième mandat en recueillant 83,5% des voix, améliorant son score de 80% lors de la précédente présidentielle, en 2010.

 Mais le président biélorusse, que Condoleezza Rice, alors secrétaire américaine d'Etat de l'administration de George W. Bush, qualifiait en 2005 de "dernier dictateur d'Europe", a réussi à améliorer son image aux yeux des Occidentaux. Il a notamment pris position contre l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et a accueilli les négociations qui ont abouti à deux reprises à des accords en vue d'un règlement politique de la crise en Ukraine. Le dernier en date, en février dernier, a été directement négocié à Minsk par Angela Merkel et François Hollande avec Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Petro Porochenko. La libération de six opposants, en août, a également contribué à redresser son image. A moins d'une nouvelle répression de la dissidence, l'Union européenne pourrait lever dans un proche avenir ses sanctions économiques contre la Biélorussie.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 19:39
Pourquoi l'Union Européenne lève les sanctions sur les Biélorusses ?

Source : Bruxelles2 14/10/15

 

 

Cela ne fait plus l’ombre d’un doute aujourd’hui. Et le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, a confirmé à Luxembourg, ce que tout le monde n’osait dire. « Il y a un accord pour suspendre les sanctions » frappant les Biélorusses, pour une durée de 4 mois. Cette levée survient pour plusieurs raisons, bonnes ou mauvaises.

 

 

La conjoncture…

Tout d’abord, les élections certes n’ont pas été super démocratiques. Quand un président est élu à 83% des voix et où le second fait de la figuration à 4% des voix, on a comme un soupçon d’échec démocratique. Mais elles n’ont pas été suivies d’une politique de répression, comme fin 2010. Elles surviennent « dans un climat apaisé » justifie Harlem Désir. Ensuite, la raison qui motivait ces sanctions a disparu. Les prisonniers politiques ont été libérés par le gouvernement Loukachenko, les derniers au mois d’août. Ce n’est pas un détail. Car le dispositif des sanctions ne peut en l’état perdurer. Un dispositif de sanctions déjà mis à mal. Depuis plusieurs mois, les tribunaux européens ont, très régulièrement, invalidé les sanctions frappant des Biélorusses, les estimant non prouvées. Et une vingtaine de personnes ont déjà été, discrètement, retirées de la liste noire de l’UE durant l’été, pour des raisons similaires (lire : La liste noire « Belarus » allégée de 24 noms).

… et la politique

A ces raisons, plus ou moins fondées juridiquement, s’ajoutent des considérations beaucoup plus politiques. La Biélorussie a joué un rôle, qu’on considère positif, à Bruxelles comme à Paris et à Berlin, dans la crise ukrainienne. En montrant une certaine équidistance entre Russes et Ukrainiens, avec qui Loukachenko entretient de bons rapports, en offrant sa capitale comme lieu de négociation qui a préludé aux deux accords de Minsk, la Biélorussie a tiré assez habilement son épingle du jeu. Minsk essaie également de ne pas dépendre totalement de Moscou et de se rapprocher de l’Union européenne, tout en gardant son lien privilégié avec la Russie. A cet égard, cela constitue un test de la nouvelle politique de voisinage oriental de l’UE, moins « agressive » à l’égard de Moscou, et plus réaliste. Terminée, la politique « idéaliste » mise en place fin 2013, où par la signature d’accords étroits, l’Europe entendait apporter la démocratie et l’économie de marchés aux pays les plus proches de la Russie. Du coup, le pouvoir largement autocratique de Loukachenko et la réduction à quasi-zéro de son opposition.

La découverte de la Realpolitik, un tournant par rapport à 2013

L’Europe, qu’on a souvent taxée de bisounours de la politique internationale, pratique ainsi une certaine RealPolitik, assez froide, un peu éloignée sans doute de la proclamation des valeurs démocratiques, mais sans doute plus concrète vis-à-vis de ses propres moyens. La Biélorussie représente ainsi à l’Est ce que l’Egypte représente au Sud : un subtil compromis entre la défense nécessaire des valeurs et la tout aussi nécessaire recherche de pôles de stabilité dans le voisinage. Le pari fait à Bruxelles est que, pas à pas, la politique de la main tendue, pourrait produire au final, plus d’effet que la grande politique d’accords d’association avec le voisinage oriental conclue en novembre 2013 qui a débouché davantage sur le chaos que sur la stabilité (cf. Ukraine ou Moldavie), tant au plan politique qu’au plan économique.

 

Article précédent sur le même sujet.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 18:00

Source : Le Monde 12/10/10

 

Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont donné leur feu vert, lundi 12 octobre, à une suspension provisoire des sanctions européennes contre la Biélorussie.

« Pour les quatre prochains mois, il y a la décision de suspendre les sanctions mais [elles] peuvent être remises en œuvre immédiatement si cela [est] justifié », a déclaré le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes Harlem Désir, à la sortie d’une réunion ministérielle à Luxembourg. Ces sanctions visent 175 personnes et 14 entités, dont les avoirs ont été gelés dans l’UE et qui sont privées de visas.

Cette décision fait suite au bon déroulement du scrutin présidentiel biélorusse de dimanche, lors duquel le président autoritaire Alexandre Loukachenko a été réélu pour un cinquième mandat avec plus de 83 % des voix. Selon l’UE, l’élection a eu lieu « dans un climat apaisé même si nous attendons les rapports des observateurs pour en avoir un bilan complet », a ajouté M. Désir.

« Pas une marionnette de Moscou »

Plusieurs facteurs ont également conduit à ce rapprochement avec l’Etat le plus autoritaire et le plus isolé d’Europe, allié de la Russie. Il y a d’abord eu la libération, le 22 août, des six derniers prisonniers politiques détenus dans les geôles biélorusses. Les Européens avaient alors désigné le scrutin présidentiel comme l’étape suivante.

Dans le domaine diplomatique, Alexandre Loukachenko s’est opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, avant de se rendre à la prestation de serment de son homologue ukrainien, Petro Porochenko, et de s’imposer comme un intermédiaire en accueillant les négociations de paix sur le Donbass de septembre 2014 et février 2015. « Il a démontré qu’il avait une vraie politiqueextérieure, qu’il n’était pas une marionnette de Moscou », expliquait dimanche un diplomate européen au Monde.

Concrètement, l’UE va d’ici la fin du mois reconduire pour quatre mois les sanctions, qui arrivent à expiration le 31 octobre. Mais elle va en même temps décider de les suspendre.
Une levée définitive des sanctions sera alors examinée par l’UE début 2016. « Nous avons dit que nous pouvons évaluer en début d’année prochaine, à la fin janvier », si les conditions sont réunies, a expliqué le chef de la diplomatieallemande Frank Walter Steinmeier.

L’UE s’accorde pour suspendre les sanctions contre la Biélorussie
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 11:00
Kolia et son père, lors du vote le 11 octobre 2015

Kolia et son père, lors du vote le 11 octobre 2015

Source : 20minutes 12/10/15 

 

 

Beau parcours pour Nikolaï, alias Kolia : à onze ans, il a déjà siégé à l'ONU, rencontré Barack Obama, le pape Benoît XVI, le président chinois Xi Jinping et l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez. Le fils d'Alexandre Loukachenko, réélu ce dimanche pour un cinquième mandat à la tête de la Biélorussie après 21 ans au pouvoir, alimente les spéculations: est-il le successeur désigné pour diriger le pays ou utilisé  pour adoucir l'image d'autocrate de son père ?

Relation fusionnelle

En septembre, la photo du président biélorusse et de son fils aux côtés du président américain et de sa femme Michelle, a fait le tour des réseaux sociaux, notamment en Biélorussie. Auparavant, la présence de l'enfant dans les rangs de la délégation biélorusse à l'ONU avait également fait du bruit. Et dimanche lors de la présidentielle, c'est encore lui qui accompagnait son père et glissait dans l'urne le bulletin de vote.

La relation fusionnelle qu'entretient Alexandre Loukachenko avec son troisième fils est l'un des sujets les plus débattus en Biélorussie. Le chef de l'Etat a reconnu que Kolia était son troisième fils, conçu avec son médecin personnel, Irina Abelskaïa, et non avec sa femme Galina. Cette dernière est la mère de deux autres fils bien plus âgés: Viktor, 39 ans, conseiller auprès du président sur les questions de sécurité nationale, et Dmitri, 35 ans, qui dirige le club sportif présidentiel. L'existence de Kolia n'a été révélée qu'à ses trois ans, selon le site internet Partisan Bélarus.

Un sujet de plaisanterie

L'enfant est déjà connu pour le dédain dont il fait preuve à l'égard du petit personnel ou même de ses propres grands frères En 2008, le chef de l'Etat déclarait au journal populaire russe Komsomolskaïa Pravda que Kolia, alors âgé de quatre ans, ne se laissait nourrir et habiller que par son père.. Le journal d'opposition Belgazeta a récemment relevé que des images de la télévision publique montraient Kolia « faisant un geste étrange, avec une sorte de dédain, à ses grands frères Viktor et Dmitri » lors d'une cérémonie religieuse.

Depuis, l'enfant est devenu un sujet de plaisanterie. Mais de nombreux experts et la population biélorusse en général pensent qu'il est l'héritier appelé à diriger le pays quand son père aura passé la main. En 2012, Alexandre Loukachenko n'avait-il pas lui-même dit à Hugo Chavez qu'il y avait là « la personne qui prendra la suite de notre coopération dans 20 à 25 ans » ? Mais certains journalistes attribuent les apparitions répétées d’Alexandre Loukachenko avec son fils à une tout autre stratégie: suivre les conseils de communication donnés par le réalisateur britannique Timothy Bell, embauché en 2008 pour adoucir l'image de « dictateur » du président.

Certains Biélorusses estiment que le comportement du président Loukachenko à l'égard de son fils n'est pas normal et qu'il pourrait avoir des conséquences psychologiques désastreuses pour l'enfant. « Je pense qu'il s'agit d'un cas classique de paranoïa », résume, lapidaire, l'opposant numéro un au régime Mikola Statkevitch.       

Biélorussie : Le fils d’Alexandre Loukachenko est déjà une personnalité politique à 11 ans
Biélorussie : Le fils d’Alexandre Loukachenko est déjà une personnalité politique à 11 ans
Loukachenko et son fils à l'enterrement de Chavez en2013

Loukachenko et son fils à l'enterrement de Chavez en2013

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