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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 18:00
Source : Charter97 04/12/12 article traduit
 
  

L'ancien chef de la prison № 1 de Minsk Oleg Alkayev secrètement s'est rendue au Bélarus à la mi-Novembre.

Le colonel Oleg Alkayev, auteur de «peloton d'exécution», a confirmé au site charter97.org, qu'il s'est rendu à Minsk illégalement à la mi-Novembre.

"Je suis allé à la rencontre de nouveaux témoins et pour recueillir dans mes archives des documents en relation aux enlèvements et meurtres d'opposants. J''en ai rencontré certains avec succès, d'autres non. Dans l'ensemble, les tâches que j'avais à faire je les ai accomplies. Si j'avais eu plus de temps, j'aurais pu en faire plus. Mais  ce que j'ai est  suffisant pour poursuivre l'enquête", a déclaré le colonel en commentaires à charter97.

Dans la vidéo, que la rédaction de Charter97 a reçu, on peut voir monter dans une voiture le long de l'avenue de l'Indépendance, l'un des témoins clés dans la disparition d'opposants à Loukachenko durant la fin des années 90. Après ses aveux il avait été forcé de quitter le pays et deamnder l'asile politique en Allemagne.

Rappelons qu'en 1999, le président par intérim du Conseil suprême du Bélarus Viktar Ganchar, l'homme d'affaires Anatol Krasouski et l'ancien chef du ministère de l'Intérieur Iouri Zakharanka ont disparu sans laisser de trace. Par la suite, le journaliste Dmitri Zavadski a également disparu. Ensuite, des documents ont été rendus publics, qui indiquait que des  ordres ont été donnés par les plus hauts dirigeants du pays pour s'occuper des hommes politiques de l'opposition et des militants civiques par des "escadrons de la mort".

 

 

 
 
 
 
Retour sur le témoignage d'Oleg Alkaev

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 23:38

Source : Nasha Niva 03/12/12 article traduit

 

1883426365_1.jpgLe leader du Mouvement Za svabodu (Pour la liberté), Alexandre Milinkevitch (candidat à la présidentielle de 2006 et Prix Sakharov) a déclaré que son bureau peut servir d'accueil aux défenseurs publics «Viasna», expulsé de leur centre . "De toute évidence," Viasna" est harcelée pour ses plaidoyers efficaces. Ils semblaient être plus efficace que certains hommes politiques"

Au fil des années, les militants des droits de l'homme ont contribué à aider 6000 réprimés, arrêtés, injustement renvoyés de leur travail ou de leurs études. L'organisation a permis de donner légalement si nécessaire, même de l'argent. Enfin, le président de cette association de défense de droits de l'Homme, Ales Bialiatski, a été condamné à quatre ans et demi de prison pour fraude fiscale présumée. Ceci fait référence à l'argent qu'il avait recueillies dans le monde entier pour aider les réprimés.

À la fin Novembre 2012, l'appartement, où travaillait l'organisation a été confisqué par les autorités. Il était au nom d'Ales Bialiatski, parce que l'acquisition de biens immobiliers par l'organisation Viasna elle même était juridiquement impossible.

 

 

Article précédent sur le même sujet

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 12:39

Source : Solidarity with Belarus 13/11/12

 

L'incapacité à résoudre sa principale tâche (le changement de régime) est dûe à la concurrence entre les différentes forces d'opposition ou les obligent à agir collectivement en autodéfense. Toutes les tactiques proposées par l'opposition pour contrecarrer Loukachenko se sont déjà révélées infructueuses dans le passé et à l'avenir seront neutralisées avec succès par les autorités.

 


3108-belarus-copie-1.jpgAu cours de la semaine, diverses forces politiques du Bélarus ont fait plusieurs déclarations et pris des décisions au sujet de leurs futures activités politiques.

Le 8 Novembre, le Parti Civique Unifié a appelé à désigner un unique candidat de l'opposition via des primaires. Avant la fin de l'année le parti a l'intention de consulter les 13 structures politiques, qui devaient prendre part aux primaires avortées de 2009, ainsi que les nouveaux acteurs politiques.  

Plus tôt, le Parti libéral-démocrate du Bélarus a également exprimé le désir d'entrer dans la course présidentielle en 2015. Il a également invité toutes les parties intéressées à venir «peser» les organisations politiques du pays afin de déterminer leur réel impact pour établir une action commune de masse, pour au plus tard l'automne 2013. En outre, la majorité des acteurs politiques de l'opposition ont déjà annoncé leur intention de prendre part à la prochaine campagne présidentielle.

Comme indiqué précédemment, les actions conventionnelles ou non de l'opposition ne touchent pas au-delà du cercle des opposants. Elles suggèrent que le régime de Loukachenko peut tomber grâce aux efforts de ses adversaires politiques car il sera obligé de tenir des élections libres et équitables dans le respect des normes internationales. Dans le même temps, les autorités ont à plusieurs reprises montré qu'elles sont prêtes à jouer qu'avec leurs propres règles.


Quelles perspectives pour l'opposition ?

Par conséquent, si l'opposition recommence ses précédentes tactiques électorales en formant des coalitions ou en désignant un seul candidat, il est peu probable qu'elle réussisse. Un autre facteur contribue à un échec annoncé à l'avance : la concurrence accrue entre les différentes formations politiques d'opposition suites aux élections législatives de septembre dernier.

Dans le même temps, depuis l'étranger, l'opposition démontre le désir de geler le statu quo et de se protéger contre le projet d'un «gouvernement en exil», qui pourrait menacer l'aide étrangère existante. Par conséquent, malgré les divergences, le 3 novembre, à Vilnius certaines organisations d'opposition ont signé un mémorandum pour unifier leurs activités entre Belarusian opposition et Rada of the Belarusian People’s Republic.

  Le document reconnaît le statut de Verkhovna BNR comme une organisation non partisane, au dessus du corps politique jusqu'à ce qu'un gouvernement démocratique soit élu au Belarus.  

Le mémorandum a été signé par les principales forces d'opposition du Bélarus : Parti civique unifié (A. Dobrowolski), "Front de la jeunesse" (Nikolai Demidenko), Rada de l'intelligentsia biélorusse (Kolosov), campagne "Nash Dom"  (Olga Karatch), Mouvement "Za svabodu"  (Alexandre Milinkevitch), Parti social-démocrate biélorusse "Hramada" (Stanislav Chouchkevitch), BPF (Aliaksey Yanukevich), Parti Conservateur de Démocratie chrétienne "Parti BPF" (Zianon Paznyak), comité organisateur de la Démocratie chrétienne bélarussienne, le Comité d'organisation du Conseil National Revival (Vladimir Borodach), Comité organisateur des "Belaruski Rukh" (Vintsuk Vyachorka) et Rada BNR (Ivonka Survilla).

À court terme (un à deux ans), le scénario le plus probable pour l'opposition biélorusse sera de continuer la concurrence choisir le «candidat unique» du projet, tout en essayant de démontrer une unité de vues et de tactiques à l'étranger.  

L'opposition continuera les préparatifs de l'élection présidentielle, car elle considère ce projet comme une priorité.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 19:00

Source : Radio Free Europe Article traduit 19/11/12

 

 

viasna.jpgLe personnel de l'organisation de premier plan des droits de l'Homme (Viasna) à Minsk a été expulsé de son siège.
Le vice-président de Viasna (Printemps), Valyantsin Stefanovich  a déclaré le 19 Novembre que l'organisation avait reçu des documents non enregistrés auprès des autorités biélorusses lui demandant qu'il devrait quitter son siège le 26 Novembre.
Le bureau de l'Human Rights Center est situé dans l'appartement du président  de Viasna, Ales Byalyatski.
Ales Byalyatski est actuellement en prison pour fraude fiscale, une accusation qu'il nie depuis son arrestation l'année dernière.
En novembre dernier, un tribunal de Minsk a condamné à 4 et 1/2 ans de prison et a ordonné la confiscation de tous ses biens.
Le centre des droits de l'Homme travaille dans l'appartement de Byalyatski depuis 12 ans.
Valyantsin Stefanovich affirme que Viasna poursuivra ses opérations, même si l'organisation est expulsée.

 

Article précédent sur le même sujet

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 17:11

Source : Le Monde 16/11/12 Charter97 Article en русский

 

Le courage a un prix. On n'en mesure pas toujours l'ampleur. En ce 19 décembre 2010, les trottoirs de Minsk sont gelés, glissants. Un froid sec balaie l'artère principale de la capitale biélorusse. Les bureaux de vote ont fermé depuis une heure, leur verdict était écrit d'avance. Dans les dictatures, la réalité compte peu ; seule s'impose la volonté du dirigeant aux commandes. Ce jour-là, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, se taille une toge sur mesure : 80 % des voix en sa faveur dans l'élection présidentielle. Fin du simulacre démocratique. Aux dizaines de milliers de personnes sorties dans les rues pour protester contre les fraudes, il va répondre par la matraque de ses forces de l'ordre.


EN_01051567_0511.jpgLe courage a un prix. Surtout pour ceux qui le nomment devoir. En ce 19 décembre, au milieu de la foule qui se compte, s'encourage, mais ne sait comment orienter sa colère, on croise Natalia Radzina. Elle a les yeux en fusion. On lui demande vers où la foule doit marcher. Elle s'esclaffe. "Vers où ? Mais vers la présidence !" La journaliste n'est pas une guerrière, une barde de la sédition. Simplement une citoyenne exaspérée à force de vivre dans le formol kolkhozien qu'Alexandre Loukachenko a imposé au pays.


 

On lui rappelle cet épisode, deux ans plus tard, alors qu'elle est en visite à Paris à l'invitation du ministère des affaires étrangères. Elle sourit tristement. Tant de choses sont arrivées entre-temps. Natalia Radzina a été contrainte à l'exil pour poursuivre son activité de salubrité publique.

Elle dirige le site d'information le plus important de Biélorussie, Charter 97, en hommage aux signataires de la Charte 77 dans l'ex-Tchécoslovaquie communiste. Le site revendique 100 000 consultations quotidiennes, un chiffre considérable vu la petite taille de ce pays de 9,5 millions d'habitants. Il s'appuie sur des correspondants contraints à la clandestinité qui font la chronique des répressions. "On figure sur la liste noire des sites interdits dans les écoles, les universités, les administrations publiques, les entreprises d'Etat. Dans cette liste, ils font exprès de mélanger les sites politiques, pornographiques et extrémistes." Natalia, 33 ans, a toujours travaillé dans des médias indépendants du pouvoir. Ils ont presque tous fermé.

Fatiguée, apeurée, la majorité silencieuse se laisse tromper, même si elle n'est dupe de rien. Aux élections législatives parodiques du 23 septembre, Alexandre Loukachenko a confirmé sa mainmise sur le Parlement, dont 109 des 110 sièges ont été attribués dès le premier tour à des candidats du pouvoir. "Loukachenko tient le pays par les armes et la peur, déclare Natalia Radzina. Il y a des assassinats, des arrestations, des intimidations, des licenciements massifs. Les gens se transforment en ombres. Mais sa popularité réelle ne dépasse pas les 20 %."

L'élection présidentielle de décembre 2010 a condamné les espoirs de libéralisation. Près de 700 personnes furent arrêtées, la société civile décimée. L'admirable Ales Bialiatski, le président de l'ONG Viasna, croupit en prison depuis plus d'un an. Début novembre, on a appris que le principal rival d'Alexandre Loukachenko lors de la présidentielle, Andreï Sannikov, remis en liberté en avril après une détention épouvantable, a finalement obtenu l'asile politique au Royaume-Uni. "C'était une décision difficile pour moi, mais je n'avais pas d'autre solution. Soit subir des tortures en prison, soit me taire et ne plus rien faire", a confié M. Sannikov au site Charter 97. Natalia Radzina a fait partie de son équipe de campagne.

safe_image.php.jpgC'est aussi à ce titre qu'elle a été arrêtée, dans la foulée du 19 décembre 2010. Après un mois et demi de détention, elle a été libérée fin janvier 2011, à la veille d'un sommet européen. Mais on lui impose alors une assignation au domicile de ses parents, loin de Minsk, à Kobryn. Son père est un ancien militaire, sa mère a toujours travaillé dans une école maternelle. Chaque jour, la police se montre. Les lignes sont sur écoute, ses contacts sous pression. Une nuit, elle fuit vers la Russie, en voiture. "J'avais laissé mon passeport au KGB. Heureusement, il n'y a pas de contrôle à la frontière." Arrivée à Moscou clandestinement, elle est aidée par l'ONG Memorial, afin de légaliser sa situation.

Mais avant l'étape suivante de son exil, la Lituanie (elle vit aujourd'hui en Pologne), elle reçoit une aide inattendue, en provenance du Kremlin. "Il me fallait un visa de sortie sur mon titre de voyage. C'est Vladislav Sourkov, le premier adjoint du chef de l'administration présidentielle, qui a donné l'ordre en ce sens", assure-t-elle. Ce coup de pouce de l'idéologue du pouvoir russe illustrerait les rapports complexes, souvent conflictuels, entre Moscou et Minsk. Entre eux, l'amitié est en courant alternatif.

Rien en tout cas dans les propos de Natalia Radzina ne témoigne d'une complaisance à l'égard de la Russie. "Ces deux derniers siècles, nous avons perdu notre culture, notre histoire, notre langue, à cause de la domination russo-soviétique. Et Loukachenko poursuit cette oeuvre aujourd'hui."

Le 15 octobre, les Vingt-Sept ont décidé de prolonger d'un an le gel d'avoirs et l'interdiction de visa en vigueur contre 243 responsables politiques, policiers, judiciaires impliqués dans les répressions. Le gel des avoirs de 32 sociétés commerciales, appartenant à des proches du pouvoir, est également reconduit. Insuffisant, selon Natalia Radzina. Elle milite pour un durcissement des sanctions contre son pays. "Le dialogue avec un dictateur est impossible car mener des réformes signifierait sa fin. Loukachenko fait du chantage dans deux directions opposées, la Russie et l'Union européenne, en alternant mais sans jamais choisir. Il faut de nouvelles sanctions, et pas seulement une prolongation, assène-t-elle. Il faut élargir la liste des oligarques et de leurs entreprises, et, surtout, arrêter d'acheter les produits pétroliers, qui enrichissent la famille Loukachenko, le KGB et quelques businessmen."

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 12:18

Source : Romandie 13/11/12

 

 

1053-Hagen-AUn membre du Parti chrétien-démocrate bélarusse a été arrêté pour haute trahison et incarcéré dans une prison du KGB de cette ancienne république soviétique, a indiqué mardi à l'AFP le leader de cette formation d'opposition au gouvernement, Vitali Rymachevskiï.

Andreï Gaïdoukov, 27 ans, a été arrêté le 8 novembre dans la région de Vitebsk (nord-est) et se trouve depuis le 11 novembre dans une prison du KGB, a déclaré M. Rymachevskiï, précisant que l'information n'avait été révélée que mardi.
Une perquisition a été effectuée au domicile de l'opposant qui encourt une peine allant de 7 à 15 ans d'emprisonnement s'il est reconnu coupable de haute trahison.
Andreï Gaïdoukov, ajusteur dans une usine, n'avait connaissance d'aucun secret d'Etat, a déclaré à l'AFP un de ses amis, Evgueniï Konstantinov.

C'est tout simplement absurde. En quoi pouvait-il se rendre coupable de haute trahison ?, a ajouté M. Konstantinov.
Le KGB bélarusse a affirmé un peu plus tard que le jeune homme travaillait pour des services secrets étrangers.
Le KGB a mis fin aux agissements illégaux d'un citoyen bélarusse, qui collectait et transmettait des informations à caractère politique et économique à des services secrets étrangers, indique-t-il dans un communiqué.

Les services de sécurité bélarusses ont précisé avoir arrêté l'homme quand il était en train de placer dans une cachette des informations intéressantes pour les services secrets étrangers.

Le Bélarus est sous le coup de sanctions occidentales en raison de la répression de l'opposition qui s'y est accentuée depuis la présidentielle controversée de décembre 2010, remportée par Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 18 ans.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 19:38

 Source : 20minutes 26/10/12

Andrei-Sannikov-007.jpgLe dirigeant de l'opposition biélorusse Andreï Sannikov, sorti de prison cette année et à qui le président Alexandre Loukachenko a recommandé de ne pas «jacasser» s'il souhaite rester libre, a obtenu l'asile en Grande-Bretagne, a annoncé sa femme vendredi.

 Andreï Sannikov avait été condamné à cinq ans de détention l'an dernier pour avoir participé à des manifestations pour protester contre la réelection de Loukachenko. Il était candidat à l'élection présidentielle de 2010, que les observateurs occidentaux ont qualifiée de frauduleuse et qui a reconduit Loukachenko à la tête du pays pour un quatrième mandat.

Voir article précédent sur le même sujet

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 15:23

Source : Le Figaro 17/10/12

 

 

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Invitée par le Quai d'Orsay, la journaliste Natalia Radzina témoigne du sort désespérant des militants des droits de l'homme dans son pays.

Au cœur de l'Europe, la Biélorussie est ce petit pays anachronique de 9 millions et demi d'habitants où il vaut mieux se taire pour rester en vie. La journaliste Natalia Radzina en a fait la cruelle expérience. Le 19 décembre 2010, alors qu'elle couvrait à Minsk les manifestations contre la réélection entachée de fraudes du président Alexandre Loukachenko, une armada de policiers et d'agents des forces spéciales l'ont tabassée sans relâche à coups de godillots avant de la traîner en prison avec quelque 700 autres contestataires. Natalia a passé un mois et demi en détention et n'a pas oublié «les hurlements de prisonniers torturés» qui parvenaient jusque dans sa cellule.

La journaliste n'a pas renoncé pour autant à parler. Elle est à Paris cette semaine, invitée par le ministère français des Affaires étrangères pour témoigner du sort désespérant des militants des droits de l'homme en Biélorussie. Libérée en janvier 2010 et placée en résidence surveillée dans la petite ville de Kobrin, elle a réussi au bout de deux mois, et avec l'aide d'amis, à se réfugier en Russie, d'où elle gagné ensuite la Lituanie.

Natalia Radzina dirige aujourd'hui le site d'information Charter 97, baptisé ainsi en hommage à la Charte 77 cofondée par Vaclav Havel dans l'ex-Tchécoslovaquie. Charter 97, qui affiche 100.000 connexions par jour, ce qui en fait le site d'information biélorusse le plus fréquenté, est désormais basé à Varsovie. En septembre 2010, son fondateur, Oleg Bebenine, avait été retrouvé pendu dans sa maison de campagne. La police avait fait état d'un suicide. Curieusement, Bebenine était à genoux.

En Biélorussie, les disparitions physiques et les enlèvements par des inconnus sont une pratique courante destinée à entretenir la terreur. Loukachenko, explique Natalia, «a laminé toute forme de contestation. Ses opposants sont soit en prison, soit en résidence surveillée, la presse est muselée et les ONG indépendantes sont interdites.» Ales Beliatski, président du Centre Viasna, la plus importante organisation de défense des droits de l'homme en Biélorussie, purge actuellement une peine de prison pour fraude fiscale.

Digne de l'ère stalinienne

Début octobre, l'ONG Plateforme, qui avait notamment révélé une tentative de suicide collectif de prisonniers, a dû cesser ses activités après avoir été accusée d'infractions fiscales. «Les détenus politiques représentent une monnaie d'échange pour Loukachenko, explique Natalia. Il les instrumentalise pour arracher des concessions à l'Union européenne en contrepartie de leur libération.» Libérés, mais brisés par «des conditions de détention dignes de l'ère stalinienne» assure la jeune femme, qui évoque, entre autres violences psychiques et physiques, des viols collectifs et des interrogatoires «par des températures inférieures à 0 ° de prisonniers nus et enchaînés».

Dirigée par un dictateur nostalgique de l'Union soviétique, la Biélorussie attend toujours sa «révolution orange» et Natalia avoue qu'elle est parfois tentée de «baisser les bras». À en juger par sa combativité, on a un peu de mal à la croire. La jeune femme parle vite et beaucoup. Elle ne cache pas un sentiment d'abandon et s'indigne que l'UE tolère la survie à ses frontières d'une dictature pure et dure lorsqu'elle est si prompte à condamner aujourd'hui les despotes du monde arabe.

Lundi dernier, Bruxelles a décidé de reconduire pour un an ses sanctions contre la Biélorussie - gels d'avoirs et interdictions de visa contre 243 membres du régime. Ce n'est pas suffisant pour Natalia qui préconise un gel total des échanges économiques. Car, malgré ces sanctions, affirme la jeune femme, «le commerce entre l'UE et la Biélorussie n'a fait qu'augmenter grâce à la revente de pétrole». Le pétrole est la colonne vertébrale de l'économie biélorusse. Acheté brut à la Russie à un tarif préférentiel, il est raffiné en Biélorussie et revendu à des pays occidentaux. Il faut savoir, poursuit Natalia, que «c'est cet argent tiré du pétrole qui finance ensuite les structures de force sur lesquelles s'appuie Loukachenko». L'UE, selon Natalia, doit aussi soutenir davantage l'opposition biélorusse en vérifiant que cette aide ne tombe pas dans l'escarcelle de pseudo-ONG contrôlées par les autorités biélorusses. La jeune femme suggère enfin d'accorder des visas gratuits aux citoyens biélorusses pour les désenclaver et les contaminer progressivement aux valeurs démocratiques.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:44

bel12-1.jpgSource : Mairie de Paris 16/10/12

 

Sur proposition du maire de Paris, et suite à l’initiative du Conseil d’arrondissement de la Mairie du 11e, le Conseil de Paris a élevé à la dignité de Citoyen d’Honneur de la Ville de Paris, Ales Bialiatski, éminent défenseur biélorusse des droits humains condamné par la justice de son pays en 2011 à quatre ans et demi de prison ferme en régime sévère, au terme d’un procès inique.

Vice-président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et Président du Centre de défense des Droits de l’Homme « Viasna » en Biélorussie, Ales Bialiatski s’est battu pour la défense des Droits de l’Homme sans relâche, malgré les menaces et une campagne de désinformation de l’Etat. En mai 2012, Pierre Schapira, adjoint chargé des relations internationales, des affaires européennes et de la francophonie, Patrick Bloche, Maire du 11e, et Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH, ont dévoilé le portrait d’Ales Bialatski, Place Léon Blum sur le parvis de la mairie du 11e arrondissement.

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 18:25

Source : Nouvel obs 28/09/12

 

 

F52F3E530BB35187985E490DE13_h438_w329_m2_q80_cJWdUwIyS.jpgUn prix annuel fondé par Lech Walesa, chef historique du syndicat polonais Solidarité, a été attribué vendredi au défenseur bélarusse des droits de l'Homme Ales Beliatski, condamné à quatre ans de prison pour son opposition au régime du président Alexandre Loukachenko.

"Le prix Lech Walesa a été décerné cette année à Ales Beliatski qui a toujours milité pour la liberté et le respect des droits de l'Homme au Bélarus", a déclaré la fondation Lech Walesa, prix Nobel de la paix en 1983.

"Il paie aujourd'hui un lourd prix d'emprisonnement. Lech Walesa et le comité de son prix souhaitent le remercier pour sa lutte et lui exprimer leur solidarité en ce moment difficile pour lui et pour le Bélarus", explique la fondation dans un communiqué.

Président du Centre de défense des droits de l'Homme Viasna et vice-président de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), Ales Beliatski, 50 ans, a été condamné en novembre 2011 par un tribunal de Minsk à quatre ans et demi de prison, officiellement pour fraude fiscale.

A Minsk, l'adjoint de M. Beliatski à la tête de l'ONG Viasna, Valentin Stefanovitch, a indiqué vendredi que le condamné avait été placé cette semaine en cellule disciplinaire dans la prison de Bobrouïsk (est) où il est incarcéré.

Cette mesure a été justifiée par trois blâmes infligés au détenu pour des motifs futiles, selon ses défenseurs.

Ces blâmes ont également pour effet de priver M. Beliatski de toute possibilité d'amnistie et de réduire les achats de produits alimentaires qu'il peut faire en prison, selon Viasna.

"C'est un détenu libéré de la prison de Bobrouïsk, qui nous a informés que Beliatski se trouvait en cellule disciplinaire, que la direction de la prison exerçait sur lui des pressions sans précédent, que les autres détenus n'avaient pas le droit de l'approcher sous peine de punition", a déclaré M. Stefanovitch.

Il a ajouté que M. Beliatski n'avait plus d'avocat qui puisse lui rendre visite en prison, celui qui l'avait défendu à son procès ayant été forcé à renoncer.

Fondé en 2008 et doté de 100.000 euros, le prix annuel Lech Walesa a pour but de "récompenser ceux qui militent en faveur de l'entente et de la coopération solidaire des peuples, au nom de la liberté et des valeurs qui furent celles du mouvement Solidarité".

Il doit être remis samedi à Gdansk à Natalia Pintchouk, l'épouse d'Ales Beliatski.

L'an dernier, ce prix fut attribué à l'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour récompenser "son action en faveur d'une entente pacifique et d'une coopération solidaire entre les peuples".

Le Bélarus fait l'objet de sanctions occidentales en raison de la répression et des arrestations d'opposants, qui se sont multipliées après la réélection du président Alexandre Loukachenko en décembre 2010 avec plus de 80% des voix, grâce à des fraudes massives selon l'opposition.

Les législatives organisées dimanche dernier dans cette ex-république soviétique, remportées exclusivement par des candidats favorables au pouvoir, ont également été dénoncées par l'opposition qui les avait boycottées, et critiquées par les Occidentaux.

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