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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 17:33

Source : Contrepoings.org 05/04/14

 

Smolensk pourrait-elle rejoindre par référendum la Biélorussie ?

 

La Russie perdra-t-elle Smo­lensk ? Une pétition a été lancée sur Internet sur avaaz.org par Aliksandr Deszczanka pour l’organisation d’un référendum sur la question du rattachement de la ville à la Biélorussie. Selon l’auteur, il y a de sérieuses raisons historiques qui le justifie, rapporte la télevision Belsat.

La pétition sera remise aux autorités de la ville. Deszczanka argumente que Smolensk a longtemps fait partie du grand-duché de Lituanie. Il ajoute que les Biélorusses représentaient la majorité de la population jusqu’aù 19ème siècle.

Un autre argument de l’auteur repose sur le fait que les autorités de la République populaire biélorusse [NdT : proclamée en 1918] et de la République socialiste soviétique de Biélorussie avaient reconnu l’appartenance de ces terres à l’ethnie biélorusse.

« Il faut corriger cette injustice historique et donner aux habitants de la région de Smolensk la possibilité d’émettre un avis délibéré sur la question du rattachement de la ville à la Biélorussie » a déclaré Desz­czan­ka.

La pétition suscite un énorme intérêt. Durant les premiers jours, 1.600 personnes l’ont déjà signée. Les partisans du rattachement manifestent sur les forums un fort sentiment antirusse avec des slogans tels que « La Biélorussie de la mer à la mer !» [NdT : les pays constituant le grand-duché de Lituanie, de la mer Baltique à la mer Noire, à savoir la Lituanie actuelle, la Biélorussie, le nord-est de la Pologne et la plus grande partie de l’Ukraine, aux confins occidentaux de la Russie, du 13ème siècle jusqu’en 1795.]

Un référendum sur le rattachement de la ville russe de Smolensk à la Biélorussie ?
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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 15:17

Source : Ria Novosti 23/03/14

 

L'éventuelle sortie de l'Ukraine de la Communauté des Etats indépendants (CEI) serait une démarche irréfléchie et erronée, a déclaré dimanche à Minsk le président biélorusse Alexandre Loukachenko.

"La sortie de l'Ukraine de la CEI portera un coup à la Communauté, mais ce coup ne sera pas mortel. Je pense que la sortie est une démarche dénuée de raison, inadéquate et fausse. Ils doivent rester au moins pour faire entendre leur position", a indiqué M.Loukachenko aux journalistes.

Et d'ajouter qu'il s'agissait d'une décision irréfléchie d'un point de vue économique.

En commentant le changement de pouvoir en Ukraine, M.Loukachenko a indiqué qu'il bâtirait les relations avec les nouvelles autorités ukrainiennes après les élections présidentielles.

"Nous nouerons des contacts avec ceux que le peuple aura soutenu", a expliqué le dirigeant biélorusse.

Ukraine: la sortie de la CEI serait une erreur (Loukachenko)
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 15:08

Source : Ria Novosti 23/03/14

 

 

Minsk reconnaît de facto l'entrée de la république de Crimée au sein de la Fédération de Russie, a déclaré dimanche aux journalistes le président biélorusse Alexandre Loukachenko.

"De facto, la Crimée fait partie de la Russie. La situation se développe, de fait, et nous serons du côté de la Russie", a indiqué le dirigeant biélorusse avant d'ajouter que "de jure" viendrait ensuite.

"La Crimée n'est pas un Etat indépendant. Elle fait partie du territoire de la Fédération de Russie. Qu'on le reconnaisse ou non ne changera rien", a expliqué M.Loukachenko.

"On me demande de quel côté est la Biélorussie. Compte tenu des processus historiques et les processus en cours de l'Etat d'Union Russie-Biélorussie, nous sommes liés par des engagements et serons toujours aux côtés de la Fédération de Russie", a expliqué Alexandre Loukachenko.

Un changement de pouvoir ayant toutes les caractéristiques d'un coup d'Etat d'après la Russie s'est produit en Ukraine le 22 février dernier. La Rada suprême (parlement ukrainien) a destitué le président Viktor Ianoukovitch, réformé la constitution et fixé l'élection présidentielle au 25 mai. Viktor Ianoukovitch a déclaré qu'il avait quitté le pays sous la menace de persécutions, mais qu'il restait le président légitime de l'Ukraine. Moscou conteste la légitimité des nouvelles autorités du pays.

Peuplée en majorité de russophones, la république autonome ukrainienne de Crimée a refusé de reconnaître les nouvelles autorités de Kiev et proclamé son indépendance vis-à-vis de l'Ukraine et la réunification avec la Russie au terme d'un référendum du 16 mars où 96,7% des habitants de la péninsule ont appuyé cette décision. La Russie et la Crimée ont signé le traité sur le rattachement de la république de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie le 18 mars dernier. Kiev a protesté, en le qualifiant d'"annexion" de la Crimée par la Russie, soit de rattachement forcé de la péninsule.

Crimée: Minsk reconnaît de facto l'adhésion à la Russie (Loukachenko)
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 14:52

Source : La Voix de la Russie 23/03/14

 

Le président de la Biélorussie Alexandre Loukachenko estime que des élections honnêtes et impartiales sont impossibles dans le cadre de la situation actuelle en Ukraine.

 

« Je n’y crois pas qu’actuellement en Ukraine, une tenue d'élections honnêtes et impartiales soit possible », a déclaré Loukachenko. Selon lui, tout d'abord, il est nécessaire de stabiliser la situation.

Selon Loukachenko, l'Ukraine doit rester un État unitaire, et la fédéralisation est très dangereuse pour elle et pourrait déstabiliser en permanence la situation en Ukraine.

« La fédération, cela serait très dangereux pour l'Etat. Il s'agirait d'une guerre, et cela pourrait conduire à de nouveaux affrontements », a noté Loukachenko.
 

Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie

Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 22:03
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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 12:01
Source : Le Monde 03/03/14

 

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, le 21 janvier 2011, à Minsk.

 

Parvenu au pouvoir en Biélorussie en juillet 1994, et régulièrement réélu depuis avec des scores à faire pâlir d'envie tout dirigeant occidental – 75,65 % des voix en 2001, 82,6 % en 2006 et 79,67 % en 2010 –, Alexandre Loukachenko, 59 ans, n'a nullement l'intention de se laisser désarçonner par une quelconque opposition intérieure. Ni, a fortiori, de connaître le sort peu enviable de son ex-homologue ukrainien, Viktor Ianoukovitch, destitué en trois mois par la rue et poursuivi par la justice pour « meurtres de masse ».

 

Le président biélorusse l'a assuré avec fermeté le 23 février, à l'occasion de la journée des défenseurs de la patrie : « Il n'y aura pas de Maïdan » dans son pays – référence à la bouillonnante place de l'Indépendance de Kiev, où s'est nouée dans le sang la déchéance politique de Ianoukovitch (plus d'une centaine de morts, dont au moins 77 pour la seule journée du 20 février). « Il est de votre devoir, à vous les hommes en uniforme, de garantir la paix et la stabilité dans notre pays », a-t-il déclaré. Une exhortation claire lancée aux forces de sécurité de la « dernière dictature d'Europe » à ne pas se laisser déborder par un éventuel soulèvement populaire « à l'ukrainienne ».

Mais le potentat de Minsk, dont la politique repose sur un autoritarisme mâtiné de populisme et de nostalgie soviétique, est-il réellement menacé ? Ou le feu de la contestation qui a embrasé Kiev plusieurs semaines durant est-il voué à ne pas franchir le seuil de la Biélorussie, laquelle partage avec l'Ukraine près de neuf cents kilomètres de frontière, délimitée par un traité datant de 1997 ?

 

LOYAUTÉ MONNAYÉE

Au regard de la fermeté affichée par le régime ces dernières années, Viktoriya Zakrevskaya, chercheuse à l'Institut biélorusse pour les études stratégiques (BISS) sis à Minsk, penche plutôt pour la seconde hypothèse. « Alexandre Loukachenko a toujours fait preuve d'une volonté farouche lorsqu'il s'agissait de préserver la stabilité intérieure – de même que son monopole sur la scène politique –, et ce en usant de tous les moyens, y compris la force. La répression des manifestations qui ont eu lieu après les élections présidentielles de 2006 et de 2010 en est un exemple frappant », explique-t-elle. 

De fait, au fil du temps, l'ex-directeur de sovkhoze (ferme d'Etat en ex-URSS) s'est employé à consolider son assise, tout en muselant ses détracteurs par le truchement de juges vassalisés qui se contentent d'appliquer ses oukases, par crainte de voir leur carrière ruinée. « Depuis 1994, la Biélorussie est passée d'Etat 'partiellement libre' à 'pas libre', selon la terminologie de l'ONG Freedom House. Le régime autoritaire mis en place a achevé sa consolidation à la fin des années 1990. A partir de là, il n'a jamais été sérieusement inquiété par l'opposition, qui n'a aucune influence majeure sur les décisions politiques », observe Mme Zakrevskaya.

Grâce à une redistribution massive des rentes économiques extérieures – issues pour l'essentiel des subventions pétrolières et gazières versées par Moscou et réinjectées dans le système d'aide sociale –, Alexandre Loukachenko a su monnayer la loyauté de la population. Et ce d'autant plus facilement que celle-ci est, à près de 70 %, employée par l'Etat. Une stratégie qui a toutefois ses limites, car l'architecture hautement centralisée du pouvoir, qui, en pratique, ôte tout degré d'autonomie aux structures de gouvernance régionales, pèse sur la popularité du chef de l'Etat. Laquelle s'étiole inexorablement. D'après les derniers sondages, le « batka » (« le père », surnom de M. Loukachenko) bénéficiait en décembre du soutien de 37,7 % de la population, contre 46,7 % trois mois plus tôt...

SOUTIEN RUSSE ?

 

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko et son homologue russe Vladimir Poutine, le 25 décembre 2013, à Moscou.

 

Soucieux de maintenir à tout prix le verrou intérieur, le président biélorusse demeure attentif à ce qui se trame au-delà des frontières. L'Ukraine, bien sûr, représente un motif d'inquiétude légitime. « Minsk est préoccupé par la perspective d'une éventuelle invasion du pays par la Russie, car la Biélorussie pourrait alors être happée malgré elle dans le conflit, soit en tant qu'alliée militaire de Moscou dans le cadre de l'Organisation du traité de sécurité collective [organisation à vocation politico-militaire née en 2002 et regroupant la Russie, la Biélorussie, l'Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan], soit en tant que simple alliée politique et idéologique, comme dans la foulée de la guerre russo-géorgienne d'août 2008 », analyse Mme Zakrevskaya.

Le gouvernement russe avait exigé de Minsk qu'il reconnaisse l'indépendance des deux républiques séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, ce qu'il n'avait pas obtenu, Alexandre Loukachenko se défaussant habilement sur le Parlement... « La Biélorussie aurait davantage de bénéfices à retirer de sa relation avec Moscou, à la fois en termes politiques et économiques, si le nouveau pouvoir ukrainien demeurait géopolitiquement tourné vers l'Occident, et plus particulièrement vers l'Union européenne », pronostique Mme Zakrevskaya.

Qu'adviendrait-il cependant dans le cas où le virus de la contestation venait à se répandre sur les bords de la Svislotch, la rivière qui baigne Minsk ? La Russie serait-elle prête à intervenir ? La chercheuse n'exclut pas cette hypothèse : « au vu des liens historiques qui unissent les deux pays, et compte tenu de la nature de leur régime politique, il y a fort à parier que les dirigeants russes seraient prompts à soutenir leur partenaire ». Mais, tempère-t-elle aussitôt, « il est peu probable que Loukachenko lui-même manque d'instruments – en termes d'influence ou de coercition – pour faire face à une possible insurrection dans le pays ». A l'instar de l'exécutif et des administrations locales, l'appareil sécuritaire, en effet, est à sa solde.

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 14:08

Source : Radio chine internationale 01/03/14

 

 

La Biélorussie est préoccupée au sujet de la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, a déclaré vendredi le ministre biélorusse des Affaires étrangères Vladimir Makei.

M. Makei considère que ce qui s'est passé en Ukraine est tragique et a exprimé sa préoccupation concernant la situation dans ce pays, a indiqué le service de presse du ministère biélorusse des Affaires étrangères ce vendredi, au moment où le chef de la diplomatie effectue une visite en Lettonie.

"L'Ukraine est notre voisin au sud. Notre commerce s'est élevé à 7 milliards de dollars l'année dernière et à 8 milliards l'année précédente. Nous avons des liens économiques et commerciaux étroits. Nos peuples sont des nations très proches", a déclaré M. Makei après une rencontre à Riga avec son homologue letton Edgars Rinkevics.

La tâche la plus importante désormais consiste à rétablir la stabilité, éviter un nouveau bain de sang et assurer le fonctionnement du gouvernement transitoire, a-t-il dit.

En réponse à des rumeurs selon lesquelles certains partisans du président ukrainien destitué Viktor Ianoukovitch se trouveraient actuellement en Biélorussie, M. Makei a déclaré que "personne n'avait déposé de demande d'asile politique" dans son pays.

La Biélorussie préoccupée par la situation en Ukraine
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 13:55

Source : Ria Novosti 28/02/14

 

 

La Biélorussie pourrait accorder l'asile politique aux ressortissants ukrainiens poursuivis pour des raisons purement politiques, a déclaré vendredi à Riga le ministre biélorusse des Affaires étrangères Vladimir Makeï.

"Si nous étions sûrs (…) qu'on poursuit ces personnes parce qu'elles ont des idées politiques différentes, nous leur accorderions l'asile politique", a indiqué M.Makeï à l'issue d'une rencontre avec le ministre letton des Affaires étrangères Edgar Rinkevics à Riga.

Selon M.Makeï, aucun Ukrainien n'a déposé de demande d'asile politique auprès de la Biélorussie et aucun partisan du président déchu Viktor Ianoukovitch ne se trouve en Biélorussie.

"L'Ukraine est notre voisin méridional. Nous avons des liens économiques et commerciaux étroits. Nous parlons presque la même langue et nos peuples sont très proches. Et la Biélorussie considère les événements en cours en Ukraine comme une tragédie. Nous déplorons les victimes ukrainiennes (…) Nous souhaitons que l'Ukraine reste un Etat souverain, indépendant et indivisible", a ajouté le ministre.

Le 23 février, la Rada suprême (parlement ukrainien) a démis le président ukrainien Viktor Ianoukovitch de ses fonctions, modifié la Constitution, fixé la présidentielle au 25 mai et a chargé le président du parlement Alexandre Tourtchinov d'assurer l'intérim de la présidence. La Rada suprême a ensuite limogé plusieurs ministres et a entériné la composition d'un gouvernement de confiance populaire. Le président déchu Ianoukovitch, réfugié en Russie, a qualifié les événements ukrainiens de coup d'Etat et a refusé de quitter son poste. Moscou a mis en doute la légitimité des récentes décisions du parlement ukrainien.

La place Maïdan au plus fort de la contestation.

La place Maïdan au plus fort de la contestation.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 18:02
Darya Domracheva à gauche de Loukachenko

Darya Domracheva à gauche de Loukachenko

Source : Regard sur l'Est 17/02/14

 

 

Alors que Minsk se prépare à accueillir les Championnats du monde de hockey sur glace en mai 2014, le monde du sport bélarusse fait face à de nombreux défis, illustrant les limites d’un système qui mise sur le sport à des fins essentiellement politiques.

L’émulation par le sport est un ingrédient typique de mobilisation et de contrôle des masses dans un régime populiste. Fidèle aux traditions soviétiques, le gouvernement bélarusse est très attaché aux valeurs véhiculées par le sport –tel l’esprit d’équipe– et souligne constamment l’importance de la culture physique pour garantir la bonne santé physique et morale du corps social. La pratique scolaire et parascolaire d’une activité sportive est encouragée pour prémunir les jeunes contre les fléaux de la drogue et du hooliganisme. Les champions sont cités en exemple dans les médias et ceux qui remportent des succès à l’international encensés par le Président en personne. Ainsi la joueuse de tennis Victoria Azarenka, qui a remporté l’Open d’Australie en 2012, a-t-elle reçu nombre de télégrammes de félicitations de la part d’Alexandre Loukachenko. Quant à la biathlonienne Darya Domracheva, championne du monde 2012 de poursuite, elle avait été décorée de l’ordre de la Patrie de 3e classe avant sa médaille d’or aux JO de Sotchi.

Le secteur du sport fait pourtant face à des problèmes structurels qui obèrent le potentiel du Bélarus en tant que nation sportive. Ils relèvent autant de la (mauvaise) gestion des ressources humaines que du système de subventionnement des clubs et fédérations sportives. La première est en cause dans le vieillissement du vivier de sportifs capables de battre des records mondiaux et de remporter des médailles olympiques, et est aussi indirectement responsable de la banalisation du dopage, notamment chez les jeunes athlètes. Quant au second, en maintenant les clubs sportifs dans un état de dépendance vis-à-vis des deniers publics, il limite leur rentabilité autant que leur compétitivité à l’international. Aucun club bélarusse de football n’est autosuffisant, par exemple, et la limitation du recours au sponsoring fait qu’aucun ne peut rêver d’être rentable, à l’exception notable du BATE Borisov, dont les exploits en Ligue des champions en 2012 ont illustré le rôle que joue un management sportif moderne dans le succès d’une équipe à l’extérieur. La plupart des autres disciplines reines du sport bélarusse connaissent ainsi, régulièrement, de sévères revers. C’est le cas notamment du hockey sur glace, quand bien même il capte à lui seul la moitié des subventions sportives de l’État.

Hockey sur glace: le gigantisme ne fait pas de géants

Depuis son indépendance, le Bélarus a misé sur le développement et la démocratisation de l’accès aux patinoires pour les adeptes du hockey sur glace, un sport d’élite qu’affectionne tout particulièrement Loukachenko. Sous son règne, 25 nouvelles patinoires ont été construites et autant sont en voie d’achèvement en vue des Championnats du monde de mai 2014 dont Minsk a obtenu l’organisation. Mais les résultats des hockeyeurs bélarusses restent très modestes. Leur meilleure performance olympique remonte aux JO de Salt Lake City (2002), où l’équipe nationale a décroché une quatrième place en battant la Suède. En championnats du monde, c’est à Riga en 2006 qu’elle a réalisé sa meilleure performance, en se classant 6e. Évoluant parmi les 10 meilleures nations mondiales dans les années 2000, le Bélarus, qui a fini lanterne rouge des mondiaux de 2012 et ne s’est donc pas qualifié pour les JO de Sotchi, a dégringolé au 14e rang mondial dans le classement de la Fédération Internationale de hockey sur glace. Les résultats de l’équipe junior sont encore plus calamiteux. En ligue des clubs, seul le Dinamo Minsk se maintient dans la Ligue dite «Kontinentale» (qui réunit les clubs de l’ancien bloc de l’Est) et ce, surtout grâce à quelques talents étrangers –russes, canadiens, finlandais ou tchèques. Les meilleurs hockeyeurs bélarusses évoluent quant à eux hors du pays, où ils sont bien mieux payés.

Malgré une campagne mondiale pour l’annulation, le transfert ou le boycott des Championnats du monde 2014 de hockey, le régime bélarusse entend bien tirer profit de l’accueil de cette compétition pour mobiliser les foules et redorer son image aux yeux du monde. L’enjeu financier est énorme, compte tenu des dépenses engagées. Or le chiffre des visiteurs étrangers attendus à Minsk a été régulièrement revu à la baisse depuis que les premiers billets ont été mis en vente en novembre dernier.

Vieillissement et dopage, les deux maux de l’athlétisme bélarusse

Si les retours sur investissements dans le sport «roi» qu’est le hockey sur glace demeurent limités, se pose aussi le problème de l’avenir de cette discipline, comme d’autres dans lesquelles le Bélarus s’est toujours traditionnellement distingué –tels le lancer en athlétisme, ou encore le saut à ski– dès lors qu’elles peinent à former de nouveaux champions. En cause, des déséquilibres qui résultent de la gestion trop bureaucratique des ressources, mais aussi une fâcheuse tendance à recourir au dopage pour booster les performances des athlètes.

C’est Boris Tasman, célèbre journaliste bélarusse, qui a le premier tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, le fait que l’argent public est investi non pas dans la formation d’une relève, mais «dans ceux qui peuvent obtenir une médaille ici et maintenant», alors même qu’à trente ans passés ils approchent l’âge de la retraite, entraîne une baisse des résultats. Cette approche de court terme tend aussi à «user» les jeunes athlètes, à grands renforts d’anabolisants.

Le recours au dopage est un mal chronique du sport mondial, mais il est d’autant plus souvent détecté chez les athlètes des jeunes nations sportives que celles-ci n’ont pas les moyens de s’offrir des substances indétectables par les agences de contrôle anti-dopage. Ainsi le Bélarus détient-il des records en la matière. En 2010 par exemple, cinq titres mondiaux ont été retirés à des sportifs bélarusses testés positifs à des substances interdites, dont trois haltérophiles finalistes des championnats d’Europe. L’année précédente, les autorités sportives bélarusses avaient même failli à leurs obligations en s’abstenant d’informer l’Agence mondiale anti-dopage de la suspension de la jeune coureuse de fond Yekaterina Artyukh, qui fut de nouveau contrôlée positive aux Mondiaux d’athlétisme junior de juillet 2009, où elle remporta –et dut restituer– la médaille d’or du 400 mètres haies. Mais le scandale le plus retentissant concerne la lanceuse de poids Nadzeya Ostapchuk: privée de sa médaille d’or aux JO de Londres après un contrôle positif, elle est toujours reconnue officiellement au Bélarus comme championne olympique… La performance sportive étant une question éminemment politique au Bélarus, le régime soucieux de son image plus que de sa réputation va même jusqu’à manipuler les statistiques communiquées sur le site internet du ministère des Sports afin de masquer les revers de ses athlètes. Certaines contre-performances sont pourtant plus difficiles à dissimuler.

Le fiasco des JO de 2012

Ainsi les athlètes bélarusses rentrèrent-ils de Londres avec seulement 12 médailles (dont 2 d’or) en poche, contre 19 (dont 4 d’or) glanées aux JO de Pékin en 2008. L’édition 2012 fut donc la plus mauvaise moisson olympique de l’histoire du Bélarus post-soviétique. Puisqu’il avait fixé aux athlètes l’objectif –guère réaliste– de rapporter 25 médailles, le Président Loukachenka sanctionna rien moins que le ministre des Sports d’alors pour ce fiasco: limogé en octobre 2012, Aleh Kachan fut remplacé par Aliaksandr Shamko, jusque-là vice-ministre des Situations d’urgence.

D’aucuns estiment pourtant que le plus urgent, justement, serait de sanctionner les membres des équipes d’encadrement soupçonnés de corruption dans les multiples affaires de dopage qui entachent le sport de haut niveau au Bélarus. En effet, deux mois avant les JO de Londres, le KGB arrêta brièvement le vice-président de la Fédération bélarusse d’athlétisme Anatol Baduyeu (ainsi que le médecin d’équipe Pavel Dryneusky), dont le bruit courait qu’il avait extorqué des pots-de-vin pour étouffer des scandales de dopage. Contre toute attente, Baduyeu resta en poste et aucune charge ne fut retenue contre lui.

Le fiasco olympique de 2012 était prévisible et se répètera probablement tant que les autorités bélarusses n’auront pas résolu les problèmes structurels qui touchent l’industrie du sport dans le pays. Ce constat alarmant n’enlève rien aux mérites de sportifs qui parviennent occasionnellement à se distinguer par leurs exploits plutôt que par des scandales de dopage. Ainsi de l’équipe nationale de ski nautique, championne du monde en 2012, année où Natallia Berdnikava a pulvérisé le record du monde avec un saut à 58,4 mètres. Quant aux autres disciplines sportives dans lesquelles les supporters bélarusses sont en droit d’attendre de bons résultats, comme en hockey, seuls une cure de rajeunissement et l’assainissement des pratiques paramédicales et managériales pourraient sortir le pays de l’ornière dans laquelle le culte du chiffre immédiat l’a plongé.

Darya Domracheva médaille d'or félicitée par Alexandre Loukachenko et son fils Kolia

Darya Domracheva médaille d'or félicitée par Alexandre Loukachenko et son fils Kolia

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 23:20

Source : Charter97 23/02/14 article traduit

 

Le leader biélorusse a dit qu'il n'y aura pas de Maïdan en Biélorussie.

C'est ce qu'a déclaré Loukachenko, aujourd'hui lors d'une réception des Forces armées et des organismes d'application de la loi à l'occasion de la Journée de la patrie et les défenseurs des Forces armées de la République de Biélorussie, informe l'agence de presse BelTA .

Le président a affirmé: "Nous vivons dans un monde en évolution rapide. Ici et là, éclatent des tensions sur la planète. Par conséquent, nous ne devons pas perdre notre vigilance. On devrait apprendre des erreurs des autres et éviter la moindre manifestation d'instabilité dans notre pays. "

"Les exemples sont innombrables, y compris dans le monde musulman avec "la révolution" sans fin et l'agitation périodique dans les pays de la Communauté", a t-il dit. Selon Loukachenko, à cet égard, la situation en Ukraine est la scène d'une collision de forces étrangères et internes de puissants voisins.

"Même dans notre société, comme je le disais, il y a eu un peu de stress ; vous avez besoin de craindre pour la sécurité et la stabilité de notre pays", - a t-il dit.

Cependant, il a dit: "Pour nous, Maidan n'est pas ce qui est inacceptable. Maidan ne sera pas en Biélorussie. C'est notre engagement avec vous, les gens en uniforme ont le devoir et la tâche sacrée de préserver la paix et la stabilité de notre pays ".

Selon Loukachenko, comme si ces événements ne diffèrent pas dans les différents pays, il est impossible de ne pas remarquer des caractéristiques communes. «La réduction de la puissance de l'État, la corruption, l'impunité et l'insouciance et l'irresponsabilité du pouvoir, (…). La société est divisée, l'économie s'effondre, les gens souffrent et deviennent l'instrument aveugle de forces destructrices. (.…) Nous devons aussi garder à l'esprit qu'il y a des vautours pour se partager le butin avec le troupeau de "sympathisants" étrangers, qui enflamment encore les passions et jettent de l'huile sur le feu, " a déclaré Alexandre Loukachenko.

Selon le dictateur de Biélorussie en raison de la position géographique et l'ouverture économique de son pays est au coeur des processus d'influences géopolitiques du monde. "Donc, pour nous, nous avons pensé au système des politiques internes et externes qui protègent la Biélorussie de ses phénomènes négatifs, afin de prévenir une scission dans la société, ou l'anarchie,et éviter toutes intentions hostiles" a déclaré M. Loukachenko.

Le leader biélorusse a également déclaré que, malgré les événements en cours, l'Ukraine doit conserver son intégrité territoriale.

(...)

"Nous avons les mêmes buts pour l'Ukraine. L'Ukraine doit être conserver son intégrité territoriale. Personne ne devrait écraser ce grand pays, ce n'est pas un étranger pour nous. Donc, ne vous inquiétez pas à ce sujet ici (…). Nous avons besoin de s'inquiéter du fait que ces gens là-bas vont traverser cette crise difficile, elle est très difficile, et ce n'est que le début, "- a déclaré M. Loukachenko.

"Mais demain, débutera l'économie, les finances. Les gens ont besoin pour payer leurs pensions, les salaires, créer des emplois. Voici les questions que demain les révolutionnaires devront résoudre"- a t-il dit.

"Donc, si tout va bien, dans la paix, nous sommes condamnés à vivre avec eux en paix et en harmonie," a déclaré M. Loukachenko.

En ce qui concerne les événements en Ukraine, Alexandre Loukachenko a déclaré que quelqu'uns ont «essayé de faire quelque chose de similaire au Bélarus en 2010." Maintenant, nos citoyens ont réalisé que cela pourrait être, si ce rassemblement avait été autorisé. Mais nous ne pas être les arroseurs arrosés, il n'y a pas eu de gaz lacrymogène utilisé, rien cassé. Mais si vous avez touché un militaire, un policier, ou commando, qui vous essayer de séparer là, la réponse est instantanée - a déclaré M. Loukachenko. - Comment puis-je me permettre d'avoir un homme tué par les militaires. Donc, ne vous inquiétez pas. Tout va bien. Si je commence à voler, et ceux qui se trouve à mes côté s'en mettent dans les poches, Maidan est inévitable. Et personne ne sauvera le pouvoir (…). Il (Inoukovitch en Ukraine) a amené les gens à cet état là : certains se révoltaient au point de penser ça ne pourrait pas être pire ".

A propos des événements en Ukraine et Loukachenko a touché tout en interagissant avec des diplomates "Tout va bien, nous sommes Slaves", -. Dit-il, se référant à l'ambassadeur de l'Ukraine à la Biélorussie Mikhail Yezhel.

Différences entre Ukraine, Russie, Biélorussie (dans l'ordre de gauche à droite) suite à Maidan vue par les ukrainiens

Différences entre Ukraine, Russie, Biélorussie (dans l'ordre de gauche à droite) suite à Maidan vue par les ukrainiens

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